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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


François Duvalier au pouvoir : de la répression politique à la disparition des espaces de liberté économique et culturelle (1957-1971)

Publié par siel sur 26 Décembre 2019, 13:34pm

Catégories : #AYITI ROSE RAKET, #AYITI EXTREME DROITE, #AYITI ECONOMIE, #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER

Comme d'habitude et sans surprises vous avez les numb and dump, les anesthésiés et les stupides ( ce qui selon moi, correspond aux ignorants ( non lettrés) et aux amnésiques, qui te publient des photos de l'époque de Duvalier F.  dont ils font l'apologie.

Remarquez -bien que précisément parce que non-lettrés, ces stupides et certainement à n'en pas douter des sadomasochistes - ce sont les mêmes qui chantent les louanges de Jovenel Moïse, indexé dans des actes de corruption et héritier d'un régime qui a dilapidé les 4 milliards de Fonds PetroCaribe; et par conséquent  lésé la population, volontairement et sans aucuns scrupules, d'une amélioration de leurs conditions de vie à laquelle cet argent devait servir.

Ce sont les mêmes infantiles qui n'ont aucune idée de ce qu'est l'économie.

Au XXIème siècle, ils ne savent pas que l'économie prédomine la  politique. 

Demandez-leur comment l'Homme Banane est devenu président s'il n'avait pas une partie du secteur économique à avoir financé sa campagne. Mais ils sont sots et ne savent pas qu'en racontant leurs idioties de serpent à sept têtes et autres mensonges, ils précipitent le pays dans un trou encore plus profond. 

Et pour paraphraser Einstein, persévérer dans l'erreur est une folie. Et, fous, ils le sont. Leurs choix le montrent.

Ces non-lettrés, vous le remarquerez également ne mentionnent jamais les réalisations d'Estimé qui en un peu plus de 3 ans et quelques mois a doté le pays de plus d'institutions économiques, culturelles e sociales que les 2 Duvalier ne l'ont fait en 29 ans. Pour ceux qui restent attachés aux faits, consultez ici le Livre Bleu du président Dumarsais Estimé qui offre un compte rendu détaillé de ses actions. Bien entendu les 2 Duvalier n'auraient jamais osé inscrire et publier leurs réalisations.

Avouez que pour des gens qui se targuaient d'oeuvrer à la défense des Noirs, avoir après 29 ans de régime un taux  équivalent à 86% d'analphabètes, il n'y a pas là de quoi se vanter.

Il reste donc à leur actif les apparences dont ils ne ratent pas une occasion pour les mettre en avant. Sans compter que sous  Duvalier F. Haïti comptait seulement 6 millions d'habitants. Et qu'en dépit de cela, la dictature qui avait organisé le pays en prison à ciel ouvert- ce qu'il est convenu d'appeler la paix des cimetières, était dans l'incapacité de répondre aux besoins les plus primaires de ces 6 M d'habitants se trouvant pour cette raison  obligés de fuir le pays.

Les images équivalentes à des montages de photoshop, dans la mesure où elles donnent à voir P-au-Prince et non les 90% de la population qui vivaient à l'époque à la campagne sans eau potable, sans électricité, sans toilettes, sans écoles dignes de ce nom.

 Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Ils viennent des services de l'émigration US et ne peuvent être maquillés en rose. 

De 1956 à 1971,  47 572  mille Haïtiens ont émigré aux USA.

De 1972 à 1986, 106 536 mille Haïtiens ont émigré aux USA.

Et là nous ne parlons que d'une région. Combien en RD ? En Guyane française, en Martinique, en Guadeloupe, en France ? Et au Bahamas ? Et dans les îles Turk and Caïcos ?

Les propagandistes de la dictature des 2 Duvalier, dès Tèt kale et du Régime Banane ont tous en commun, d'aimer les jolies images ( leur côté puéril, genre conte de fées  roses pour fillettes) et de mentir sur les réalités économiques. C'est de cette manière que leurs chefs ont pu faire un dap piyan sur les Fonds PetroCaribe et leur laisser quelques miettes.

