Comme vous le savez, si vous vous trouvez en Haïti et que vous lisez ce blog, au Mexique, 43 étudiants dont 2 morts et les autres sont portés disparus, suite à une attaque planifiée par les édiles de la ville et exécutée par les narcos..
La presse dominante ici en parle peu.
En Haïti, les événements internationaux n'existent pas.
C'est le système Lamothe/Martelly : "si c'était le cas mon Premier ministre m'en aurait parlé " - (réponse de Martelly aux journalistes sur la question d'Haïti considérée comme une plaque tournante du trafic de narcotiques) appliqué aux média.
Pour être honnête, cette pratique du silence, même si en Haïti elle prend une dimension surréaliste, existe partout. Les journaux étant les propriétés de ceux-là même qui prospèrent grâce à ce silence.
Aujourd'hui, 20 nov, c'est l'anniversaire de la révolution mexicaine. Les Mexicains de partout dans le monde ont décidé de marquer cette date par un hommage aux étudiants disparus et une dénonciation de la politique "génocidaire" du gouvernement mexicain.
A Paris, la rencontre se fera place de la République à 19h.
De même que je suis ébahie par la désinvolture avec laquelle 2 journalistes haïtiens racontent comme un conte la mort de citoyens provoquée par la furie du cortège de Lamothe/Martelly, de même je reste perplexe devant leur désintérêt sur la politique intérieure de la RD, de même encore je suis troublée par le total blackout haïtien sur la violence étatique au Mexique.
Mexique avec lequel, l'état haïtien a toujours eu des relations et avec lequel le gouvernement signe des traités - traités auxquels, je vous l'avoue même après en avoir pris lecture dans Le Nouvelliste, je ne comprends l'intérêt ni à court ni à long terme.
Ce qui devrait attirer l'attention des journalistes- même s'ils sont en panne d'empathie pour les victimes mexicaines (l'étant déjà pour les victimes haïtiennes on ne pourrait pas s'attendre à autre chose)- c'est quand même qu'Haïti est considérée comme une plaque tournante de la drogue et que ses voisins d'AM du Sud avec lesquels elle a choisi de collaborer, ces derniers temps tout particulièrement, sont de grands producteurs et vendeurs.
On devrait avoir quelques inquiétudes sur jusqu'où cette collaboration pourrait aller.
Etant donné que le pays est très petit, que Minustah ou pas, l'Etat est inopérant, que la corruption traverse toutes les couches de la société, que la communauté internationale détourne son regard, la place peut être avantageuse pour les cartels mexicains, colombiens, de la RD et autres.
Quand je lis le texte ci-après qui nous décrit l'horreur quotidienne dans laquelle vivent les Mexicains de la classe moyenne et les plus pauvres, en même temps que la modernité vernissée du Mexique des riches nous est présentée comme un modèle de civilisation et de progrès, il y a de quoi avoir la trouille pour le devenir d'Haïti où ces temps derniers on a droit à la même propagande..
Surtout que, comme nous avons pu le constater pendant les 29 ans de dictature duvaliériste et depuis l'arrivée de Martelly ,la communauté internationale se satisfait fort bien du verni. Ce n'est ni elle et encore moins les pays de gauche d'Amérique du Sud qui viendront apporter de l'aide aux Haïtiens, s'il arrivaient qu'il soient pris en otage comme ceux du Mexique, du Guatemala, du Honduras ou de Colombie, pays avec lesquels ils ont plus de liens.
Niet.
D'où ma perplexité devant le fait que nul média, nul intellectuel haïtien, tous juchés actuellement dans les altitudes, entre dîner blan, nuit blan, prix blan et expo blan, ne prennent pas en considération ce danger à notre porte.
D'autant plus que la politique du chaos et de la mise en pièces des institutions - à l'inverse de ce que prétend M. Correa, président de l'Equateur et soutien de Martelly- commencée en 2004 se poursuit avec l'équipe Lamothe/Martelly qui compte parmi ses relations ou amis des trafiquants de drogue présumés tels que le disparu Evinks Daniel, les deux extradés M. Jaar et le commissaire de Léogâne, M. Claude. Sans compter la bande de militaires de leurs amis, désignés nommément par le FBI et des rapports de la CIA comme des dealers à partir des années 1989 et pendant le coup d'Etat de 1991 où leurs affaires étaient particulièrement florissantes.
Dans la mesure où il vaut mieux prévenir que guérir, laisser les choses courir, jouer à l'autruche n'apparaît pas comme la meilleure manière d'affronter ce problème qui, s'il n'est pas pris en compte tout de suite, risque de détruire totalement la société haïtienne.
Alors là, ce sera bien pire que le saccage de la nation par les 2 Duvalier, la politique néolibérale de Bazin, les pertes en vies humaines par le séisme et le choléra, ou le désordre tèt kale de Lamothe/Martelly, mais un engrenage infernal dans lequel on voit que la plupart des pays pris dedans, Italie, Colombie, Mexique, Honduras par exemple, n'arrivent pas à s'en sortir.
Bon, je vous laisse lire ce texte instructif mais cependant à pleurer et dont le titre : MEXIQUE : UNE FAILLITE PLANIFIÉE DE L’ÉTAT ET 1 700 HOMICIDES PAR MOIS, annonce le programme
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Mexique : une faillite planifiée de l'État et 1 700 homicides par mois
L'État mexicain est devenu une institution criminelle où les narcos et les politiciens fusionnent pour contrôler la société. Un État, dont la faillite a été organisée durant les deux derni...
http://www.vineyardsaker.fr/2014/10/26/mexique-faillite-planifiee-letat/
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