Bon. Vous savez que le travail de ce journaliste jusqu'à preuve du contraire est une sorte d'exception dans le pays paysage médiatique haïtien. Déjà le type n'aboie pas, ce qui est un repos pour les oreilles. J'apprécie la manière franco de port avec laquelle il aborde les sujets - avec néanmoins des réserves : son apologie de la peine de mort basée sur de l'émotion mais pas par son efficacité non démontrée Preuve : les pays qui l'ont abolie comptent parmi ceux où la criminalité est en baisse. L'exemple inverse : les USA.
Ce n'est pas la peine de mort, les coups de fouets, les tortures, les mains coupées qui provoquent moins de criminalité en Arabie Saoudite par exemple. Si c'était le cas, il n'y aurait absolument plus de crimes dans ce pays. Ce qui joue un rôle, c'est l'argent du pétrole distribué à une population peu nombreuse. D'autre part, le nombre important d'immigrés mal payés, mal traités sur lesquels l'Etat autorise ses nationaux à passer leur colère et frustration. Ces immigrés bouc-émissaires, les dollars, servent de soupape à une société emprisonnée.
Bon. Revenons à Guerrier Henry et à son idée que la diaspora pourrait être une sorte de guide pour ceux qui vivent au pays. Ce serait possible si cette diaspora n'était pas elle-même prisonnière en France, au Canada et aux USA de personnes qui ont les mêmes profils que ceux qui tiennent le haut du pavé en Haïti : églises, associations, radios, télé... Lesquels se considèrent comme supérieurs et les membres de la communauté comme leurs ouailles. Et non pas des égaux. Le même fonctionnement stupide qui sévit en Haïti est répété ici.
D'ailleurs, Martelly ou Jovenel Moïse étaient peut-être plus populaires dans la diaspora qu'en Haïti même. Si on prend l'exemple de Paris où je vis, les directeurs d'opinion, c'est-à-dire les quelques journalistes et intellectuels qui glosent sur la situation en Haïti ne portent jamais de critiques qui peuvent aider à comprendre les dysfonctionnements de la société. Généralement, ils pensent de préférence à jouer aux chefs ici; et à travailler à le devenir en Haïti.
Ce qui explique leur silence face aux abus de Martelly entre autres ses per diem faramineux, ses grossièretés faites également ici à Paris publiquement, mais jamais rapportées ni par les journalistes de la diaspora présents, ni par les heureux élus locaux qui avaient le privilège d l'accompagner dans ses voyages à l'étranger.
Le seul projet cohérent d'organisation de la diaspora était celui de Georges Anglade décédé lors du séisme. Il s'agissait d'élaborer des projets, de les présenter à la diaspora et de leur proposer de les financer à partir d'une contribution minime et régulière.
Bien évidemment, ce beau et excitant projet n'a pas plu à ceux qui voient d'un mauvais oeil l'éventualité que la majorité des Haïtiens sortent de leur zombification, de leur état de mineur, de leur "résilience" qui autorisent l'exploitation de cette majorité par une minorité. Exactement comme du temps de l'esclavage.
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