Enfin, quand on ose s'appeler La perle des Antilles, quand on sait ce cette dite perle a été pour les ancêtres des Haïtiens un camp de torture pendant quelques 4 siècles, il paraît évident que cette absence de conscience autorise la diffusion d'une propagande vantant les mérites de l'oppression et la diversion par rapport aux acteurs Woz/rakèt, dont l'Homme Banane responsables de la dilapidation des Fonds PetroCaribe. Duvalier usait du même stratagème.

Ces non-lettrés ne comprendront jamais que l'Union fait la force est un slogan qui a été valable lors de la lutte pour sortir de l'esclavage. Aujourd'hui le slogan devrait être " L'Honneur et le respect font la force".  Honneur et respect signifiant tout simplement : tout moun se moun . Et donc travailler à améliorer les conditions socio/économiques de la  population ... Et mettre fin à la corruption et aux mensonges dont l'Homme Banane et les tèt kale sont devenus des symboles.

En somme, en dépit de leurs discours lénifiants et leurs images photoshop,  les macouto/militaro/duvaliéristes et les tèt kale,  s'opposent au bon, au bien et au beau.

Lesquels, correspondent à une famille haïtienne vivant dans un espace non-déboisé( couper les arbres étant une initiative des Duvalier dans leur chasse des kamoken, une répétition de ce que les colons espagnols faisaient  avec les premiers habitants de l'île ) un environnement sécurisé (et non pas une justice à la merci d'agents du pouvoir) une éducation leur permettant comme disait Fidel Castro d'affronter les enjeux du futur( et non pas comme sous les Duvalier la fermeture des laboratoires scientifiques et la censure des livres), une liberté de commercer avec le monde extérieur ( et non pas comme sous Duvalier la fermeture des ports du pays, comme celui de Jérémie qui permettait des échanges de marchandises avec Cuba et d'autres îles).

Culturellement et historiquement, il est grand temps que les enfants d'Haïti en finissent avec ces histoires de la perle des Antilles, de Marchand-Dessalines, de peinturlurer en rose la misère, de mentir sur leur passé, de déguiser des personnages incultes, obtus et paranoïaques en " ti david", en "ti Nikola".  STOP. Il faut savoir regarder ces gens là en face, faire le bilan, éradiquer mythes, mensonges et bondieuseries.

Il serait bien temps, après deux siècles d'indépendance de passer à l'âge adulte. Le temps est venu  d'arrêter de se jeter encore plus profondément dans le trou de M... en suivant des dirigeants sots, cupides et dominés, qui prennent leur revanche sur cette domination en piétinant et exploitant leur population.

C'est exactement ce que fait l'Homme banane: prendre sa revanche de petit paysan arrivé aux timons des affaires, grâce à la CI et au secteur privé( Sherif A. Apaid, Boulos et compagnie) et qui face à cette redevance énorme - de même que les 2 Duvalier- n'a d'autres choix - faute d'intelligence économique - d'opprimer la population, de se défausser sur l'opposition qu'il rend coupable de ses improvisations, d'opprimer les plus pauvres.

Un schéma classique de gouvernance par défaut qui se répète en Haïti depuis l'indépendance. Et qui aura permis aux plus revanchards, aux plus sots, aux plus cupides d'être placés par la CI à la tête de l'Etat. " Ya pa photo"

Tableau 1 : Évolution de la migration haïtienne légale aux États-Unis sous la dictature Duvalier (1956-1986) Source : U. S. Immigration and Naturalization Service, statistical yearbooks 1960-1987 : table 2.

Tableau 1 : Évolution de la migration haïtienne légale aux États-Unis sous la dictature Duvalier (1956-1986) Source : U. S. Immigration and Naturalization Service, statistical yearbooks 1960-1987 : table 2.

