Dès la défaite de Mme Manigat devant Martelly, en mettant de côté les interventions de la CI pour faire gagner Martelly, j'avais écrit 2 choses :
1- Que les méthodes dites "sucias" sales de Solà avaient servi à intimider et même faire peur à Mme Manigat.
Antonio Solà avait commencé par lancer, - via ses robots : Jsudist, RochorRoche,Jude, Alsov, NaptravaypouHaïti, Soifdemonpays, lepetitbateau, trouillot, et le reste d'affreux "kakamen"', c'est-à-dire des personnes formées à utiliser des insultes scatologiques, employées pour intervenir sur le net - une rumeur qui disait que Mme Manigat avait "volé" à Mme Chancy, l'épouse de Manigat à l'époque, son mari et que cette dernière avait fait une attaque cérébrale qui l'avait laissée paralysée.
Comme vous pouvez le comprendre l'idée que sa vie puisse être exposée et qu'elle soit salie ne pouvait pas enchanter Mme Manigat - comme A. Solà a l'habitude de le faire contre les adversaires de ses poulains dans toutes les campagnes électorales qu'il a menées - c'est ainsi qu'a été faite sa réputation de mercenaire spécialiste des méthodes sucias, sales, porno, scato et diffamatoires.
L'extrait traduit ici, vient d'un discours d'Antonio Solà, donné le 4 juin à Carthagènes en Colombie, dans lequel il explique aux hommes politiques les points importants pour gagner des élections.
Parmi ses points, connaître son adversaire comme soi-même. C'est-à-dire aller fouiller dans les poubelles de quoi ternir sa réputation, l'affaiblir et même le forcer à ne plus faire campagne pour cause de menaces de dévoilement de secrets familiaux.
Donc, Martelly imposé au second tour par les 2 Clinton, remportera les élections non pas parce que 400 000 personnes ont voté pour lui, mais surtout parce que Mme Manigat n'a pas mené la campagne sur la moralité du candidat amateur de baisser de pantalons en public, de peur - et c'est vraiment une sottise, comme celle qu'elle avait faite de ne pas accepter le poste de sénateur - de voir étaler son histoire d'amour avec son prof, un classique, qui se concrétisera par un mariage après que L. Manigat ait divorcé.
Mme Manigat a eu peur - encore une fois à tort - des robots de Antonio Solà qui se préparaient déjà à la décrire comme la "femme la plus dangereuse d'Haïti", une voleuse de maris, une femme à laquelle les autres femmes ne pouvaient pas faire confiance, etc. Bref, à la badigeonner des pieds à la tête de matières fécales.
Si Mme Manigat avait été mieux entourée, si elle n'avait pas eu à ses côtés précisément des gens comme : Latortue Y, Rému H., qui racontaient à l'autre camp tout ce qui se passait dans sa campagne. Moyennant quoi les 2 furent rétribués par des postes de conseillers et pour Rému Himmler, un ministère par la suite.
Si Mme Manigat n'avait pas commis cette faute impardonnable d'accepter un chèque de Bautista - à mon avis un piège qui lui a été tendu, Bautista au courant de son manque d'argent - dans lequel elle est tombée, elle aurait pu attaquer Martelly sur ses relations avec Bautista.
Si donc Mme Manigat avait eu le courage de ne pas tomber elle-même dans la corruption et de faire campagne en démontrant que M. Martelly n'avait ni les compétences intellectuelles, ni les valeurs morales pour être à la tête de l'Etat, qu'Haïti de par son histoire méritait mieux que ça, elle aurait gagné.
2- Ma deuxième remarque était que l'Espagnol, naturalisé mexicain ( et peut être haïtien) , Solà avait compris qu'il fallait enraciner la campagne et de Martelly et de Jovenel Moïse dans des histoires, des contes à dormir debout, parce que les Haïtiens encore plus que d'autres peuples, dans la mesure où un grand nombre d'entre eux est illettré, que les autres ne lisent pas et sont soumis à l'évangile des media, et qu'en plus de cela, leur culture magico/mystico/catholique, évangélique/vaudou, ennemie de toute forme de sciences, leur permettait de croire à tout et n'importe quoi.
Antonio Solà a dit que les Haïtiens étaient des canards sauvages. Une façon de dire qu'il est possible sans déployer de grands efforts de les duper.
Plus l'histoire est invraisemblable - comme celle des bananes que l'inculpé fait-président allait exporter - plus les Haïtiens y croient. Il suffit de leur balancer une vidéo où le type raconte toutes sortes de craques, d'un ambassadeur d'Allemagne complice, de journalistes à la botte pour que les Haïtiens ne tentent même pas d'analyser la faisabilité du projet.
