Orlando, jeudi 2 novembre, 2017 ((rezonodwes.com))– On est aujourd’hui, au 8e gouvernement du 3e cycle des régimes populistes des deux extrêmes, qui depuis 60 ans gèrent le déclin d’Haïti, pour en faire le pays le plus pauvre de l’hémisphère, classifié parmi les 4 pays les plus corrompus du monde. Ceux qui auraient souhaité, que ce dernier avatar de ce 3e régime populiste, soit une rupture, par rapport aux 7 autres qui l’ont précédé. Confrontés à l’impossibilité d’étayer ce souhait, par des arguments persuasifs et convaincants, se trouvent dans l’obligation de fuir par la tangente, pour se réfugier dans une supplique débile : « Il est trop tôt. Donnez-lui sa chance. »
Alors qu’il suffit de se rendre à l’évidence, qu’il ait été catapulté à la présidence, que par le même rituel électoral, géré qu’à partir du même système électoral vicié, contrôlé par les mêmes puissances hégémoniques occidentales et par les mêmes oligarques. Tous ceux qui font parti des 3 pouvoirs, qui de fait occupent les plus hauts sommets de l’Etat aujourd’hui.
Sans aucune exception, ils n’appartiennent qu’à cette même caste, qui s’est renouvelée de génération en génération, pendant ces 60 dernières années. Ayant les mêmes patrons. Servant les mêmes intérêts. Fonctionnant sous l’égide du même système néocolonial. Etalant le même niveau d’incompétence. Ayant les mêmes réflexes. Pratiquant les mêmes bricolages politiques.Ces faits sont irrécusables. « If it looks like a duck, swims like a duck, and quacks like a duck, it’s definitely a duck! »
Il ne faut pas ignorer ce fait que nos classes moyennes et nos masses, ne souffrent pas d’amnésie. Que ce cumul de crises irrésolues et de revendications insatisfaites, continue à demeurer pertinent dans leur vie. Nos classes moyennes et nos masses, qui en sont les vraies victimes, continueront à les charrier à l’avant-scène politique, jusqu’à leur résorption. Pour eux rien n’a changé, depuis 60 ans ! Ce n’est pas par l’effet du hasard que leurs filles et leurs fils, sont contraints à fuir leur pays natal et leur famille, à la recherche d’une vie meilleur, leur offrant plus de dignité et des perspectives d’un meilleur avenir, pour eux et leurs progénitures. Certes cette fois-ci, c’est le budget de fonctionnement de l’année fiscale 2017-2018, qui est devenu l’élément catalyseur par le biais duquel, nos classes moyennes et nos masses, ont repris collectivement leurs revendications, avec la détermination d’affronter ce nouveau gouvernement.
Le fait que les décideurs nationaux et internationaux ont, par le biais du même rituel et des mêmes processus traditionnels, catapulté au pouvoir, un nouveau personnage, sans aucune popularité préalable à son parachutage soudain à l’avant-scène politique. Ne signifie pas, pour autant, que son origine sociale et la satisfaction des exigences ethno-politiques, suffisent pour en faire automatiquement un deus ex-machina, constituant en même temps une rupture. Qu’on ait refait les cartes. Que les jeux soient faits. Et que le tour soit joué. Les oligarques qui se sont battus du bec et des ongles, pour nous faire avaler cette couleuvre, n’ont pas compris, qu’il y a des pré-requis que l’on doit respecter, pour que ces manœuvres de catapultage à la présidence, réussissent.
Il faut que celui que l’on choisit, ait, au départ, une certaine popularité, peu importe le domaine. Comme ce fut le cas pour Aristide et Martelly. Tel n’a pas été le cas pour ce nouvel inconnu. Il n’a aucun point d’ancrage populaire. C’est pour cela que dès le lendemain de son intronisation, conscient de cette carence, il s’est engagé immédiatement dans cette campagne post-électorale, la caravane du changement. Le timing étant malheureusement foiré, trop tard dans un monde trop vieux. Même dans ce jeu de dupe, où « twt vom se dô », il faut se rendre à l’évidence qu’il y a encore des règles cardinales, auxquelles on ne peut pas échapper. Le bricolage politique a ses limites. Il faut savoir les reconnaître et les respecter, avant de s’y aventurer !
Par contre, il y a aussi d’autres faits que l’on ne peut pas imputer qu’au nouveau chef d’état. Mais, qui néanmoins, contribuent à augmenter la faiblesse et la fragilité de son pouvoir. Le fait que cette frange de l’oligarchie, qui a pu réussir à se maintenir dans l’écume de cette vague insurrectionnelle, jusqu’à son aboutissement, le renversement du gouvernement d’Aristide, le 29 février 2004. Pour faire ce saut qualitatif et devenir à part entière, un des décideurs qui choisissent, selon le même rituel traditionnel, ceux qui désormais devront devenir les nouveaux chefs d’état en Haïti. Et ensuite, sous le régime PHTK, ceux qui deviendront des parlementaires. Cette frange de l’oligarchie a commencé à exercer ce rôle, depuis le gouvernement provisoire de Boniface Alexandre et de Gérard Latortue.
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Haiti : 3 cycles de régimes populistes, 60 ans de déclin! par Robert Benodin
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