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L'Autre Guerre d'Israël (The New Yorker) -- Etgar Keret
La semaine dernière, j'ai de plus en plus fréquemment vu et entendu la phrase " laissez Tsahal gagner ". Publiée dans les médias sociaux, peintes à la bombe sur les murs, et chantée dans les ...
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Beaucoup de gens ont essayé de me convaincre de ne pas publier cet article. « Vous avez un petit garçon, » m’a dit la nuit dernière un de mes amis. « Parfois, il vaut mieux être intelligent que d’être juste. » Je n’ai jamais prétendu être juste et je ne dois pas être trop intelligent non plus, mais je suis prêt à me battre pour mon droit d’exprimer mon opinion avec la même férocité que l’armée israélienne démontre en ce moment à Gaza. Cette guerre-ci n’est pas pour mes idées, qui sont peut-être erronées ou pathétiques, mais pour cet endroit où je vis, et que j’aime.
Le 10 Août 2006, vers la fin de la deuxième guerre du Liban, les écrivains Amos Oz, AB Yehoshua et David Grossman ont tenu une conférence de presse dans laquelle ils ont exhorté le gouvernement à parvenir à un cessez le feu immédiat. J’étais dans un taxi lorsque j’ai entendu l’information à la radio. Le chauffeur a dit, « Qu’est-ce qu’ils veulent, ces salopards, hein ? Ils n’aiment pas voir souffrir le Hezbollah ? Ces connards ne veulent rien d’autre que haïr notre pays. » Cinq jours plus tard, David Grossman a enterré son fils dans le cimetière militaire du Mont Herzl. Apparemment, ce « salopard » voulait quelque chose d’autre que haïr ce pays. Plus important encore, il voulait voir son fils, comme tant d’autres jeunes hommes qui ont été tués au cours des derniers jours de combats superflus, revenir en vie à la maison.
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