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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


MISSION B-FAST AU NÉPAL : « UNE AFFAIRE DE COM’ CONTRE-PRODUCTIVE"

Publié par Caroline Lallemand, Frédéric Thomas sur 16 Mai 2015, 13:10pm

Catégories : #INTERNATIONAL

L’équipe B-fast est revenue bredouille du Népal ce 4 mai, elle n’a pas pu venir en aide aux victimes du séisme qui a frappé le pays le 25 avril. Au final, la mission des Belges a tourné au véritable fiasco. Comment peut-on expliquer cette situation de chaos de l’aide internationale en général ? Explications avec Frédéric Thomas, politologue et chercheur au Cetri, centre de recherches sur le développement et les rapports nord-sud et auteur de l’ouvrage L’Echec Humanitaire, Le cas haitien.

 

 

Levif : Fallait-il envoyer cette mission B-fast dans l’urgence ?

Frédéric Thomas : Envoyer dans l’urgence au Népal cette équipe B-Fast de 42 personnes accompagnée de journalistes était avant tout une grande « affaire de com’ ». La Belgique a voulu donner une image spectaculaire de l’aide qu’elle pouvait apporter aux Népalais. « Les Belges n’auraient pas compris qu’on n’envoie pas B-fast ». Et tant pis si cette prétendue incompréhension passe avant les besoins réels des Népalais. On entretient ici à dessein la confusion entre visibilité et efficacité.

La surmédiatisation a donc joué un rôle important dans l’envoi de cette équipe. Pour les acteurs de l’aide international, il faut être visible, être les premiers sur place alors que ce ne sont pas toujours les premiers arrivés qui sont les plus efficaces. Il y a une vraie survalorisation des acteurs étrangers, il faut arrêter avec cette image héroïque de l’aide internationale.

Ces aides extérieures occultent aussi le travail effectué par les locaux, qui sont plus à même de retrouver des survivants dans les 72 heures après la catastrophe. Ce sont les 2 et 3 premiers jours qui sont les plus importants pour les recherches. Après, il faut passer à une autre sorte d’aide plus structurelle. En arrivant quatre jours après le séisme, la mission de « research and rescue » belge n’avait plus raison d’être et ils sont revenus bredouilles. Sans parler des doublons avec les autres ONG (La Croix Rouge, MSF,...) aussi envoyées sur place. Les équipes d’aide, une cinquantaine, étaient trop nombreuses et ont créé une congestion de l’aéroport de Katmandou. Car il faut stocker le matériel, nourrir, loger et transporter les intervenants.

De nombreux problèmes logistiques se sont alors présentés au gouvernement népalais qui organisait les secours. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’on rencontre cette situation chaotique.Le premier mois qui a suivi le tremblement de terre en Haïti, on a recensé plus de 1 000 ONG sur le terrain. Au final, c’est l’image de la mission B-fast qui est écornée et l’opération de com’ est tout à fait contre-productive alors que l’on savait à l’avance que cela ne servirait à rien !

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