François Duvalier au pouvoir : de la répression politique à la disparition des espaces de liberté économique et culturelle (1957-1971)

26L’instabilité politique reste une donnée constante de l’histoire d’Haïti depuis son accession à l’indépendance en 1804. Elle tient autant à une tradition de l’exercice du pouvoir sans partage qu’à l’omniprésence de l’armée et aux enjeux que représente pour elle la politique. Mais le caractère structurel de l’instabilité politique tient surtout aux divisions qui ont marqué l’histoire du pays et notamment à une stratification sociale et de couleur rigide. L’exercice d’un pouvoir absolu, qui de Pétion à nos jours est resté une constante de la politique haïtienne, a eu pour effet d’exciter la convoitise de nombreux hommes politiques qui ne pouvaient réaliser leurs ambitions d’accéder à la magistrature suprême que par la force.

  • 4 Les moun anwo (gens d’en haut) habitent sur les hauteurs de Port-au-Prince (Pétionville en particu (...)

27Cette instabilité est renforcée par le manque de solidarité nationale du fait de clivages sociaux et culturels profonds déclinés à différentes échelles. La division en classes sociales rigides laisse tout d’abord apparaître des divergences profondes d’intérêts. Les classes les plus favorisées, qui concentrent près de la moitié des richesses du pays alors qu’elles constituent à peine 1 % de la population (Dupuy, 1997 : 31, cité par Corten, 2001 : 36), ont pour première préoccupation de préserver leurs acquis et de maintenir leur niveau de vie ; tandis que les classes défavorisées urbaines et rurales, qui représentent l’essentiel de la population, vivent souvent misérablement. La situation est dans le détail plus complexe que ce tableau volontairement schématique, les intérêts et modes de vie étant très différents au sein des classes populaires selon qu’il s’agisse par exemple de populations urbaines ou de populations rurales, de moun anwoou de moun anba4, de familles ayant des parents à l’étranger ou pas. La grande majorité de la population haïtienne a pour simple objectif de survivre et, pour ce faire, doit quotidiennement réfléchir à de nouvelles stratégies.

28Au-delà des tensions entre les classes sociales, il faut souligner la méfiance omniprésente qui existe au sein même de chacune des classes, avec pour corollaire des rivalités politiques âpres et un changement rapide dans les soutiens politiques selon la conjoncture du moment et les intérêts immédiats. Dans un tel contexte, il ne peut y avoir de politique à long terme, ce qui renforce les incertitudes et les craintes d’une population constamment sujette à la répression au cours du xxe siècle et condamnée par les pouvoirs successifs à rester silencieuse.

29Ceci a expliqué l’importance de l’armée dans l’histoire politique d’Haïti, à laquelle le pouvoir a dû souvent faire appel pour rétablir l’« ordre » et supprimer toute opposition en instaurant un climat de terreur. L’armée elle-même a toujours attaché une importance fondamentale à la politique intérieure beaucoup plus qu’à la défense contre une puissance extérieure, le budget de l’État ayant servi en grande partie au fonctionnement de l’appareil militaire. On avait coutume de dire à ce propos que « qui contrôlait l’armée contrôlait l’État ». Or celle-ci a toujours été réticente vis-à-vis de l’exercice démocratique du pouvoir ; et certains chefs d’État tout en profitant de l’institution militaire ont fait preuve d’une grande méfiance à son égard compte tenu de son imprévisibilité (Delince, 1993).

Tableau 2 : Perceptions des Haïtiens de Miami des conditions de vie en Haïti

 

 Note : La somme des pourcentages (et valeurs absolues) apparaît supérieure à 100 % (et à l’effectif total), car les réponses ont fait l’objet de choix multiples. Source : Audebert, enquête de terrain mars-avril 2001 (cf. annexe 1).

Note : La somme des pourcentages (et valeurs absolues) apparaît supérieure à 100 % (et à l’effectif total), car les réponses ont fait l’objet de choix multiples. Source : Audebert, enquête de terrain mars-avril 2001 (cf. annexe 1).

 

30En outre, la gestion politique de l’économie et du territoire apparaît historiquement caractérisée par une centralisation se traduisant par la marginalité croissante du monde rural ainsi que la mise en place et la perpétuation d’un système économique qui privilégie la « prédation » au détriment de la redistribution équitable des ressources nationales et la production de denrées vouées à l’exportation au détriment de la production vivrière. Les rares efforts d’industrialisation des gouvernements successifs sont restés dérisoires dans un système économique essentiellement caractérisé par la rente. L’abandon du monde paysan à lui-même et ses conséquences directes, le maintien de techniques agricoles rudimentaires et la poursuite dramatique de l’érosion des terres, se sont conjugués à la pression démographique pour engendrer une famine chronique dans les campagnes.

