Vous savez qu'aujourd'hui, jeudi, c'est l'examen de philosophie du bac.
La thématique de la justice et le droit fait partie du programme.
Un programme que j'ai aidé un jeune homme à réviser. Je lui souhaite bonne chance.
A cette occasion, je suis tombée sur cet extrait de texte de "La République " de Platon, qu'il me paraît intéressant de soumettre à la réflexion de mes lectrices et lecteurs, en relation avec la situation d'Haïti qui a à sa tête un inculpé et un Premier ministre qui ne paie ses impôts que quand ce poste lui est offert...Et les conséquences prévisibles qui découlent de cette réalité.
A mon humble avis, plutôt que de se focaliser sur Machiavel, les étudiants haïtiens auraient tout intérêt à se pencher sur les textes de Platon.
Socrate dialogue avec Thrasymaque.
Mais fais-moi la grâce de répondre encore à ceci : crois-tu qu'une cité, une armée, une bande de brigands ou de voleurs, ou toute autre société qui poursuit en commun un but injuste, pourrait mener à bien quelque entreprise si ses membres violaient entre eux les règles de la justice ?
Certes non, avoua-t-il. Mais s'ils les observaient ? Cela n'irait-il pas mieux ?
Certainement.
En effet, Thrasymaque, l'injustice fait naître entre les hommes des dissensions, des haines et des luttes, tandis que la justice entretient la concorde et l'amitié. N'est-ce-pas ?
Que cela soit ! dit-il, afin que je n'aie point de différend avec toi.
Tu te conduis fort bien, excellent homme. Mais réponds à cette question : si c'est le propre de l'injustice d'engendrer la haine partout où elle se trouve, apparaissant chez des hommes libres ou des esclaves, ne fera-t-elle pas qu'ils se haïssent haïssent, se querellent entre eux, et soient impuissants à rien entreprendre en commun ?
Sans doute.
Mais si elle apparait en deux hommes ? Ne seront-ils pas divisés, haineux, ennemis l'un de l'autre et des justes ?
Ils le seront, dit-il.
Et si merveilleux ami, l'injustice apparaît chez un seul homme, perdra-t-elle son pouvoir ou le gardera-t-elle intact ?
Qu'elle le garde intact ! concéda-t-il. Donc ne semble-t-elle pas posséder le pouvoir en quelque sujet qu'elle apparaisse, cité, tribu, armée ou société quelconque, de rendre d'abord ce sujet incapable d'agir en accord avec lui-même, à cause des dissensions et des différends qu'elle excite, ensuite de la faire l'ennemi de lui-même, de son contraire et du juste ?
Sans doute.
Platon, République, Livre 1

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