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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Le réseau des voleurs de terre serait-il lié à celui des "organisateurs" de l'émigration ?

Publié par siel sur 21 Août 2016, 20:33pm

Catégories : #AYITI ROSE RAKET, #REFLEXIONS perso

Je lis que le Sénateur Jean Renel Sénatus dénonce les bandes organisées en réseaux qui vont de l'arpenteur, en passant par la Police pour arriver à la Justice pour s'accaparer terres et maisons.

Sous les 2 Duvalier, et Mme Bennett l'a elle même mentionné, des propriétés de dits kamoken (opposants aux Duvalier)  étaient récupérés par les duvaliéristes.

Je lis dans lemême texte que Daniel Supplice, intervient en tant que " sociologue" pour expliquer que ce fait est lié à l'esclavage  parce que tout ancien esclave désirait être propriétaire.

Bullshit. Enfumage.

M. Supplice veut, encore une fois, comme dans le cas des Haïtiens en RD démunis de pièces d'identité,   se dédouaner d'une pratique courante sous le régime qu'il a fidèlement servi en faisant appel à une sociologie de comptoir.

 

Les Roro Nelson et autres voleurs de terre font partie du même courant politique que Supplice. Ils sont tout comme lui des tèt kale roses, héritiers des pratiques mortifères du duvaliérisme.

Vous savez combien de propriétés ces gens-là se sont attribués, notamment à la Grand'Anse, le pays de mes ancêtres ?

Parce que si dans la culture haïtienne, se retrouvent plein de survivances des moeurs et coutumes esclavagistes, le rapt des terres et des biens qui se poursuit au XXIème siècle est lui,  une conséquence du rapport de forces  entre ceux qui ont les armes, l'argent et les protections et ceux qui n'ont rien d'autre que curés, pasteurs et ougans qui leur promettent la première place au ciel. Et les ONG qui leur inculquent "la philosophie de la résilience" liée à celle de "l'exil volontaire" de Duvalier François et de ses disciples.

S'accaparer les terres est une réalité qui remonte à la dite découverte des Amériques (le Mexique en a fait les frais, ayant été amputé d'une grande partie de son territoire) et de la colonisation. Ces derniers temps ce phénomène, du fait de de la mondialisation, s'est amplifié. Dans tous les pays du Sud, les gens du Nord font main basse sur des terres agricoles pour parer à l'avenir de leurs populations.

Les Chinois, malgré l'immensité de leur pays, mais vu l'importance de leur population, s'y sont mis également. Pas seulement dans les pays du Sud, mais également en Europe, en France par exemple où ils rachètent des propriétés foncières.

Mais, il y a une différence entre achat - même si cela se passe au dépens des populations locales - et vol.

 

En Haïti, il ne s'agit  pas de racheter. Mais de s'approprier, voler, parce qu'on a avec soi le réseau :  force armées, mercenaires, milices,  justice, administration qui permet ces exactions, comme on l'a vu dans le cas de Mme Duperval faisant signer un contrat à quelqu'un qui n'a aucun droit sur la propriété en question.

L'Haïtien qui lit et écoute les propos des directeurs d'opinion, des zentellectuels,  croit en leur bonne foi. Il est loin de se douter que ces gens-là, fort souvent, appartiennent aux réseaux qu'ils dénoncent dans leurs édito et dans leurs émissions de radio.

M. Opont, en est un exemple.

L'Haïtien lambda, n'a pas intégré le phénomène des réseaux criminels. On l'a installé dans une configuration: bien versus mal.  Camp du bien contre camp du mal

Même quand,  à sa stupéfaction, il découvre que  le "camp du bien" accouche d'un C. Brandt, il lui est carrément interdit par les media de comprendre que le réseau de Brandt fonctionne avec celui d'Avril, Namphy, Chamblain, Cédras,  Guy Philippe, Michel François qui fonctionne avec celui des Martelly, Cinéas, Latortue, Lamothe, Estimé, Roro Nelson, Acra  and co. qui sont liés directement ou indirectement à celui des des Clinton, lequel domine Haïti.

Evidemment, comme déjà dit, chacun des groupes a son propre territoire. Travaille en liaison avec les autres à travers de multiples passerelles. Mais, parfois, peut  se retrouver en conflit avec une autre bande qui veut le lui ravir.  Il n'est pas impossible que C. Brandt ou E. Daniel  aient été des victimes de ces luttes intestines.

 

De sorte que, on peut émettre l'hypothèse d'un réseau de passeurs, travaillant aussi bien avec l'administration, des journalistes, des "moun de byen". Et des trafiquants de drogue.

Si nous réfléchissons un tant soit peu, qui nous dit que parmi ces centaines d'Haïtiens " courageux" encouragés à partir, ne se trouvent pas des mules ? C'est-à-dire des personnes chargées de convoyer de la drogue.

