Alors que le président de la République, via des appels robots, invite la population au Champ de Mars à célébrer ses trois ans au pouvoir, Lucien Jura, son porte-parole, a déclaré que les festivités prévues ne seront pas organisées par la présidence. « Le président est invité par ses partisans et ses sympathisants (…), il ne saurait ne pas répondre à l’invitation », a précisé Lucien Jura.
Martelly a renoué dès son arrivée à la présidence, il y a trois ans, avec les méthodes de ses gourous, les 2 Duvalier dans l'auto-célébratiion.
Non , nous ne sommes pas en Corée du Nord mais bien en Haïti.
Le rose et blanc remplace le rouge et le noir.
La modernisation veut qu'on rallie ses troupes via Digicel, la compagnie appartenant à un Irlandais qui a le monopole du secteur de la téléphonie en Haïti.
Les caisses de l'Etat sont vides, dixit Martelly. Ce qui lui offre l'occasion d'organiser cette commémoration, nième festivité carnavalesque.
On peut juger du niveau d'infantilisme de cette administration, en se rappelant que l'ensemble de ses membres avaient boycotté la commémoration des 200 ans d'indépendance d'Haïti en 2004.
Il faut rappeler que ce monde là, nostalgique de la terreur duvaliérienne, avait été fortement encouragé à bafouer les principes démocratiques et à "déchouker la dignité" du peuple haïtien.
Et ça continue, puisque en dépit de la réalité, le ministre des Affaires étrangères des USA, M Kerry, a déclaré :
"Je certifie, par la présente, qu’Haïti est en train de prendre des mesures en vue de l’organisation d’élections parlementaires libres et honnêtes, et de la constitution d’un nouveau Parlement haïtien; le gouvernement de la République d'Haïti respecte l'indépendance de la justice; et le gouvernement de la République d'Haïti est en train de lutter contre la corruption et d'améliorer la gouvernance, y compris l’adoption de la loi anticorruption pour permettre de poursuivre des fonctionnaires corrompus et d’instaurer la transparence financière et les exigences de responsabilité financière dans les institutions publiques. "
Martelly et Lamothe auraient tort de se préoccuper de leur avenir, car les patrons d'Haïti restent les USA qui font et défont au gré de leurs intérêts.
Pour l'heure, ayant misé sur Martelly, ils l'encouragent dans son comportement asocial et anti-démocratique, viennent l'épauler en faisant appel au Vatican et à toutes sortes d'organisations internationales. C'est, leur bébé, comme Duvalier J-cl à une époque l'était.
De même que pour Noriega, (qui a été décoré de la légion d'honneur en France en 1987) de Martelly, ils pourraient dire : c'est une p... mais c'est la nôtre.
Cette propagande de Martelly/Lamothe est relayée par la majorité des média, soit par idéologie, par peur ou pour des raisons économiques.
Ainsi, alors que toute la lumière a été faite sur les conditions d'imposition de Martelly à la tête du pays, Valérie Numa de Vision 2000, un nostalgique du "tan divalye a" continue comme si de rien n'était, à affirmer que c'est le peuple haïtien lui-même qui aurait choisi (parce que stupide) de mettre Martelly et sa bande à la place qu'ils occupent.
Cette assertion fausse qui dénie la réalité des 700 000 voix sur 4 millions d'électeurs remportées par Martelly fait partie d'un package visant à faire passer le peuple haïtien pour immature et n'ayant aucune disposition pour la démocratie.
V. Numa n'invente rien. Cette technique de manipulation a été utilisée tout au long de l'histoire d'Haïti par les dirigeants et relayée, à quelques exceptions près, par le petit groupe de lettrés du pays.
il s'agit de s'affirmer comme "supérieurs" face à la population "inférieure". Qu'un V. Numa qui passe son temps d'antenne à donner des leçons de morale plutôt qu'à informer, qui geint constamment sur la mauvaise image donnée par les Haïtiens de leur pays, reprenne à son compte ce mensonge, en dit long sur le niveau de soumission à la propagande auquel est parvenu la société haïtienne.
Quand on a un sénateur qui utilise ses nervis pour casser la gueule à un quidam et s'en vante; quand on a un autre sénateur qui se déclare Blanc et juge qu'un Noir lui doit le respect; quand on a un ministre qui stigmatise les enfants issus de familles monoparentales; quand on a un évêque qui demande au président de revêtir son habit de "sweet micky"; quand on a un Premier ministre qui traite de "terroristes" les manifestants de l'opposition; quand on a un Président de la République qui traite de "pauvres" des avocats, on ne peut pas ignorer à quelle classe d'hommes les USA ont sciemment délégué le pouvoir.
L'opposition, qui a contre elle la puissance américaine et son bras armé la Minustah, avec la complicité active ou silencieuse de la petite frange de lettrés sévissant dans les média, se trouve face à un rouleau compresseur qui risque, comme en témoigne l'histoire d'Haïti, d'envoyer les plus courageux et honnêtes d'entre eux au pays sans chapeau, à la mort.
Aussi, il serait bon, que peut -être pour la première fois dans l'histoire d'Haïti, l'opposition démocratique regroupe l'ensemble de ses forces pour faire échec au plan d'appropriation des ressources minières du pays, comme suggéré par M. Marc-Arthur Fils Aimé à la fin de son article.
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