De Claire Clamont d' "Amour", à Yvonne Hakime Rimpel de "Femmes au temps des
carnassiers", en passant par Rosalie Bosquet connue sous le nom de Madame
Max Adolphe, d'"Un alligator nommé Rosa", Michèle Voltaire Marcelin, en
complicité avec le pianiste David Bontemps, met en scène les personages
tirés des romans de Marie Vieux Chauvet et Marie-Célie Agnant dans un "One
Woman Show" sur la scène du Centre des Arts de la Maison d'Haïti.
" J'ai découvert dans l'horreur de la solitude, que la société ne mérite pas qu'on lui sacrifie un étron. La société s'abrite derrière une barricade d'imbécillités. Elle est la première à estropier la liberté. Naître, souffrir, vieillir et mourir dans la résignation, tel est notre lot si nous ne secouons pas le joug. Le bonheur est fugace. Il faut un brin de folie pour l'attraper au vol. La vie n'est pas prodigue envers beaucoup d'entre nous. Que m'a -t-elle offert à moi? Rien. Je n'ai pas su m'imposer et elle m'a oubliée. " -
(Amour, Colère et Folie - Marie Vieux Chauvet)
" Seule parmi les carnassiers, les bourreaux, les inquisiteurs, les idéologues, les moqueurs, les fossoyeurs. Seule. Le juge frappe de toutes ses forces, réclamant Silence ! Mais je refuse. Je refuse le bâillonnement. Les mots, continuent à se bousculer dans mes entrailles, montent vers mes tempes, envahissent ma bouche. Ma voix refuse d'être prisonnière, explose, et je parle ! Je parle avec la certitude que les mots montent du sol vers moi. Ils sortent de cette terre gorgée de sang, sang de la multitude bâillonnée. Et je crie: "Je suis un arbre à mots !" -
(Femmes au Temps des Carnassiers - Marie-Célie Agnant)
"Appelez-moi comme vous voulez! Tonnerre qui incendie, chacal qui dévore, hyène qui tue, alligator qui déchire pour s'enivrer de l'odeur du sang. Aucune importance. Je sais qui je suis. Une justicière, à qui on a assigné la tâche d'assainir son pays, de le débarrasser de tous les empêcheurs de tourner en rond. J'ai respecté ma mission. J'ai accompli mon devoir. J'ai travaillé pour la postérité. Ne vous trompez pas ! Je vais mourir de ma belle mort. Et demain, après-demain, plus tard peut-être, vous et toutes les autres bonnes âmes, vous pourrez adopter le ton de circonstance habituel, pour parler des milliers de victimes de la dictature. Vous les alignerez, tout comme on aligne une rangée de cierges, avant de souffler sur leur mémoire, et les éteindre, pour toujours." -
(Un Alligator nommé Rosa- Marie-Célie Agnant)

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