Qui nous dit que ces gens, poussés par "la philosophie de l'exil volontaire à quitter Haïti afin "d'aider au train de vie de l'économie haïtienne" ne sont pas également poussés à vendre leurs biens à certaines personnes ?

Ou bien carrément à les abandonner à ces personnes en échange de quelques dollars pour faire la traversée ?

Les Haïtiens qui se sont penchés sur les relations entre le duvaliérisme et la mafia se comptent sur les doigts d'une main.

Or, ces liens, en dehors du soutien énorme de la CI/USA à la dictature, ont été ceux qui ont aidé ce régime à perdurer, à celui des militaires de jeter et Manigat et Aristide et à Martelly et son groupe de "bandi legal" d'imposer leur ordre dans le pays.

Une alliance que les documents déclassifiés de la CIA montrent.

Beaucoup de crimes non élucidés - et pour cause - que les "moun de byen" , ceux prétendument appartenant au camp du bien attribuent aux ratpakaka, c'est-à-dire aux miséreux , Noirs et analphabètes qu'ils méprisent - ont des commanditaires.

En RD, les journalistes ne font pas semblant  d'ignorer ces connections. Même si, comme en Haïti, du fait de la corruption au sein du système judiciaire, "l'enquête se poursuit".

 

Comment sortir des multiples bras de cette pieuvre qui étrangle le pays et ses habitants ?

D'abord il me semble qu'on ne peut pas résoudre un problème s'il n'est pas correctement posé.

L'une des premières choses serait de ne pas écouter les contempteurs des Haïtiens, les locaux comme ceux de l'Internationale. De mettre ces gens-là qui font tant de mal au pays à l'index. De fermer les oreilles à leurs ritournelles à connotation raciste sur l'incapacité quasi génétique des Haïtiens à gérer leur pays.

A ce discours méprisant et démoralisateur, il faut opposer celui qui montre que l'oligarchie haïtienne et sa classe moyenne avec la CI ne sont pas incapables de gérer Haïti, ils la gèrent en fonction de leurs intérêts à court terme.

Pas besoin pour celà de refaire l'histoire et de remonter à Dessalines et aux luttes entre descendants d'affranchis et de Marrons, il suffit d'étudier le cas récent des fonds petrocaribe et de leur gestion.

 

La deuxième serait de se focaliser sur la construction de réseaux constitués de progressistes qui mènent des actions concrètes visant à la défense des intérêts du peuple haïtien - et non à des bla, bla, bla  et à des zen.

La lutte menée pour que l'ONU reconnaisse sa responsabilité dans l'introduction du choléra en Haïti est un exemple à suivre.

Cette lutte a été menée par un petit groupe, sans l'appui des intellectuels qui se définissent comme tels, sans celui des partis politiques, média et gouvernement.

Un autre  exemple est celui de la lutte menée contre la "dénationalisation" des Dominicains d'origine haïtienne. Principalement par la diaspora du Canada, des USA et de progressistes internationaux.

Un autre  exemple encore est  la lutte qui a été menée contre les actions arbitraires des tèt kale roses à l'Ile-à-Vaches et qui ont permis la libération d'un des leaders paysans, emprisonné pendant  plusieurs mois sans charges retenues contre lui,  si ce n'est au motif de s'opposer au programme de dap piyan des tèt kale de l'île.

Et qui grâce, encore une fois, aux protestations venues de la diaspora - pour une fois celle de France s'est manifestée - qui ont permis de lui donner un écho international et ont abouti à la libération de Jean Malthunes Lamy, ce policier-militant de l'Ile-à-Vaches, président de l'association KOPI qui défend les droits des habitants de l'île.

 

Vu le rapport de force qui n'est pas en faveur des progressites, l'exemple  à suivre est celui de Mario Joseph avec son alliance avec des progressistes étrangers.

C'est ce qui avait été initié avec le cas de l'apatridie des Dominicains d'origine haïtienne et que le gouvernement tèt kale, dont Supplice, et les réacs sur  les réseaux sociaux haïtiens  ont fait  échouer.

Mais ce n'est que partie remise.

Nous devons comprendre que, même s'ils se parent de rose et de blanc, jouent aux angelots dans les dîners en blanc,  ceux qui radotent constamment sur Lavalas, sur Aristide pire qu'Hitler, sur le temps où les macoutes étaient de bons macoutes qui obéissaient à leurs chefs, où les rues étaient propres, que le créole et le vodou sont responsables des violences et du sous-développement d'Haïti  et autres conneries, sont des ennemis du peuple haïtien.

Des ennemis qui instrumentalisent  les échecs par eux  fomentés de la  "transition démocratique" pour présenter leur système mortifère comme le paradis. Et persévérer dans la prédation.

Et, pour les amnésiques, ces quelques liens sur les conflits terriens sous le régime rose tèt kale.

 

 

 

 

 

 

 

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