BUENOS AIRES
«La violence libérale, on connaît ça…»
«Bloquer les rues, les routes, brûler des voitures et casser des vitrines… Sûr qu’ils se sont inspirés des Argentins, vos gilets jaunes !» Dans ce petit café français du quartier historique de San Telmo, à Buenos Aires, le ton est rigolard mais surtout las et désabusé. En secouant son journal pour faire tomber des miettes de croissant, Pedro, retraité habitué du lieu poursuit : «Ici en décembre, c’est toujours très tendu socialement et cette année, avec la crise économique, l’inflation, on s’attend tous à ce que ce marasme finisse par exploser. Les questions de pouvoir d’achat en berne, la violence d’un gouvernement libéral pour les riches, on connaît bien ça, malheureusement. Et la répression des forces de l’ordre aussi. Macron et Macri [le président argentin, ndlr], ils se ressemblent beaucoup. Alors ils nous sont plutôt très sympathiques, ces gilets jaunes.» Le sujet est très suivi par la presse argentine, d’abord à cause de son tropisme francophile et aussi parce que Macron était à Buenos Aires pour le sommet du G20 lors des manifestations de samedi dernier. Ironie du sort : à sa sortie de l’avion et à cause d’un retard du président argentin et de sa délégation, il avait été accueilli sur le tarmac par un employé de l’aéroport vêtu… d’un gilet jaune.
M.GE (à Buenos Aires)
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