Vous remarquerez certaines ressemblances troublantes avec le fonctionnement du système judiciaire en Haïti." La Ligue et le Mouvement Cinq Étoiles sont prêts à réformer la justice, à commencer par le Conseil supérieur de la magistrature, convaincus que le moment est venu de limiter l'autonomie des juges. Un vieux rêve de politiciens, depuis 1992 et le début de l’opération « Mains propres », que Silvio Berlusconi n'a jamais pu mettre en pratique. Mais aujourd'hui, la crédibilité du système judiciaire est au plus bas, et tout devient possible.
Par contre, en Haïti, PERSONNE ne démissionne quelle que soit l'ampleur du scandale : "Face au scandale, Riccardo Fuzio a annoncé sa « retraite anticipée ». Toutes les personnes impliquées dans le scandale, dont les responsabilités pénales doivent encore être évaluées, ont une justification pour leur comportement.
Un juge de l'équipe rose pourrait être pris la main dans le sac entrain de recevoir de l'argent liquide d'un bandit, qu'il vous déclarerait avec une arrogance pontifiante à la Hériveaux, qu'il s'agit d'un complot ourdi par des mains diaboliques et démoniaques.
Par rapport à l'utilisation de boucs émissaires et de diabolisation des opposants dont les Tèt kale font grand usage depuis 8 ans pour légitimer vols, incompétences et crimes. VOIR ICI, un article sur Trump : Donald Trump ou la foire permanente aux boucs émissaires
Rome (correspondance).– L’Italie fait à nouveau face à la corruption. La péninsule a vu son histoire marquée par les scandales liés aux pots-de-vin et aux mafias. Au début des années 1990, l’opération « Mani pulite » (« Mains propres » en français), une série d'enquêtes judiciaires démarrée à Milan, avait mis au jour une corruption systémique des partis politiques. Des ministres, des députés, des sénateurs, des entrepreneurs et même des ex-présidents du conseil furent impliqués.
Mais pour la première fois, les affaires touchent le cœur du pouvoir judiciaire. Depuis plusieurs semaines, la magistrature est au centre d’un scandale de corruption retentissant. L'institution, dont l’histoire a notamment été marquée par le meurtre des juges antimafia Giovanni Falcone et Paolo Borsellino, avait toujours fait barrage à l’illégalité, par l’importance même des enquêtes menées, même dans les périodes les plus troublées de la République italienne.
C'est surtout pendant les « années Berlusconi » que le Parquet s'est transformé en principale opposition aux projets du « Cavaliere », protégé par la totale indépendance du pouvoir judiciaire italien face au pouvoir exécutif.
Toute son activité est régie par un organe puissant : le Conseil supérieur de la magistrature. Présidé par le chef de l'État, chaque décision y est prise par 27 conseillers. Deux tiers des conseillers sont élus par leurs pairs magistrats, le dernier tiers par le Parlement.
Jusqu'ici « digue vertueuse », cette instance risque aujourd'hui de céder à la suite de récentes révélations mettant au jour la gestion absolutiste du pouvoir judiciaire en Italie et la protection d’intérêts personnels au mépris de tout droit constitutionnel.
Dessous-de-table pour faire nommer des magistrats amis à des postes clés, chantage pour faire taire des collègues dérangeants, collusions avec des politiciens et des intrigants qui influencent ou payent pour obtenir l'impunité… Le « scandale des toges », comme l’ont appelé les Italiens, est parti d'un magistrat de premier plan.
Poursuivi pour corruption, Luca Palamara, ancien président de l'Association nationale des magistrats, puis élu au Conseil supérieur de la magistrature, était accusé, au départ, d'avoir reçu une bague d’une valeur de 2 000 euros et de s'être fait offrir des vacances de la part d’un entrepreneur.
Le magistrat soutient qu’il ne s’agissait là que d’un « prêté pour un rendu », pour couvrir une relation extraconjugale, mais le parquet de Pérouse prend l’affaire très au sérieux, suspectant que les cadeaux à Luca Palamara ne sont qu’un petit élément d’un tableau bien plus grand.
Pour faire toute la lumière, les enquêteurs décident d'installer un logiciel espion, similaire aux virus de type cheval de Troie, sur le smartphone de Palamara. Le mouchard enregistre tous les appels téléphoniques, messages et conversations personnelles du magistrat. Autorisé par le passé uniquement dans les enquêtes sur la mafia et le terrorisme, il est depuis janvier 2019 et une loi votée par le Mouvement Cinq Étoiles, utilisable contre les « cols blancs ».
Les enregistrements dévoilent des complots dans lesquels se mêlent ambitions personnelles et luttes de pouvoir. Avec un but prioritaire, autour duquel convergent de vastes intérêts : piloter la nomination du nouveau procureur de Rome, le chef du plus important bureau d'enquête en Italie, jusque-là dirigé par Giuseppe Pignatone jusqu'à sa retraite, survenue le 8 mai dernier.
Pendant sept ans, Pignatone a fait profiter la capitale de sa longue expérience des enquêtes contre la mafia et la corruption, acquise à Palerme et Reggio de Calabre. Avant son arrivée, le parquet de Rome était surnommé « Le port du brouillard » : les enquêtes y disparaissaient purement et simplement, souvent influencées par les pouvoirs politiques et économiques.
Le procureur Pignatone a mené une révolution, lançant des enquêtes fondamentales contre la corruption et les infiltrations mafieuses, incriminant – et dans de nombreux cas, condamnant – des parlementaires, anciens maires, ministres, industriels. Personne n'avait jamais autant ébranlé les réseaux de pouvoir cachés qui régissent les affaires de la Ville éternelle.
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