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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Haïti, le chemin de l'indépendance à la servitude volontaire menée par des imposteurs

Publié par siel sur 26 Septembre 2014, 11:21am

Catégories : #AYITI ROSE RAKET

« Il n’est pas bon d’avoir plusieurs maîtres ; n’en ayons qu’un seul ;

Qu’un seul soit le maître, qu’un seul soit le roi. »

Voilà ce que déclara Ulysse en public, selon Homère.

S’il eût dit seulement : « Il n’est pas bon d’avoir plusieurs maîtres », c’était suffisant. Mais au lieu d’en déduire que la domination de plusieurs ne peut être bonne, puisque la puissance d’un seul, dès qu’il prend ce titre de maître, est dure et déraisonnable, il ajoute au contraire : « N’ayons qu’un seul maître... »

Il faut peut-être excuser Ulysse d’avoir tenu ce langage, qui lui servait alors pour apaiser la révolte de l’armée : je crois qu’il adaptait plutôt son discours aux circonstances qu’à la vérité.

Mais à la réflexion, c’est un malheur extrême que d’être assujetti à un maître dont on ne peut jamais être assuré de la bonté, et qui a toujours le pouvoir d’être méchant quand il le voudra. Quant à obéir à plusieurs maîtres, c’est être autant de fois extrêmement malheureux.

C'est ainsi que commencel'ouvrage écrit par Etienne de La Boétie

Le Prince de Machiavel/ De la Servitude Volontaire de la Boétie

C'est assez remarquable que des auteurs aient fait le choix de traduire en créole Le Prince de Machiavel et que De la Servitude volontaire de La Boétie n'ait pas eu ce privilège.

Pourtant, voici un traité qui devrait figurer dans tout programme d'éducation civique à l'usage d'un peuple dont les ancêtres eurent pour mot d'ordre : vivre libre ou mourir et qui, au fur et à mesure des années et des siècles, s'est volontairement abîmé dans la servitude.

La lecture de cet ouvrage, écrit par un jeune homme à l'âge de 18 ans, devrait offrir quelques clefs permettant de comprendre pourquoi l'ensemble de la société haïtienne se trouve heureuse, aujourd'hui plus que jamais, de cette déchéance qui consiste à prendre sa dictée du blan et non pas d'oeuvrer à son propre bien-être.

En dehors du fait que l'idéologie miitaro/macouto/duvaliériste répandue dans tous les milieux et classes les inclinent naturellement à la servilité - on n'évacue pas comme ça 30 ans et plus d'éducation à l''obéissance à des Zacharie Delva ou à des Boss Pent- les agents intérimaires de l'exécutif US en Haïti sont, non seulement contents, mais tirent fierté de cette servitude.

Chacun, disent-ils a son blan

Ils en espèrent récompenses et cajoleries. De plus, ils se figurent qu'à force de montrer leur mépris pour leur population et de faire des courbettes au blan,ils finiront par être admis à occuper une petite chaise basse dans leur monde.

Quant au peuple, cette citation tirée du livre de La Boétie nous parle des statégies d'abêtissement utilisées par le tyran pour les conduire à la soumission rose.

Tel est le penchant naturel du peuple ignorant qui, d’ordinaire, est plus nombreux dans les villes : il est soupçonneux envers celui qui l’aime et confiant envers celui qui le trompe. Ne croyez pas qu’il y ait nul oiseau qui se prenne mieux à la pipée, ni aucun poisson qui, pour la friandise du ver, morde plus
tôt à l’hameçon que tous ces peuples qui se laissent promptement allécher à la servitude, pour la moindre douceur qu’on leur fait goûter. C’est chose merveilleuse qu’ils se laissent aller si promptement, pour peu qu’on les chatouille. Le théâtre, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs,
les bêtes curieuses, les médailles, les tableaux et autres drogues de cette espèce étaient pour les peuples anciens les appâts de la servitude, le prix de leur liberté ravie, les outils de la tyrannie.
Ce moyen, cette pratique, ces allèchements étaient ceux qu’employaient les anciens tyrans pour endormir leurs sujets sous le joug. Ainsi les peuples abrutis, trouvant beaux tous ces passe-temps, amusés d’un vain plaisir qui les éblouissait, s’habituaient à servir aussi niaisement mais plus mal
que les petits enfants n’apprennent à lire avec des images brillantes.

