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Snowden et moi (Cuba Debate) -- Martin ALMADA
Le 24 novembre 2014, Edward Snowden a reçu le Prix Nobel Alternatif de la Paix au Parlement suédois, en reconnaissance de son travail pour la défense d' " une société ouverte et libre et pour ...
Les Etats-Unis, par exemple, ont mis au point au Chili, en 1965, (il y a presque cinquante ans !) le projet d’espionnage « CAMELOT » qui tentait, sous couvert d’une enquête scientifique, de faire une étude sociopolitique pour détecter quelle serait la réaction sociale face à une intervention de l’armée en cas de crise ou de chaos. La première expérience fut totalement rejetée par les universitaires sollicités pour y collaborer, car ils considérèrent que ce projet était une violation à l’éthique professionnelle, incompatible avec le monde de la science. Ce qui obligea le Gouvernement chilien d’alors, présidé par Eduardo Frei Montalva, d’interdire à l’USAID (agence étasunienne pour le développement) de continuer l’expérience.
Mais les Etats-Unis ne renoncèrent pas à leur plan et le transportèrent au Paraguay, où leur fidèle allié, le dictateur Général Stroessner, champion de « l’anticommunisme en Amérique Latine » l’accueillit avec joie. Dans ma thèse de doctorat à l’Université de La Plata, en Argentine, je dénonçai cet espionnage sociopolitique en tant que méthode pour évaluer les causes des révoltes sociales et dont Stroessner utilisait les résultats pour prendre des mesures afin d’étouffer les possibles révoltes et éviter son renversement. Le projet fut donc mis au point au Paraguay et donna lieu à la création d’un service d’intelligence des Forces Armées, bien que cela n’empêcha pas Stroessner d’être renversé par le Général Andres Rodriguez, un parent par alliance, avec l’aide de l’ambassade des Etats-Unis en février 1989.
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