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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Voeux d' Alexis Tsipras, président de Syryza parti de gauche grec

Publié par siel sur 4 Janvier 2015, 23:21pm

Catégories : #REFLEXIONS perso

Voeux d' Alexis Tsipras, président de Syryza parti de gauche grec

«A la fin de l’année qui s’en va, la fin de cette cinquième année de mise en œuvre des memoranda, je m’adresse à chaque citoyenne et à chaque citoyen grecs pour transmettre un message d’espoir et d’optimisme.

A la fin d’un régime [qui a succédé à la dictature des colonels] vieux de quarante ans, qui apporte aussi la fin de l’establishment politique qui a ruiné le pays, je m’élève devant vous et je vous adresse un appel unitaire et démocratique [de mobilisation].

2014 s’en va ; avec l’année s’en va aussi le gouvernement Samaras pour que prennent fin les mensonges, l’intimidation, l’autoritarisme, la tromperie. 2014 se termine pour que s’achève un ordre établi qui a enfoncé notre patrie dans la pauvreté, le chômage, l’indignité.

2015 arrive à la manière dont il se doit. La démocratie revient vers le lieu même où elle est née. La parole est de nouveau à ceux dont elle est due. A ceux qui en ont été privés, ainsi [qu’ils ont été privés] de droits et d’acquis sociaux existants depuis des siècles. La parole est de nouveau aux citoyens. Aux hommes et aux femmes, à la jeune génération.

Et je suis certain que l’espoir et le plan d’action, le projet de lendemain l’emporteront sur la peur et l’alarmisme.

Vis-à-vis de ceux qui nous suivent et nous écoutent nous n’avons qu’un seul engagement.

Par la grande victoire de SYRIZA aux élections de janvier la force qui a été soustraite à notre peuple lui sera restituée.

Nous n’avons qu’un seul engagement : il sera mis définitivement fin à l’humiliation nationale et à la crise humanitaire.

Nous pouvons reprendre les clés de notre pays et mettre en œuvre un plan de reconstruction de l’économie et de la société.

En plaçant l’humain d’abord. En ayant comme premier soin l’accès à la santé et à l’éducation.

En plaçant l’environnement d’abord et un barrage aux grands intérêts lucratifs dont l’intention est de le spolier.

En protégeant le patrimoine public et privé. Le labeur, le toit, les dépôts des citoyens grecs.

En défendant l’histoire et la culture de notre patrie.

Le passé que nous laissons derrière est éponyme. Il porte les noms du personnel politique qui a ruiné le pays. Qui a légiféré – la diaploki – l’interconnexion du pouvoir politique et des intérêts lucratifs.

Le présent porte des pseudonymes derrière lesquels se cachent ceux qui ont transformé notre pays en colonie de la dette et se déguisent de nouveau aujourd’hui en « sauveurs ».

Mais l’avenir porte un nom, et c’est le nom de l’espoir. L’avenir vous porte tous et toutes.

Il porte la vision de SYRIZA et de la grande majorité de la société, du grand rassemblement progressiste. Pour une Grèce dans la Dignité, la Justice, la Démocratie.

Et l’avenir de notre pays c’est déjà mis en marche.

2015 sera l’année du retournement et de la dignité.

Ce sera l’année de la Grèce.

Meilleurs vœux.

Bonne année à tous et à toutes. »

Source: left.gr

Pourquoi je diffuse ce texte ?

Parce qu'il est porteur d'espoir.

Alexis Tsipras est jeune. Il fait partie de la génération qui n'a pas connu la dictature des colonels grecs. Il fait partie de la génération de transition à la démocratie et qui très jeune s'est engagé en poitique. Il est ingénieur.C'est un père de famille qui mène à la fois son travail dans la construction à Athènes, son engagement militant et sa vie familialle. Pas du tout le profil d'un bateleur sorti de nulle part pour sauver le pays.

La seconde raison qui m'a portée à diffuser ce message de voeux, c'est comme d'hab, afin d'élargir les références des lectrices et lecteurs et de les informer sur quelques correspondances possibles entre la situation grecque et celle d'Haïti.

Bien sûr ( pour imiter mon copain qui commence ainsi toutes ses phrases), la Grèce est bien loin culturellement et géographiquement d'Haïti.

Cependant, elle fait partie des pays européens ( avec l'Espagne, le Portugal) qui ont subi une féroce dictature, avec, comme en Haïti élimination physique des opposants et l'exil forcé d'une bonne partie de la population.

D'autre part, la Grèce n'est pas un pays riche. Ses principales ressources elle les tirent du tourisme, des activités afférentes  et des remittances , c'est-à-dire des envois d'argent de sa diaspora fort nombreuse en Amérique  du Nord et pour une moindre part en Afrique.

De même qu'en Haïti, les politiques néolibérales imposées à la Grèce ont provoqué, comme par tout dans le monde,l 'enrichissement d'une classe, celle des poliiciens et des hommes d'affaires et la paupérisation du reste de la population.

