Ils le méprisent ; « c’est un auteur mineur », qu’ils disent, un échotier, un chroniqueur d’histoires d’alcoolos, un enfonceur de portes ouvertes. C’est un verbe facile sur des sujets fastidieux tels que la pauvreté, l’impérialisme, l’holocauste colonial, le machisme, l’unité de l’Amérique Latine, des bêtises démodées qu’un écrivain véritable, grand, impérissable, se doit de laisser tomber.
Ces écrivains tellement importants, tellement sérieux et intelligents, seront toujours sans taches et incompréhensibles. Ils continueront à se lire et à se décerner des prix entre eux. Galeano ne sera jamais à leur mesure, heureusement. Galeano continuera d’être seulement Galeano. L’écrivain de petits feux, le partageux d’utopies et de tristesses, celui qui, avant de sombrer dans le sommeil, nous raconte des histoires à l’oreille, à nous, enfants de personne, propriétaires de rien, à nous qui ne sommes personne, qui valons aussi peu que ses textes à lui.
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Galeano, les écrivains et nous qui ne sommes personne (Rebelion) -- Camilo de los Milagros
Elles rêvent, les puces, de s'acheter un chien et ils rêvent, les écrivains, de faire disparaître Galeano. Eux, les bons écrivains, les écrivains pour de vrai, les grands, les impérissables ...
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