Plus l'histoire est factuelle, vérifiable - comme le rapport de l'UCREF concernant l'inculpé, moins ils y croient. Pourtant, il y a des chiffres sur ces 14 comptes en banque, des dépôts faramineux en espèces, des entrées et sorties d'argent le même jour, des chèques" à qui vous savez". Tous les éléments sont sous leur nez qui mériteraient une enquête approfondie.
Eh bien, pour les Haïtiens, dans leur mode de pensée, un peu bizarroïde, plus les faits sont vérifiables, plus ils sont faux. A l'inverse, plus les faits évoqués s'appuient sur une rumeur, plus ils sont vrais.
Il paraît que c'est en rapport avec la culture du soupçon. Une sorte de délire collectif à tendance paranoïaque dans lequel agressivité, méfiance et jalousie occupent une place importante. Vous avez remarqué qu'un des arguments passe-partout de certains Haïtiens face à tout désaccord et critique : se jalou nou jalou. La jalousie explique tout, est une réponse à tout. Ils ont fait le tour de la question pour revenir au point de départ, en s'assurant ainsi de ne rien changer.
D'ailleurs, à propos de l'UCREF, vous avez entendu la prestation de l'inculpé au micro de ses amis journalistes de Scoop et de Caraïbes FM : le type utilise exactement les arguments émotionnels, hors logique qu'il sait devoir plaire aux Haïtiens. A savoir que le rapport de l'UCREF était une machination des méchants qui n'aiment pas voir quelqu'un, lui, de sa classe sociale, de sa couleur réussir, avoir de l'argent, des jaloux, etc. Wen, wen : les méchants veulent ma peau, ils me haïssent moi, l'élu de dieu, l'homme sans reproches parce que je leur suis supérieur ( une des tendances du parano, c'est de se croire supérieur à tout le monde) .
Evidemment, c'est totalement ridicule, mensonger et faux, puisque l'inculpé fait-président a été managé par Antonio Solà qui lui a fabriqué une histoire - une expérience d'homme qui aurait réussi dans les affaires, sans avoir même à montrer, à donner en exemple une seule affaire - en dehors de l'arnaque d'Agitrans - dans laquelle Moïse Jovenel aurait réussi. Rien que du pipeau.
Peu importe. Aucun journaliste haïtien n'ira enquêter - ce n'est pas leur boulot, lequel se limite à répéter ou à retranscrire ce qu'on leur demande de dire.
Les journalistes étrangers, sont au parfum, ils ont même tous les détails, mais ils n'en ont rien à faire qu'Haïti ait à sa tête un inculpé pour soupçon de blanchiment d'argent. Peut-être qu'un jour ils écriront un livre à partir de leurs notes et conversations avec les gens de l'oligarchie et de la classe moyenne supérieure, qu'ils fréquentent
Et l'affaire d'Agitrans, vous entendez l'inculpé fait -président en parler ? Niet. C'est comme si son super projet n'avait jamais existé. C'est comme s'il s'était agi d'un rêve. Et il continue avec l'audace qui le caractérise - il faut avouer qu'Antonio Solà avec Martelly et Jovenel Moïse a trouvé deux bons clients qui, question, mensonge arrogance et audace, ont un nombre limité de concurrents en face d'eux.
Il faut voir aussi Martelly, le type qui raconte ses histoires de "deux queues" sur un char avec sa fille à ses côtés, se transformer au micro complaisant d'un de ses amis journalistes en homme vertueux, en donneur de leçons de morale.
Martelly et Moïse Jovenel appliquent exactement les leçons apprises auprès de l'Espagnol naturalisé mexicain Antonio Solà. Ils jouent la comédie, ils fabulent, ils racontent des histoires fausses enveloppées des sentiments les plus primaires pour exciter les émotions des gens et les faire basculer dans le monde névrotique des illusions. Voir le mythe de la caverne.
“Cuenta historias”, dice. “Las historias son hechos envueltos en emociones. La gente quiere escuchar historias y estas permiten generar afecto, confianza y credibilidad. A la gente la mueven las emociones primarias: ira, amor, venganza (…) a partir de ahí es que construye la decisión del voto”, agregó.
TRAD
"Raconter des histoires", a-t-il dit. "Les histoires sont des faits enrobés d'émotions. Les gens aiment écouter des histoires et celles -ci permettent de générer de l'affect, de la confiance et de la crédibilité. Le gens sont émus par des sentiments primaires : colère, amour, vengeance (...) c'est à partir de cela qu'ils font leur choix de vote" a-t-il ajouté.
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