"Mediapart commence la publication d'un texte en trois volets sur la mafia et la peur écrit par Roberto Scarpinato, procureur général au parquet de Palerme. Mémoire historique de la lutte anti-mafia en Sicile, cette haute figure de la justice en Europe n’a cessé de donner un sens politique et historique à son travail de magistrat. Son texte, publié en partenariat avec le MuCEM, offre une plongée saisissante dans les ténèbres de la société sicilienne et du genre humain."
Bon. vous connaissez déjà le truc : il faut payer pour lire l'article.
Et ça vaut la peine de s'abonner.
Même si, par ailleurs, je n'adhère pas du tout, mais pas du tout à la politique de la rédaction de Mediapart concernant les gouvernements de gauche d'Amérique du Sud.
C'est un autre sujet mais pas vraiment.
Sachant que les Etats soutenus par les USA (Mexique, Colombie, Guatemala, Honduras, Panama, RD par exemple) sont amplement infiltrés par la mafia.
Haïti, question trafic de stupéfiants et blanchiment d'argent est bien placée.
En réalité toutes les gesticulations actuelles tournent autour de ça.
Le gouvernement tèt kale, prenant la relève de celui des Duvalier, des militaires, et des FRHAP, se retrouve sous la tutelle de la CI et celle de la mafia.
Se bander les yeux, fermer ses oreilles et se coudre la bouche, c'est ce que font les hommes d'affaires, les journalistes, l'appareil politique et judiciaire et bien entendu les zentellectuels.
On comprend leur peur et leur volonté de maintenir le statu quo.
Ce n'est pas tant que ces femmes et hommes soient totalement insensibles à la dérive de leur pays, c'est qu'ils sont prisonniers de la peur.
La mort du juge Joseph, mort de sa bonne mort dit-on, n'est pas seulement liée à sa décision de faire comparaître le fils et l'épouse du président pour détournement des fonds publics, mais aux intérêts qui se profilent derrière auxquels un procès pourrait mener.
De même pour le cas de M. G. Brandt. Un procès devient dangereux parce qu'il conduit vers des zones obscures habitées par des personnages liés à la mafia.
De même pour le cas de Lamothe, son ex-filtration, empêchant d'approcher ces contrées obscures où les élites flirtent avec le grand banditisme et le blanchiment d'argent.
Mais quel Haïtien est préparé à accepter le fait que son pays est un Narco-Etat-failli et que ses élites roses qui se la jouent à la toute puisssance sont tout bonnement prisonnières. Elles forment un petit gang d'agents intérimaires.
Emprisonnées ni plus ni moins que l'ensemble des Haïtiens. A la différence qu'elles peuvent, elles, jouir des bénéfices de cette soumission.
Derrière l'impuissance des élites haïtiennes à régler des problèmes apparemment simples de management, se trouve la peur.
Quand elles déplacent une pierre, elles ne sont pas assurées de savoir ce qu'elles vont découvrir en dessous. Donc il vaut mieux, pour éviter toute mauvaise surprise, ne rien déplacer et maintenir le statu quo.
Quelle est la position de la CI face à cette situation ?
Elle s'en fout.
Pas plus qu'elle ne s'intéresse aux étudiants mexicains faits disparus par la mafia ou à la population emprisonnée de Sicile.
Ce qui est important pour elle, c'est la poursuite du fac-similé de démocratie permettant de protéger ses intérêts.
Ce à quoi s'emploient les propagandistes roses sur l'ensemble des réseaux sociaux et dans les média haïtiens, c'est de propager cette peur, de discriminer l'ensemble des Haïtiens, de salir la réputation de quiconque lève un voile ou de l'assassiner, afin de s'assurer que le business continue as usual.
Quels sont les Haïtiens capables de lire ce dessous des cartes ?
Ils sont peu nombreux.
Et de plus, cette minorité consciente, celle qui sait pertinemment que le gouvernement d'Aristide a été renversé par les trafiquants de drogue : " Ce n'est par l'argent qui nous manquait" dixit Guy Philippe, sait aussi parfaitement que s'engager dans un combat contre ceux qui détiennent le pouvoir de l'argent et des armes équivaut à un arrêt de mort.
De même qu'en Sicile.
Ce pourquoi, on ne devrait pas être étonné de la candidature de Jovenel Moïse, du financement occulte de sa campagne, de son score phénoménal aux élections et du soutien de la CI.
En Haïti comme en Sicile, la mort triomphe.
L’exemple cité est valable pour toutes les catégories sociales. Si vous êtes un homme politique ou un représentant des institutions, le pouvoir mafieux vous demandera d’intervenir pour l’aider dans ses affaires ou pour protéger ses membres. Dans tous les cas, on vous demandera d’être passif, inerte, de ne pas faire obstacle. Si vous refusez ou si vous faites entrave, vous risquez d’être tué, comme c’est arrivé à des hommes politiques de premier plan, le président de région Mattarella cité précédemment, ou Pio La Torre, secrétaire régional du parti communiste et d’autres encore. Ceux qui jouent les médiateurs sont souvent, dans ces cas-là, des personnages insoupçonnables : les cols blancs de la mafia, des gens de votre classe sociale, qui ont fréquenté les mêmes écoles que vous, qui fréquentent les meilleurs salons et qui, secrètement, sont des chefs de la mafia ou en sont complices pour des raisons de pouvoir ou d’argent.
Si vous êtes médecin, on vous demandera par exemple de pratiquer une consultation légale visant à déclarer que tel mafieux ne peut pas rester en prison, ou de falsifier une expertise garantissant l’impunité pour des assassins. Si vous ne le faites pas on vous tuera, comme c’est arrivé au docteur Paolo Giaccone, médecin légiste palermitain assassiné en 1992 pour avoir refusé de falsifier une expertise dactyloscopique, ce qui aurait évité à un mafieux la prison à vie.
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Mediapart commence la publication d'un texte en trois volets sur la mafia et la peur écrit par Roberto Scarpinato, procureur général au parquet de Palerme. Mémoire historique de la lutte anti-m...
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