Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Haïti et l’Afrique Noire: de la primauté à la marginalité, du modèle au contre-modèle - Par André Ntonfo

Publié par André Ntonfo sur 21 Juin 2015, 09:56am

Catégories : #CULTURE

Après le tremblement de terre.

Après le tremblement de terre.

La diffusion de cet article me semble très importante.

Je pense à la jeunesse estudiantine haïtienne totalement prise en otage par des zentellectuels formatés par l'idéologie duvaliériste et la francophonie. (un cocktail mortifère !)

L'idée qu'Haïti ait servi de laboratoire pour les Occidentaux dans leurs colonies, puis ex-colonies  devenus pays "indépendants" n'est pas nouvelle.

 

Ce qui est inédit, c'est la perspective que la faillite  organisée d'Haïti soit dupliquée en Afrique.

Pour ma part, je pensais l'inverse.

A savoir que la balkanistaion de l'Afrique, les guerres tribales,  la francophonie et la mise en place de gouvernements marionnettes des Occidentaux étaient le nouveau modèle pour Haïti.

Cette hypothèse venant du fait que ces dernières années ont été alimentées des conflits avec des allures tribales en Haïti.

Vous savez que contrairement à l'Afrique, il n'existe pas d'ethnies en Haïti. Comme dans la majorité des Caraïbes il existe des descendants d'esclaves Noirs et Mulâtres, une minorité de Syro-Libanais et de  Blancs venus d'Europe.

Or, ces derniers temps, comme avec Laennec Hurbon, le sociologue français d'origine haïtienne, on a commencé à entendre des histoires de Tutsi et de Hutu, avec une nette volonté d'opposer un groupe de gens à un autre non pas par rapport à leurs conditions socio-économiques, mais à travers une fausse assimilation avec le Rwanda, à partir de fictionnelles origines ethniques.

Cette déviation des problèmes de classe vers des histoires à connotation ethniques me semblait témoigner d'une volonté politque visant à masquer la réalité de l'exploitation des masses et de la convertir en une pseudo lutte ethnique -comme cela s'est fait  et se poursuit  sans discontinuer en Afrique

 

En parlant de Tutsi et de Hutu, Laennec Hurbon introduisaiit subtilement, ni vu ni connu dans le champ sociétal haïtien une dimension encore inconnue, celle de l'ethnie.

Ainsi, ce mouvement de fracturation de la société haïtienne initié par les Gnbistes, risque de s'accentuer avec les déportés de la RD- qui pourraient être présentés par les intellectuels faussaires - une ethnie qui prolifère en Haïti comme les mauvaises herbes- comme appartenant à une nouvelle ethnie, celle de descendants d'Haïtiens originaires de la RD.

Etant donné la situation haïtienne où les ressources sont rares pour le commun des mortels, la concurrence pour l'accès à ses ressources- ne serait-ce que l'eau- peut dériver vers des comportements "xénophobes" - pas différents de ceux de la RD- et provoquer des actes de violence - comme ceux récents en AF du Sud contre les étrangers venant d'Afrique.

L'opération de déportation des descendants d'Haïtiens établis en RD depuis la moitié d'un siècle et plus me semblait être un acte délibéré visant à frapper Haïti au coeur même de son identité de peuple - au delà des spécificités etnniques- de ceux qui ont participé au combat- construite à partir de la révolution anti-esclavagiste.

 

Par ailleurs, je voudrais faire remarquer qu'Haïti ne sert pas de laboratoire uniquement pour l'Afrique, mais pour l'ensemble des pays du Sud, aussi bien en AM du Sud qu'en Asie.

Et aussi que Madagascar, dans le genre labo d'expériences de subjugation des peuples et de dé-dévoleppement  de leur pays, n'est pas mal non plus. Pas étonnant de retrouver le fils Estimé, oeuvrant dans ce pays pendant quelques années, avant de se retrouver en Haïti comme patron de Winner un parmi ces nombreux programmes initiés par USAID pour permettte à l'argent de l'aide de d'aterrir dans les poches de ses agents.

           

Pour André Ntonfo, l'auteur de l'article, à l'inverse, c'est Haïti qui est la représentation du sort qui pourrait être fait à l'Afrique.

 

Aussi, à y regarder de près, on peut observer que les deux siècles d’indépendance haïtienne sont déjà contenus, en miniature, dans les quarante années de souveraineté, souvent sous contrôle, de la plupart des Etats africains, notamment sub-sahariens. Haïti ne serait-elle donc pas comme un miroir où il leur suffirait de regarder pour découvrir de quoi sera faite leur histoire dans les deux siècles à venir, à moins d’un radical changement de cap?

Résumé

Haïti, Première République Noire au monde, a commémoré en 2004 le bicentenaire de son indépendance. Ma préoccupation dans le présent article consiste à m’interroger sur la manière dont cette expérience unique a été reçue et vécue par le monde en général et par l’Afrique indépendante en particulier, ainsi que sur la place que Haïti tient dans leur imaginaire. Je voudrais aussi jeter un éclairage sur son rôle de lieu idéologique de structuration et d’espace réel d’expérimentation des stratégies post-coloniales appliquées aux Etats africains indépendants. Il s’agira de montrer comment de sa position de pionnière ou de phare pour ces Etats, Haïti en est venue à être ignorée, pervertie et en définitive transformée en un contre- modèle aujourd’hui reléguée dans la poubelle de l’humanité. Il s’agira aussi de dire, au regard de la similitude des situations que vivent aujourd’hui l’une et les autres, si Haïti ne peut pas servir de miroir du futur pour les Etats africains.