Les députés ne sont pas des imbéciles comme on le laisse entendre

Les intérêts de l'empire en Haïti exigent une réécriture de la constitution, du code pénal, l'adoption de lois visant au cloisonnement du pays façon bantoustans et la surveillance de sa population par de petits kapo (appendices des macoutes) pour les empêcher comme ils disent de traverser les frontières intérieures du pays de manière à créer les conditions favorables à une recolonisation du pays.

Pour noyer le poisson et faire avaler la couleuvre, les directeurs d'opinion dont le boulot est de diriger l'opinion, allant jusqu'à leur concocter un manuel pour leur apprendre aux candidats à bien se vendre, aux électeurs à acheter le bon produit, présentent ces députés comme des irresponsables.

Or, les députés n'ont fait qu'agir en exécutants.

Il ne faut pas croire que la poignée de députés qui ont proposé ces lois, seraient des imbéciles ne sachant pas ce qu'ils font. Ces lois ont été rédigées pour eux. Peut-être par un fonctionnaire de l'ambassade US, de l'Espagne, de la France, du Canada.

De même, la stratégie de les voter juste avant leur départ en vacances parlementaires n'est pas innocente. Elle n'a pas été pensée par eux. On leur a fourni le mode d'emploi. Tout laisse à croire , qu'en dehors du petit groupe auteur de cette initiative, l'ensemble des députés n'aura pas été mis au courant des buts et des conséquences que ce vote.

La majorité de ces députés ne possèdent pas l'éducation académique et politique pour avoir une discussion sur la signification de ces lois et leur impact futur sur la société haïtienne.

Car, ils viennent de loin ces députés formatés par un système dictatorial auquel ils sont attachés par la force de l'habitude. Lisons ce que le jeune La Boétie dit sur ce point :

On ne regrette jamais ce qu’on n’a jamais-eu. Le chagrin ne vient qu’après le plaisir et toujours, à la connaissance du malheur, se joint le souvenir de quelque joie passée. La nature de l’homme est d’être libre et de vouloir l’être, mais il prend facilement un autre pli lorsque l’éducation le lui donne.
Disons donc que, si toutes choses deviennent naturelles à l’homme lorsqu’il s’y habitue, seul reste dans sa nature celui qui ne désire que les choses simples et non altérées. Ainsi la première raison de la servitude volontaire, c’est l’habitude. Voilà ce qui arrive aux plus braves chevaux qui d’abord mordent leur frein, et après s’en jouent, qui, regimbant naguère sous la selle, se présentent
maintenant d’eux-mêmes sous le harnais et, tout fiers, se rengorgent sous l’armure.
Ils disent qu’ils ont toujours été sujets, que leurs pères ont vécu ainsi. Ils pensent qu’ils sont tenus d’endurer le mal, s’en persuadent par des exemples et consolident eux-mémes, par la durée, la possession de ceux qui les tyrannisent.

Le plan du blan est s de permettre à Martelly de gouverner par décrets.

C'est pour vendre ce plan comme une nécessité provoquée par la prise en otage du pays par 6 sénateurs- que les deux agents exécutifs intérimaires se sont déplacés en à NY, abandonnant le pays en même temps sans personne pour assurer l'intérim, avec une pléiade de courtisans.

C'est M.Clinton qui a relancé à NY cette opération de blanchiment d'un président et de son Premier ministre qui se sont refusés à faire les élections pendant 3 ans, présentés aux média internationaux comme des veaux roses et blancs, victimes des méchants loups du sénat.

Il faut rappeler que la manière dont M. Clinton a géré l'argent du fonds Bush/ Clinton en toute opacité, reste un os à travers la gorge de l'époux de la future candidate à la présidence des USA.

Il faut savoir également que M. Clinton a rallié un certain nombre d'investisseurs qui en veulent pour leur argent, qui demandent que les actes suivent les promesses

Gouverner par décrets, c'est se donner le cadre pour répondre à ces promesses d'un argent qui devrait se ramasser à la pelle (pas les têtes coupées) en Haïti, c'est adopter ces lois de découpage du territoire qui devraient garantir aux investisseurs un environnement propice, sans avoir à passer par leur étude par le sénat.

Le procédé de l'Ile-à-Vache.

Voici une petite île qui a tout d'un paradis . Tout pour faire saliver les carnivores de la finance internationale: mer bleue, plages de sable blanc, exonération de taxes et petite population pauvre ravie de jouer les domestiques pour un maigre salaire.

