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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


L'avenir à reculons. Reviendra t-on à l'esclavage institutionnalisé ?

Publié par siel sur 10 Septembre 2014, 13:31pm

Catégories : #INTERNATIONAL

Très emblématique de ces reniements aura été – à l’étranger – la carrière de l’Espagnol Javier Solana.. En 1964, il rejoint clandestinement le Parti socialiste ouvrier espagnol interdit par la dictature franquiste. Il émigre un temps aux États-Unis où il milite contre la guerre du Vietnam. Après le retour de la démocratie en Espagne (auquel il a fortement contribué), il est ministre de la Culture. À ce titre, il instaure la gratuité des visites de musée. Il est ensuite ministre de l’Éducation, puis des Affaires étrangères. En 1995, alors que l’Espagne préside le Conseil de l’Union européenne, Solana convoque la Conférence de Barcelone dont l’objectif est de faire du bassin euro-méditerranéen « une zone de dialogue, d’échanges et de coopération en vue de garantir la paix, la stabilité et la prospérité. » Ce diplomate classique va devenir un diplomate plus musclé. Fin 1995, il est nommé Secrétaire général de l’OTAN, lui dont la mère avait pour cousin le responsable de la Ligue pour le Désarmement des Nations et qui, dans le passé avait rédigé un texte intitulé 50 raisons de dire non à l’OTAN ! Sous l’impulsion de Solana, le Parti socialiste espagnol devient franchement atlantiste. Le 5 février 2003, au conseil de sécurité des Nations Unies, il soutient le discours mensonger – et à court terme meurtrier – de Colin Powell selon lequel l’Irak possède des armes de destruction massive. En la circonstance, il se démarque du leader de son parti José Luis Zapatero pour s’aligner sur la position du chef du gouvernement conservateur José María Aznar, favorable à une intervention étasunienne en Irak. Le 15 février 2005, alors qu’il est responsable de la politique étrangère européenne, il s’oppose au plan du président de la Communauté autonome du Pays Basque Juan José Ibarretxe prévoyant que le Pays Basque serait « librement associé » à l’Espagne et jouirait d’un système légal séparé et d’une représentation au sein de l’Union européenne.

Une autre figure emblématique des pires reniements de la sociale démocratie est assurément Gerhard Schröder. D’origine modeste, il débute dans la vie comme apprenti vendeur puis ouvrier du bâtiment. Il suit des cours du soir, accède à l’enseignement secondaire et supérieur et devient avocat. À ce titre, il défend Horst Mahler, une des figures de proue de la Fraction armée rouge. Au crédit du chancelier Schröder, l’opposition ferme de l’Allemagne à la guerre de Bush en Irak. Pour le reste… Celui qui fut “ l’ami des patrons ” batailla cinq ans contre son parti pour faire voter la loi Hartz IV (Peter Hartz, l’un des conseillers de l’ombre des Solfériniens) qui fera nettement reculer les droits sociaux (réduction de la durée d’indemnisation du chômage de trente-deux à douze mois, diminution des indemnités versées aux chômeurs de longue durée qui refusent un emploi en dessous de leur qualification). Après sa défaites aux élections de 2005, Schröder est engagé par la société russe Gazprom pour présider le conseil de surveillance du consortium germano-russe North European Gas Pipeline chargé de la construction et de l’exploitation du gazoduc Nord Stream. Cette nomination cause quelques remous outre-Rhin : en sa qualité de chancelier, Schröder avait approuvé le tracé du gazoduc et s’était porté caution d’un prêt bancaire d’un milliard d’euros à Gazprom. Par ailleurs, Schröder a été conseiller des banques Goldman Sachs et Rothschild Investment Bank. Depuis 2009, il est membre du directoire du groupe pétrolier russo-britannique TNK-BP. Il touche à ce titre 200 000 euros par an. Il n’est pas le seul socialiste allemand à goûter aux délices du monde des affaires. L’ancien ministre de l’Intérieur Otto Schily, autrefois avocat de Gudrun Esslin et proche des milieux anarchistes, conseille le trust financier Investcorp (New York, Bahrein, Londres). Il y côtoie l’ancien chancelier autrichien conservateur Wolfgan Schlüssel, le vice-président de la Convention européenne Giuliano Amato ou encore M. Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU). Enfoncée (si je puis dire), l’ancienne ministre socialiste Frédérique Bredin, un temps directrice générale de Lagardère Active avant d’être nommée inspectrice générale des finances.

Sur la question des "reniements".

Je me demande si le terme est approprié.

Est-ce que Schroder et Solana avaient une autre opportunité que d'être socialiste pour faire carrière, dans leur parcours de vie ?

Est-ce qu'il s'agit véritablement de trahison ou bien d'un réajustement par rapport à un plan de carrière ?

Si on prend le cas d'Haîti, les Hériveaux, Dupuy ou Guyler Delva avaient -ils des convictions politiques ?

Ou bien, s'agit-il d'un retournement de veste afin de poursuivre leurs plans de carrière en se mettant au service des dominants ?

Hier, le gouvernement d'Aristide, aujourd'hui celui de Martelly.

Est-ce qu'on ne serait pas en face d'opportunistes qui n'auraient rien à renier parce que pour renier il faudrait avoir eu auparavant des convictions politiques fortes.

Est-ce ces individus ne seraient pas tout simplement entrés dans le processus de marchandisation de la personne ?

Est-ce qu'ils ne se "vendraient" aux plus offrants sans état d'âme; ?

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