Avant de parler de financement innovant, Lamothe aurait pu proposer une innovation bien plus facilement applicable qui serait de réduire le nombre des membres du gouvernement, de députés et de sénateurs, leurs salaires et leurs frais de fonction, de voyage.. Et le nombre des ambassadeurs qu'il a contribué lui-même a gonflé ?
En lisant la manière dont Lamothe entend remédier à l'aide internationale à partir du "financement innovant", j'ai eu exactement la même pensée que quand ils (Martelly et lui) ont pris la mesure autoritaire de taxer la disapora : raket officialisé en vue.
Lamothe s'appuie sur l'exemple d'une initiative de Douste-Blazy, UNITAID, qui consistait à prélever une taxe sur les billets d'avion afin d'aider à des programmes spécifiques , tels que la lutte contre le sida, dans les pays dits pauvres.
"Le financement innovant"est un concept très prisé en Europe dans la mesure où son objectif ne serait pas tant d'aider les pays dits pauvres, mais d'aider les pays riches à se décharger de la charge de l'aide au développement dont ils souhaiteraient se débarasser.
"Monsieur Tétart a pu souligner, et regretter, la baisse de l’APD de la France, largement en dessous des 0,7% promis, mais bien à son plus bas niveau depuis plus de 10 ans avec seulement 0,36% du RNB français y étant consacré."
Si vous lisez l'article dont sont extraits ces passages, vous verrez que les mécanismes mis en place pour réaliser ce financement innovant sont très éloignés des propositions de Lamothe :
"Nous avons ainsi pu apprécier l’expérience de Rosalie Matondo, conseillère du Président de la République du Congo, rapportant la décision de son pays de taxer le pétrole à hauteur de 10 centimes par baril pour alimenter un fond vert ; ou encore celle de Frédéric Bontems, Directeur du développement et des biens publics mondiaux au Ministère des affaires étrangères, et enfin celle d’Alexandre Naulot, Responsable Financement du Développement à Oxfam, qui nous a parlé de la Taxe sur les transactions financières, effective en France depuis 2012. "
Il ne s'agit pas de taxer les classes travailleuses de la diaspora en les obligeant à suppléer aux budgets de leurs pays. Il s'agirait plutôt de manière légale ( à l'inverse de ce qui s'est passé avec le Fonds national pour l'Education) d'imposer aux acteurs économiques majeurs (les gros importateurs par exemple en Haïti) une taxe évaluée à partir de leurs transactions financières.
Laurent Lamothe qui est loin d'être un crétin, saute sur tout ce qui peut jeter de la poudre aux yeux et remplir les comptes en banque des responsables de l'Etat- dont les siens.
Ne faudrait-il pas d'abord, avant de parler d'aide et de ponction sur les maigres avoir de la diaspora, mettre en place un programme de fiscalisation qui oblige les acteurs économiques majeurs à payer leurs impôts en les menaçant de lourdes amendes ?
Dans tous les pays du monde les recettes fiscales alimentent les budgets des états.
La contribution de la diaspora ne pourrait s'opérer que dans un cadre bien délimité. Il faudrait d'abord qu'elle puisse élire des députés, comme ici en France, il existe des députés des Français de l'étranger. Ensuite, il faudrait que cette contribution s'applique à des programmes ciblés, budjétisés, approuvés par les Chambres, avec un agenda clair d'exécution des travaux.
Rien à voir avec le Fonds national pour l'Education, une improvisation, mise en place volontairement sans cadre, sans budgétisation et sans objectifs chiffrés afin d'entretenir la confusion et l'opacité, terrains propices à toutes les malversations.
Tel que présenté par Lamothe, ce "financement innovant" s'apparente à une énième arnaque ( ce qui n'a rien en soi d'innovant) qui consisterait à ne pas toucher aux gros contribuables, mais à aller chercher l'argent, comme dit dans le commentaire çi-après : "de manière coercitive sur une couche de la population "prisonnière" et sans représentation politique"
Le commentaire :
"Donc si j'ai bien compris, le modèle de "financement innovant" proposé consiste en des prélèvements financiers illégaux (on ne peut les qualifier de taxes, puisqu'elles n'ont jamais été formalisées et sanctionnées par des textes de loi), appliquées de manière coercitive sur une couche de la population "prisonnière" et sans représentation politique, spécifiquement ciblée, la diaspora ???? Ces "microsurcharges" permettent ainsi de mettre sur pied des "boîtes noires" financières au sujet duquel nul ne peut rendre compte de maniére crédible. Dans un pays déjà cloué au pilori pour la prévalence de la corruption, un tel modèle n'est guère encourageant..."
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Laurent Lamothe : " Haïti ne peut pas dépendre exclusivement de l'aide internationale "
Le Nouvelliste.com - Site internet du Nouvelliste quotidien publi� � Port-au-Prince (depuis 1898) : National, International, Haïti, Economie, Culture, Sociét�,Sport, Editorial, Petites Anno...
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