Quelques-uns des "joueurs" :1- Latortue Y et Mme Manigat, 2- Latortue Y. et M. Martelly, 3- Ms. Bellerive, Martelly et Bill Clinton, 4- Ms. Bill Clinton et Latortue Y.
Mme Manigat a fait officiellement son "coming out".
Ceci dit, elle avait auparavant, au moment où l'enquête de Nuria, la journaliste de la RDn était sortie, déclarée avec beaucoup de prudence que, si le RDNP avait reçu de l'argent de Bautista, elle n'était point au courant, ne s'occupant pas des affaires financières de son parti.
Maintenant, elle nous dit qu'elle ne se souvient pas de la somme exacte, - bien qu'il lui aurait suffi de vérifier ses comptes puisque le chèque a été émis à son nom propre et non pas à celui du parti.
Mme Manigat nous offre même quelques précisions sur l'utilisation de la somme qui lui a été offerte et dont elle ne connait pas le montant exact. Elle aurait servi à faire des affiches, des banderoles et autres produits pour sa campagne.
Etant donné qu'il n'existe pas en Haïti de vérification des comptes des partis, tout ça restera dans le flou, sans factures, ni bons de commande portant justificatifs des dépenses et donc de la véracité de ses dires.
Un secret de polichinelle.
De son côté, M. Latortue Y. qui faisait partie du bureau de campagne de Mme Manigat, continue à faire comme s'il n'était au courant de rien.
Or, nul n'ignorait la réalité des faits, prouvés par les photocopies des chèques publiées dans les journaux de la RD.
Or, voici que Latortue Y. envoie son ex-camarade à l'échafaud.
La maneuvre est habile.
Dans la mesure où :
- le chèque a été émis au nom de Mme Manigat et pas à celui du parti.
- les autres membres du parti ou ceux comme Latortue Y. qui dirigeaient sa campagne ne peuvent être tenus pour responsables.
- même si le montant de ce chèque aurait été partagé, soit par des dons en espèces, soit par chèques, il s'avèrerait fort diffcile, si ce n'est mission impossible de le prouver dans un pays comme Haïti.
Pas pris, pas coupable.
En poussant Mme Manigat à passer aux aveux, par l'intermédiaire du président du Sénat qui participe à la maneuvre (un kouzen de l'Artibonite ?), M. Latortue Y. a son parapluie déjà ouvert.
De même qu'en se servant de M. Larêche pour le courrier envoyé à Martelly, et non pas de sa fonction de président auto-proclamé de la Commission anti-corruption, Latortue Y. l'attaque de biais. Ne pas oublier que, comme dans le cas de Mme Manigat, les chèques de Bautista ont été émis au nom de Martelly et non pas à celui de "Repons peyizan", à l'époque sa plateforme politique. D'ailleurs à cette époque Latortue faisait campagne contre lui.
Conclusions
1 - Même si Latortue Y a servi Manigat puis Martelly, deux personnes impliquées dans ce pot-de-vin. Car il s'agit bien de pots-de-vin, vu que les chèques sont émis au nom de ces deux individus - Latortue Y. peut faire valoir, - et à juste titre en l'absence de preuves - qu'il n'était pas au courant et qu'il n'a pas été un des bénéficiaires de ce "don".
2- L'attaque contre son ex-allié Martelly, vise Bellerive, un protégé des Clinton - qui dans l'état actuel des choses ne peut être directement pris à parti. Il faut avoir en tête que Latortue Y, tout sénateur qu'il est, est un ex-flic. Et que les méthodes aplliquées dans la police lui servent d'expérience dans sa conduite de ces affaires et des buts qu'il poursuit.
Lesquels ne sont aucunement d'accumuler du matériel pour une éventuelle mise en accusation de Manigat, Martelly ou Bellerive et co., mais de déstabiliser le gouvernement Privert afin d'être recruté pour intégrer la nouvelle bande de dirigeants.
Ce monde-là est trop imbriqué comme des Lego pour que la chute de l'un n'entraîne pas celle des autres.
3 -Et enfin pour dissuader toute velléité de quiconque qui viserait à mener une enquête sur ses propres activités.
C'est du "je te tiens, tu me tiens par la barbichette". Une forme de chantage et d'obstruction à la justice en la remplaçant par une "justice cinéma".
Mirlande Manigat reconnaît que son parti a reçu de l'argent d'une firme dominicaine
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