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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


L’après-Carifesta : Réflexions sur la fabrique d’une imposture - Par Yves Lafortune

Publié par Yves Lafortune sur 24 Octobre 2015, 09:05am

Catégories : #AYITI ROSE RAKET

Tant de roublardise, tant d'énergie déployées pour s'enrichir et enfoncer la population dans la crasse et la servilité, c'est effarant.

Comment ça se fait, me demande t-on, que face à des pratiques aussi sordides les Haïtiens ne soient pas indignés.

Pour s'in-digner, je réponds, il faudrait d'abord commencer par connaître le mot digne.

Et puis, le rouleau compresseur des classes moyennes, de la bourgeoisie, des media, de la CI a écrasé la capacité de réfléchir - et même pas de réfléchir, tout simplement de voir, de différencier le monde virtuel des annonces mirobolantes, des travestis, des "tôles rouges," de la réalité, d'un peuple accablé par la recherche de la survie quotidienne.

Il faut voir les conditions de vie des gens dans les villes, bidonvilles et espaces ruraux pour prendre la mesure de ce que représente jour après jour, sans aucune petite lueur d'espoir à l'horizon, cette bataille pour la survie.

Et combien elle prime sur toutes les autres préoccupations.

Il ne me semble pas que ceux qui s'étonnent de la résignation du peuple haïtien, ont conscience de l'énergie qu'il mobilise pour donner à manger à ses enfants, les envoyer à l'école, les habiller, leur procurer un toît.

 

Le rouleau compresseur ne l'a pas seulement enlevé la capacité à la population  de faire la diffférence entre un gros citron  sans saveur de la RD et une petite lime haïtienne parfumée, entre le paraître et l'essentiel, mais aussi entre le mensonge, la vulgarité et l'honnêteté et la courtoisie.

C'est-à-dire que pendant  ces 4 années de Martelly, qu'il propose sans vergogne au peuple de prolonger via son dauphin, l'équipe tèt kale et la CI ont sciemment, de manière délibéré, pour arriver à leurs fins, entrepris une politique de perversion de la culture haïtienne.

Attention, quand je parle de perversion, ce n'est pas du port des rasta, des pantalons dits brejen, placés sous les fesses, mais de l'acceptation du bandidtisme légal comme valeur positive, de promotion, d'ascencion dans la société.

Quand vous avez un homme comme Calixte Valentin, reconnu comme auteur d'un assassinat de sang froid qui siège au palais national en tant que conseiller du président.  Et qu'en plus, des journalsites connus, comme Daly Valet, des hommes politiques, les ministres du gouvernement acceptent sans sourciller de s'assoir à la même table qu'un homme dont les mains sont souillées de sang, c'est un signal clair et net que vous envoyez à la société.

 

De même, quand une cheffe de parti  dit socialiste ( il y a de l'usurpation de titre) décide de construire une bibliothèque et de lui donner le nom de la cheffe macoute Mme Max Adolphe et qu'en plus de cela, un intellectuel soit-disant démocrate, ajoute à l'indécence, en disant qu'un buste aurait suffi pour honorer la patronne de Fort-Dimanche, vous atteignez là des sommets où il ne s'agit même plus de soumisssion mais de perversion.

Vous vous rendezz compte que, de haut en bas, le pays est miné par le faux-semblant, l'absence de conscience du bien commun, le déni de l'histoire.

Et, qu'à force de patauger dans ce marigot, les femmes, hommes et enfants n'ont même plus conscience de sa puanteur et de la vase dont ils sont recouverts qu'ils finissent par considéréer comme de la dentelle.

Cet article de M. Lafortune qui vient à la suite de réflexions allant dans le même sens d' autres auteurs me soulève le coeur. 

Et bien qu'il se conclue par une note d'espoir, personnellement, j''appréhende que des élites qui ont pu collaborer, participer, défendre, applaudir même à  de telles dérives, n'hésiteront  pas à tout faire, quitte à tuer pères et mères, pour que ce bal macabre continue.

 

       Ce texte s’inscrit dans le prolongement de la réflexion engagée dans un précédent article publié dans les colonnes du journal Le Nouvelliste et sur ToutHaiti.com  sous le titre : Carifesta, rien qu’une hystérie de fin de règne ! Pour l’essentiel, son propos se situait dans le lieu d’une projection d’un regard lucide et critique sur les conditions dans lesquelles allait se tenir la 12 ème édition de Carifesta en Haïti, et en appelait à cet égard à une indignation citoyenne selon la formule consacrée de Stéphane Hessel.

Son angle d’ancrage tachait à proprement parler de montrer dans un cadre gnoséologique prospectiviste qu’à l’analyse des préparatifs mis en place par le gouvernement en termes de ressources humaines, financières et matérielles en vue de s’assurer du bon déroulement des activités prévues dans le cadre dudit événement, Carifesta ne pouvait être dans sa forme et dans son fond qu’un cuisant échec, la manifestation visible de l’idiosyncrasie d’un pouvoir tournant le dos aux savoir et savoir-faire, une hystérie de fin de règne en un mot.

Pour sa part, le cadre discursif de celui-ci revient sur la tenue de cette grande manifestation culturelle, ce bouillon de culture, en essayant autant que faire se peut de confirmer comment notre analyse se justifie dans la mesure où au vu des choses, le pouvoir en place a effectivement fait montre de son obstination dans le crétinisme , qu’il souffre d’un défaut de crédibilité et témoigne d’une incapacité réelle à organiser des événements de grande teneur orientés vers l’application de décisions qui se conçoivent dans la logique de la mise en place d’une politique de bonne gouvernance.

Comme le montre admirablement Lyonel Trouillot et Pierre Buteau dans Le prix du Jean-claudisme (sld), l’identification dans l’idéologie du paraitre est l’une des meilleures cartes de visite du pouvoir, et à cet égard les chiffres sont largement révélateurs. En l’espace de quatre ans, l’administration politique actuelle en est déjà à la réalisation de sept carnavals et d’un carifesta. Il va sans dire que dans le cadre d’une approche minorée des dépenses, si l’on met de côté les fameuses dépenses effectuées par le bureau de la Primature et le palais national pour les bonnes et basses œuvres du pouvoir, il s’ensuit que le coût financier de chaque carnaval organisé correspond en principe à 100.000.000 de gourdes. Autant dire que pour un nombre de sept carnavals, on est ramené à un total de sept cent millions (700.000.000) de gourdes ; en y ajoutant à ces chiffres la tenue du carifesta, il nous faut conclure à un total de un milliard cent cinquante mille (1.150.000.000) de gourdes de dépenses sacrifiées sous l’autel festif des dieux de la débauche généralisée, de la mauvaise gestion et de la gabegie administrative.

Cette surenchère de la débauche démontre au besoin que le gouvernement en présence ne s’identifie qu’en référence à ce seul état civil : l’accaparement des fonds du trésor public aux fins de satisfaire ses appétits de jouissance et d’oisiveté. Cette attitude de déresponsabilité est d’autant observable à vue d’œil qu’elle atteint son seuil d’expression le plus pathologique dans les conditions dégradantes dans lesquelles s’est tenu le Carifesta. Au regard des faits, et à contre-courant de l’ordre du discours véhiculé par nos dirigeants, Carifesta n’a pas pu ou su atteindre les résultats escomptés. Il se fait que quand on procède à un état des lieux de ce qui est dit et fait en analysant les canaux utilisés, on voit clairement que le pouvoir cherche à orienter les esprits vers une préférence de l’image, une préséance du mot sur la chose. Les effets bénéfiques qu’on lui suppose ont été exagérés en toute conscience.

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