Là où s'arrête la comparaison - qui n'est pas raison- , c'est qu'il existe en Grèce, malgré la débacle totale de leur économie, des structures étatiques, lesquelles ,vaille que vaille, tentent d'empêcher le nauvrage total de ses citoyens 

Là où également il est impossible d'établir des parallèles,  comme on le voit avec Alexis Tsipras, c'est qu'il existe des  jeunes animés de bonne foi ( réussiront-ils ou pas ? le rapport de force  avec d'un côté la machiine de guerre formée de l'UE, les USA, le FMI et  de l'autre, leur seul électorat, ne leur est guère favorable) , bien formés capables d'élaborer un projet politique.

En lisant, ce message de voeux, il m'est apparu que l'opposition  : MOPOD, Lavalas et autres, n'avait pas présenté ses voeux ( et sont programme) à la population haïtienne.

Ce qui, pour moi, est un signe d' immaturité politique.

Immaturité politique logique, si on peut s'exprimer ainsi, dans la mesure où, les figures emblématiques de l'opposition n'ont pas fait leurs classes dans le militantisme de base..

C'est malheureux à dire mais, de même que les Tèt Kale, ils seraient plutôt dans l'improvisation.

Les manifestations c'est bien. Faut-il encore qu'elles ne se réduisent pas à des raras, du genre "on part des quartiers populaires pour se rendre chez les bourgeois et puis descendre en direction du palais national"- mais qu'il y ait une articulation avec d'autes mouvements de protestation.

J'ai remarqué que, par exemple, cette opposition  ne s'associe pas aux autres luttes. A celle des policiers, des fonctionnaires, des enseignants non payés, à celle des étudaints en médecine de la fac publique, à celle des femmes harcelées sexuellement par le directeur de la TNH, à celle des personnes dépouillées arbitrairement de leurs biens. Etc.

Or, il faut apprendre à écouter les revendications des autres, à travailler avec eux, à leur apporter un soutien pour murir et être capable de mettre en place un programme politique qui ne se réduirait pas à renvoyer un président - certes totalement incompétent - mais à offrir des propositions en vue d'un réel changement de politique économique, culturelle et sociale.

Pourquoi, les gens du Mopod and so on, ne font pas des sit-in devant le baîtiment de la TNH, pour réclamer la démission du directeur harceleur ?

Ils ne savent pas que partout ailleurs dans le monde, de telles accusations publiques, contre un directeur d'une institution publique, provoqueraient la mise à pied du directeur et la mise en route d'une enquête ?

Pourquoi  ne vont-ils pas à la rencontre des étudiants en médecine de la fac publique afin de mieux comprendre leurs doléances ?

Que vaut une lutte pour un changement  politique quand elle s'abstient de dialoguer, d'écouter les revendications de ceux qui en sont mécontents, et de participer à leurs luttes ?

Le souhait d'une société juste et égalitaire  est partagé également par les classes moyennes, les artisans, les paysans. Eux aussi sont mécontents et n'en peuvent plus des abus, des vols, de la violence qui les poussent à quitter le pays. Il faut donc faire la démarche d'aller vers eux afin qu'ils se joignent à la lutte.

Ne pas le faire, ce serait donner raison à ceux qui disent que l'opposition n'aurait pour seul objectif que de prendre la place des roz au pouvoir.

De toutes les façons, même si tel n'était pas le cas,  cette absence de synergie- b a ba des luttes-  est un sérieux handicap à un changement en profondeur.

Continuer dans cette voie, c'est répéter et pire,-solidifier-, le sytème et s'assurer que "tout change pour que rien ne change." 

C'est courir le risque de se retrouver une fois au pouvoir, avec des cadres, des fonctionnaires, des ministres conservateurs et réactionnaires, qui ne partagent pas la même vision politique et vont, par conséquent, soit la freiner, la boycotter ou la faire dévier.

C'est en quelque sorte ce qui est arrivé au movement lavalas qui, au fur et à mesure s'est gonflé d'opportunistes, prêts à changer de camp à la moindre occasion qui fait le larron.

Il s'agit  pour la nouvelle génération de passer des défilés spectaculaires - les deux peuvent être complémentaires-  à l'engagement concret et visible à côté de chacun des segments et secteurs de la société en lutte.

Il n'y a pas " pase pa bwa". Les revendications doivent être clairement articulées ainsi que les propositions pour y répondre.

Ce qui demande que nos gens de l'opposition fassent preuve de modestie  - ne pas oublier que l'arrogance est une des caractéristiques des sots-  et  qu'il se mettent à l'écoute de ceux qui  sont confrontés au  quotidien  aux dysfonctionements et à l'arbitraire du gouvernement, qu'ils se joignent à eux et les acompagnent dans la défense de leurs droits.

 

 

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