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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Archives février 2017. Coke en stock (CXX): en Haïti, les ravages de l’ouragan Sweet Micky

Publié par siel sur 21 Octobre 2017, 18:54pm

Catégories : #AYITI ROSE RAKET, #AYITI EXTREME DROITE, #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER

Une décision prise à Pétion-Ville, fief de l’ancien dealer Jacques Beaudoin Ketant. Martelly lui avait choisi au dernier moment un tout autre dauphin : Jovenel Moïse, un nouveau venu sur la scène politique, un industriel de la banane « écologique » né à Trou du Nord; l’endroit préféré des atterrissages d’avions clandestins !!! Un homme dont le revirement subit de la vente de voitures à l’exploitation de la banane tient beaucoup au prêt équivalant à 5,7 millions d’euros du gouvernement de Michel Martelly pour créer son projet Agritrans S.A…, au milieu d’un vaste projet d’aménagement agricole et industriel autour de Trou du Nord. « Sa courte carrière politique a été financée par de grands industriels et des membres de l’élite économique, la même minorité aisée qui entourait M. Martelly » lit-on ici.

Un sénateur de l’opposition le fera vite remarquer, en clamant haut et fort que dans l’exploitation Agritrans de Caracole de Moïse, nouveau président élu, était dissimulée une piste d’atterrissage clandestine (comme ici au Pérou à Ayacucho), ce que le nouveau président élu s’était fort rapidement empressé de rejeter... bananeraie en faisant visiter l’exploitation aux journalistes !!! Manque de chance pour le nouveau président-bananier, des images de Google Earth ruinent un peu sa visite guidée, car on distingue très bien une piste aménagée en bordure de ses plantations, un peu plus au sud-ouest d’où avait été menée la visite journalistique (au 19°38’34.22″N et 72° 2’46.93″O)…

Apparue après 2014, elle fait environ une trentaine de mètres de large et plus de 400 de long, et semble bien flanquée de ce qui pourrait être des plots pouvant contenir des bidons servant de feux de piste ou d’indicateurs de décollage, comme c’est le cas sur les pistes des avions de type « crop dusters ». Certes, les bananes ont besoin de produits phytosanitaires (3)… mais où est en cas le label « écologique » (nota l’avion est un Ayres Thrush Commander S2RT pris en photo à Margusan, dans les Philippines). Traitement ou piste clandestine, dans un cas comme l’autre c’est plutôt embarrassant pour « Mr Banane Ecolo » devenu président !

Archives février 2017. Coke en stock (CXX): en Haïti, les ravages de l’ouragan Sweet Micky

Il en aura fallu du temps aux américains pour lâcher définitivement Michel Martelly, dont ils avaient soutenu la candidature en 2010 (appelé « Sweet Micky »dans une vie antérieure, ici à droite) : comme à l’habitude, c’est dans le New-York Times qu’on a pu s’en apercevoir dans un article au vitriol sur le régime, mais un article bien tardif puisque sorti le 16 mars 2016 seulement.  Intitulé « Le pouvoir en Haïti se renforce alors que les scandales éclatent » indiquait bien la tendance : plus la fin de règne arrivait, et plus Martelly-Micky avait de mal à dissimuler les côtés sombres de sa gouvernance ou de sa propre personne, en tentant de minimiser ses erreurs ou son implication directes dans des actions douteuses.  D’où une gouvernance par décrets (les mauvaises langues évoquant le 49.3 si cher à l’ex-premier ministre français).  On y avait, dans cet article, découvert pas mal de choses peu recommandables : parmi elles, une sombre histoire… de kidnapping, déjà.  Et l’ingérence palpable du pouvoir dedans.