Revista PADÊ, v. 1, n. 2 (2008)

1

André Ntonfo est professeur au Département de Littérature Négro-

Africaine de l’Université de Yaoundé I, au Cameroun. Spécialiste

des littératures et civilisations des Caraïbes francophones (Haïti et

Antilles-Guyane Françaises), il est auteur de nombreux articles et

deux ouvrages sur le domaine: L’Homme et l’identité dans le roman

des Antilles et Guyane Françaises (Naaman, 1982) et Le Roman

indigéniste haïtien, esthétique et idéologie (University Press of the

South, 1997). André Ntonfo s’intéresse aussi à l’anthropologie et à

la sociologie du football. Il est l’auteur d’un ouvrage, Football et

politique du football au Cameroun (Edition du CRAC, 1994) et de

nombreux articles sur ce sport dit «roi» au Cameroun.

1 Introduction 

 

 Haïti a célébré en 2004, on le sait, le bicentenaire de son indépendance. En effet, elle a été la première nation nègre à secouer le joug de l’esclavage et à conquérir sa liberté dans la Caraïbe, voire dans toutes les Amériques, au tout début du 19ème siècle, plus précisément en 1804. Quant 

aux pays africains subsahariens, la plupart d’entre eux ne se sont libérés de la colonisation européenne que dans les années 1960, c’est-à-dire depuis une quarantaine d’années seulement. Mais curieusement, l’image que l’une et les autres ont donnée à voir au monde durant les dernières décennies et que les média ont répercuté à profusion, aura été pratiquement la même, en terme d’extraversion ou d’aliénation culturelle, d’instabilité et de violence politiques, de dictature subséquente, de coups d’état répétitifs, de conflits ethniques ou de couleur, de guerres civiles, de misère, d’exil massif, et enfin de compte d’une terrible dégradation humaine, laquelle aura nourri toutes sortes de littérature. Et la question qui surgit spontanément à l’esprit est de savoir comment Haïti et les pays africains, que séparent et l’Histoire et la Géographie, peuvent vivre aujourd’hui la même expérience socio-politique, culturelle, économique, humaine, bref le même destin. En d’autres termes, comment les presque deux cents ans d’indépendance d’Haïti sont déjà contenus dans la quarantaine d’années de l’expérience africaine de l’indépendance? 

 

La présente étude vise précisément à révéler, à la lumière des travaux d’historiens, d’essayistes et d’écrivains, mais aussi à la lumière d’une expérience de terrain, les fondements et le mode de fonctionnement d’une telle situation de similitude. Mon hypothèse de base est que, l’indépendance d’Haïti, en tant que conséquence d’une révolution radicale et totale qui a permis de jeter dehors les colons français au plus fort de l’esclavage, constitue l’événement fondateur qui a non seulement déterminé l’attitude du monde libre à son égard, mais encore et surtout a structuré la colonisation française en Afrique, et a orienté sa politique post-coloniale.

 

En effet, en conquérant son indépendance dés le début du 19ème siècle, comme je l’ai évoqué tantôt, le peuple haïtien a donné une sorte d’avertissement, ou mieux réveillé l’attention des pays esclavagistes en général, et en particulier de la France qui s’apprêtait seulement à engager, pendant ce même 19ème siècle, l’exploration et la colonisation de l’Afrique subsaharienne. Et au regard de la politique post-coloniale française, telle qu’elle s’est déployée au fil des années, tant au plan économique que politique et culturel, il paraît tout à fait évident que Haïti a servi de laboratoire à l’ancienne métropole, que des pratiques y ont été expérimentées qui auront structuré son existence de « République noire indépendante » pendant près de deux siècles et dont les 

pays africains subsahariens font a leur tour la rude expérience. 

 

L’hypothèse ainsi énoncée, j’évoquerai d’abord la représentation que penseurs et écrivains du monde noir ont faite d’Haïti, en tant que Première République Noire, pour l’opposer à l’image qui en est aujourd’hui donnée à voir, et montrer en définitive comment le modèle est devenu un contre modèle. Puis, faisant un retour en arrière, je reviendrai à la représentation qui a été faite, dans la conscience collective et l’imaginaire euro-américains, de la révolution et de l’indépendance haïtiennes, pour révéler comment l’impensable a engendré l’inacceptable. J’en viendrai ensuite aux processus d’évacuation de la conscience collective et de l’imaginaire haïtiens de l’identité nègre de la nation, ainsi qu’ aux stratégies de subversion et de dépossession du modèle mises en œuvre par le monde libre contre la république non-acceptée. Et regardant l’Afrique subsaharienne sous l’éclairage de cette expérience haïtienne globale, il apparaîtra que les mêmes stratégies, traversant et le temps et l’espace, y ont produit les mêmes résultats. Enfin, et pour ouvrir sur un domaine précis, une approche comparative des littératures haïtienne et africaine, notamment de l’époque contemporaine, permettra d’illustrer comment, transcendant le temps et l’espace, Haïti et les états africains subsahariens se sont rejoints pour cheminer ensemble aujourd’hui. Et vers quel destin? 

( A suivre)

 

Commenter cet article

P
Oooo
Répondre

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents