Pressions sur les terres et les ressources, persistance de la faim, aggravation des inégalités et exacerbation des conflits ruraux, destruction des écosystèmes, exclusion des paysans des « bénéfices » de la mondialisation… l’agriculture productiviste est loin d’avoir tenu ses promesses. Comptant parmi les premiers contributeurs au changement climatique, elle crée les conditions de sa propre perte. En dépit de ce bilan désastreux, ses promoteurs continuent de la promouvoir, convaincus que les recettes biotechnologiques de l’agrobusiness vont finir par résoudre ces problèmes.
Au croisement d’une multitude de savoirs, l’agroécologie entend rompre avec cette logique mortifère. Moquée par les partisans du modèle industriel intensif qui la considèrent au mieux comme une production de niche, au pire comme une régression passéiste, elle ne se réduit pas à un patchwork de pratiques agricoles respectueuses de l’environnement. En optimisant à moindre coût exploitations familiales et savoirs paysans, elle devient un puissant instrument de transformation sociale dans les campagnes du Sud. En évitant l’emploi massif d’intrants externes, elle constitue un espace de résistance qui échappe à la mainmise des multinationales sur le système alimentaire. Et facilement adaptable, elle se révèle être une composante centrale du projet de « souveraineté alimentaire ».
Pour amorcer la transition agroécologique et enclencher un changement d’échelle vital, ses acteurs doivent construire de nouvelles alliances et s’appuyer sur les expériences les plus encourageantes.
Ce choix, de même que les 1 et 2 dans la même perspective de réflexion débouchant sur l'action.
Ici, sur ce blog, nous avons régulièrement fait la promotion de l'agriculture biologique.
Nous l'avons présentée comme une orientation offrant aux agriculteurs haïtiens de nouveaux débouchés.
En prenant en compte leurs savoir faire ancestraux, comme dit dans la présentation du livre, et de la demande mondiale croissante de produits sans pesticides et engrais chimiques.
Nous avions suggéré que le gouvernement Lamothe/Martelly, au lieu de monter le cheval de bataille creux du " Haïti is open to business", mette toutes ses forces dans ce secteur du futur.
S'il nous est quasiment impossible de rattraper le retard en tourisme de masse et concurrencer les pays de la Caraïbe à ce niveau, il nous est possible de prendre les devants dans ce secteur et de nous imposer comme une référence.
Nous avions suggéré que la coopération sud-sud , au lieu et place des forces armées de Correa, pourrait s'organiser entre pays à fortes destinations touristiques mais en manque de production agricole (Bahamas par exemple) et Haïti.
De même, nous avions montré combien cette économie liée à l'agriculture bio était en forte augmentation dans les pays occidentaux en constante demande et qu'il était, là aussi, également possible de mettre en place des alliances propres à satisfaire les deux parties.
Bien évidemment, il s'agit d'un programme à long terme et qui demanderait pour ce faire des hommes et femmes dévoués à la cause des pauvres, armés d'énormément de volonté, de courage et d'expertises.
L'état aurait à jouer un rôle important, non pas de bebisistè, tel que V. Numa prétend que les citoyens le perçoivent, mais d'investisseur pour accompagner les agriculteurs rassemblés en coopératives.
Il suffit de voir les efforts actuels de la RD pour soutenir l'agriculture bio et les mesures timides qu'elle essaie de prendre ( pas facile vu la puissance des entreprises minières canadiennes et occidentales en général) pour sortir de l'exploitation féroce de sonsous-sol pour comprendre que l'avenir est ailleurs.
Malheureusement, Lamothe/Martelly avec leurs options farfelues et nulles sont allés au plus facile et arrangeant pour les blan qui poussent à ce qu'Haïti demeure une réserve de force de travail à bon marché. Ces messieurs se sont dirigés vers un modèle totalement obsolète qui a marché plus ou moins à une époque, mais duquel veulent sortir les sociétés qui l'ont emprunté il y a une cinquantaine d'années.
A savoir, tourisme, tourisme et encore tourisme, encouragement de l'émigration (rappelez-vous de l'édito de Duval du Nouvelliste, conseillant d'envoyer les Haïtiens les mieux armés à l'étranger) pour toucher les remittances ainsi que exploitation sauvage des mines d'or.
Or, pas besoin d'être économiste pour savoir qu'il s'agit d'une voie de garage qui ne peut nullement réduire le chômage, augmenter les recettes de l'Etat et par là permettre la planification et l'organisation des structures de santé, d'éducation et d'énergie, en l'absence desquelles aucune société- même si possédée par des gede roz- ne peut atteindre un développement harmonieux.
"On the sidelines of the 2nd Entrepreneur Fair held at the Acropolis Tour in Santo Domingo, the Dominican magnate Juan Vicini, revealed that a Dominican and Haitian investor group working on investment plans and the development of the common border in several sectors, including tourism.Vicini declared that studies of some joint projects have already been completed and are in the hands of technicians of both countries, projects to be presented at the next meeting of Joint Bilateral Commission (CMB) on the development of both countries."
Au lieu de laisser les Dominicains s'accrocher à Haïti et en faire une annexe de leur économie pour sortir de leurs propres difficultés, le gouvernement haïtien qui succédera au duo infernal Lamothe/Martelly, devra tout mettre en oeuvre pour rechercher de véritables partenaires économiques; et non pas des profiteurs du style de la famille Vicini, dont le record en matière d'exploitation des Haïtiens n'est plus à démontrer.
Tout ça pour vous dire que cette revue est un must to read, pour ceux qui se préoccupent de l'avenir des 10 millions d'Haïtiens.
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