 L’éviction d’un ministre plutôt tenté de s’en prendre au crime organisé, notamment : « Le dernier premier ministre de M. Martelly, Laurent Lamothe, était considéré par beaucoup comme responsable de la répression contre les enlèvements et la criminalité organisée.  Mais M. Lamothe a été poussé dehors en décembre quand la crise politique entre l’administration et les partis d’opposition a atteint son apogée.  Parmi ceux qui ont protesté dans les rues exigeant l’éviction de M. Lamothe il y avait M. Saint-Remy, le frère de la première dame, qui avait admis qu’il a vendu de la drogue dans sa jeunesse, mais qui exerçait maintenant les fonctions de conseiller officieux du président.  M. Saint-Rémy était furieux de l’arrestation de M. Etheart, qui exploitait le restaurant français huppé connu pour être l’un des lieux de prédilection du président (c’est le restaurant  »

La Souvenance » ici à droite, géré avec son épouse Mazile Ethéart) mais qui a ainsi été identifié par la police nationale haïtienne comme étant le chef du Galil, un gang de kidnappeurs ». C’est l’entourage proche du président qui était visé par les critiques, donc, et pas un petit niveau, puisqu’on accusait le président, via sa femme, d’avoir fait pression pour protéger des kidnappeurs !  Son restaurateur préféré, un chef de gang de kidnappeurs, pensez-donc !!!  Difficile à reconnaître !  Un entourage fort actif néanmoins pour faire libérer Woodly Etheart (surnommé « Sonson La Familia ») :  « M. Saint-Rémy a commencé à appeler les hauts fonctionnaires du gouvernement et plaider pour la libération de son ami, selon trois personnes proches de l’administration.  Simon Desras, qui était le président du Sénat d’Haïti au cours de la crise politique, a déclaré que l’un des destinataires lui avait dit qu’il considérait l’appel plus comme une menace qu’une demande. « Autour de Martelly, vous ne trouvez pas que des saints », a déclaré M. Desras. « Vous trouvez aussi des démons ». (…) M. Etheart avait été arrêté l’année dernière dans le cadre de l’enlèvement d’un homme d’affaires par des hommes armés en uniforme de la police qui avaient demandé 1,2 million de dollars de rançon ».

 L’homme d’affaires haïtien s’appelant Sami El Azzi, d’origine libanaise.  Un drôle d’enlèvement en effet, que le sien, comme le raconte plus loin le New-York-Times : « des enregistrements téléphoniques ont montré que M. Etheart (ici à gauche avec son lieutenant Renel le Récif ou Renel le Fort) était au contact avec les ravisseurs et, comme l’avaient fait les preneurs d’otages, avait éteint son téléphone portable au moment précis de l’enlèvement, indique un rapport d’enquête de la police.  Une plaque minéralogique du ministère de l’Intérieur se trouvant sur un véhicule provenant de  la maison de M. Etheart avait été répertoriée dans des enlèvements précédents, a indiqué l’enquêteur (1). »  

Bref, ce n’était pas vraiment un enlèvement…ou plutôt ça en était un, mais avec de drôles de ravisseurs !!!  Bien entendu, l’enquête s’était vite enlisée dans ce mic-mac, la justice haïtienne étant plutôt parodique et aux ordres :  « la police à également cité le cas de 15 autres enlèvements impliquant otages et un assassinat.  Mais des irrégularités dans l’enquête ont émergé rapidement.  Selon les fonctionnaires du gouvernement, des assignations à interroger les témoins ont été bloquées pendant des mois.  Lorsque le juge d’instruction a ordonné l’arrestation de l’épouse de M. Etheart et fermé le restaurant français cher au couple présidentiel, un autre juge l’a libéré et a levé le sceau judiciaire sur les portes du restaurant.  M. Etheart a nié les actes répréhensibles, affirmant que son arrestation avait été le résultat de ses « connaissances présidentielles ».  Je suis comme un grand Kleenex.  Ils m’ont utilisé et m’ont ensuite jeté « .

Un Etheart, libéré mais pas tout rose pour autant, ajoute le NYT :  dans les années 90 il avait été accusé de meurtre, et un peu plus tard d’avoir possédé 187 000 dollars dont il n’avait pu expliquer la provenance.  A droite la carte d’identité de El Azzi retrouvée sur les lieux de l’enlèvement, avoués par Etheart.

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