Donc hop ! On déclare toute l'île d'utilité publique

il faut décrypter le langage orwellien des Tèt Kale. Terres d'utilité publique = terres volées au profit du privé.

C'est ainsi que Osner Févry, pourtant un copain de l'hydre à deux têtes, Lamothe/Martelly, qui avait dénoncé au micro de V. NUma (erreur capitale) de manière assez vive et documentée, l'absence de transparence et de respect des normes dans les démolitions du bas-de-la ville, a vu quelques temps plus tard sa vie démolie (sans jeu de mots) par le dit- suicide de son fils.

Un mode d'emploi de suicide étonnant qui voudrait que le jeune homme après être mort d'asphyxie se tire deux balles dans la tête; et puis prenne le soin, avant de mourir, de placer l'arme sous l'une de ses cuisses.

Les déclarations d'Osner Févry au micro de V. Numa m'avaient surprise, d'autant plus qu'elles dévoilaient que les plans de l'hydre à deux têtes étaient d'utiliser une partie de cet espace d'utilité publique pour le revendre au privé qui devait bâtir là des casinos, hôtels et autres trucs vachement d'utilité publique.

Il était évident qu'en écoutant M. Févry, il s'agissait d'une vaste magouille, visant à déposséder à bas prix des propriétaires qui auraient pu directement faire affaire de manière plus avantageuse avec les investisseurs privés.

Ca sentait l'opération frauduleuse à grande échelle dont, un autre participant à cette magouille, M. Céant , présent également à l'antenne, avait du mal à défendre la légalité.

Le fils d'Osner Févry est mort. Céant, depuis, est muet. Les habitants chassés et dépossédés cherchent un toît. Les élites politiques, intellectuelles, religieuses économiques font le mort. Car il vaut mieux faire le mort ou le fou (Mathurin) que d'être mangé.

Ainsi, depuis l'arrivée de Martelly/ Lamothe au pouvoir, des contrats sans appels d'offre, des taxes prélevées hors du cadre légal, des sommes versées par l'Uruguay non budgétisées, la mort subite du juge Joseph, des disparitions et évasions de proches du duo, des emprisonnements d'opposants, de l'assassinat de policiers commandités par des députés, du refus du Premier ministre de se présenter devant le sénat, etc (liste trop longue pour être citée ici) jusqu'à cette énième tartufferie des élections et de l'imposture de vouloir gouverner par décrets par des imposteurs "bandi légal" fabriqués par la communauté internationale, tout se passe en dehors de toute légalité.

Et s'il en est ainsi, c'est que d'une part le blan le commande et que, d'autre part, les agents intérimaires de l'exécutif US se plaisent dans cet état de servitude volontaire.

Cette servitude volontaire est si ancrée et généralisé que vous ne serez pas étonnés de voir des Haïtiens applaudir à cette idée de gouverner par décrets, de même qu'ils applaudissaient en 1964 à la présidence à vie de Duvalier François et lui offraient dos courbés, dan grinyen, le droit de les asservir, de les tyranniser, de les tuer et de saccager leur avenir.

Un dernier extrait de La Boétie pour finir en beauté :

Mais en vérité les années ne donnent jamais le droit de mal faire. Elles accroissent l’injure. Il s’en trouve toujours certains, mieux nés que les autres, qui sentent le poids du joug et ne peuvent se retenir de le secouer, qui ne s’apprivoisent jamais à la sujétion et qui, comme Ulysse cherchait
par terre et par mer à revoir la fumée de sa maison, n’ont garde d’oublier leurs droits naturels, leurs origines, leur état premier, et s’empressent de les revendiquer en toute occasion. Ceux-là, ayant l’entendement net et l’esprit clairvoyant, ne se contentent pas, comme les ignorants, de voir ce qui
est à leurs pieds sans regarder ni derrière ni devant. Ils se remémorent les choses passées pour juger le présent et prévoir l’avenir. Ce sont eux qui, ayant d’eux-mêmes la tête-bien faite, l’ont encore affinée par l’étude et le savoir. Ceux-là, quand la liberté serait entièrement perdue et bannie de ce monde, l’imaginent et la sentent en leur esprit, et la savourent. Et la servitude les dégoûte, pour si
bien qu’on l’accoutre.

Une imagerie coloniale lors de l'Inauguration du parc industriel de Caracol.

Une imagerie coloniale lors de l'Inauguration du parc industriel de Caracol.

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