31L’accession de François Duvalier au pouvoir en 1957 ne remit pas fondamentalement en cause ces grands traits de l’histoire politique et économique haïtienne, la (para) militarisation du pouvoir politique, la marginalité du monde rural, le système de redistribution des richesses à l’avantage du monde urbain et les tensions de classe et de couleur ayant été poussées à leur paroxysme. L’originalité du régime de Papa Doc (François Duvalier) résida cependant dans le contrôle politique total de tous les aspects de la société étendu à l’ensemble du territoire national et se traduisant par la réduction – jusqu’à leur disparition – des espaces de liberté de la population.

Schéma 1 : La dimension économique de l’émigration haïtienne

François Duvalier au pouvoir : de la répression politique à la disparition des espaces de liberté économique et culturelle (1957-1971)

Ainsi, les débuts de l’émigration contemporaine de grande ampleur coïncidèrent avec l’accession au pouvoir de Duvalier. Ce dernier prétendait incarner la réaction contre l’hégémonie mulâtre établie lors de l’occupation états-unienne de 1915 à 1934, et l’établissement d’un pouvoir personnel absolu s’est rapidement affirmé comme son principal dessein (Saint-Gérard, 1999 : 170). Pour ce faire, il créa une milice lui étant totalement dévouée et ayant pour objectif de relativiser l’importance de l’armée sur la scène politique, les tontons macoutes, qui plongèrent rapidement le pays dans un climat de terreur et de suspicion, réprimant violemment toute opposition. Les premiers touchés furent les membres de l’élite mulâtre, les premiers aussi à quitter le pays dès la fin des années 1950 pour les États-Unis (tableau 1). L’autoproclamation de « Président à vie » de Duvalier en 1964 effraya les intellectuels et les classes moyennes noires (médecins, avocats, professeurs) qui ne tardèrent pas elles aussi à prendre le chemin de l’exil. Entre 1957 – année de l’accession au pouvoir de Papa Doc – et 1963, 6 800 Haïtiens entrèrent aux États-Unis avec un visa d’immigrant et 27 300 autres avec un visa temporaire. Entre 1964 – année où Papa Doc s’autoproclama président à vie – et 1971, les services de l’immigration états-uniens enregistrèrent 40 100 immigrants et 100 000 non-immigrants en provenance d’Haïti5. Une pratique courante dès cette époque consistait à faire une demande de visa de tourisme lorsqu’il n’était pas possible d’obtenir un visa d’immigrant puis à prolonger son séjour illégalement aux États-Unis. Leur principale destination demeura New York dans les années 1960 et 1970, et dans une moindre mesure Boston, Chicago et Montréal. Mais elle concerna plus tard Miami, dans la mesure où une partie des classes moyennes haïtiennes de New York s’installèrent en Floride dès les années 1970. À cela doivent être ajoutés les 50 000 à 70 000 boat people haïtiens arrivés vivants sur les côtes de Floride entre 1977 et 1981 (Stepick, 1992).

33Parallèlement à l’émigration des classes urbaines socialement favorisées se développa une émigration clandestine de paysans pauvres vers la République dominicaine et, fait nouveau, vers les Bahamas. En effet, la centralisation du pouvoir de Papa Doc tendit à renforcer la discrimination exercée à l’encontre du monde rural, tout en anéantissant les espaces de liberté des paysans. La remise en cause des espaces de liberté s’affirma avant tout sur le plan géographique, avec l’implantation de 565 chefs de section macoutes dans toutes les unités administratives du pays – y compris les sections rurales les plus reculées – pour maintenir l’ordre duvaliériste et assurer l’allégeance de tous les Haïtiens à Papa Doc. En même temps, le duvaliérisme fut synonyme de disparition des espaces de liberté culturelle, lorsque Duvalier s’autoproclama chef du pouvoir religieux et pénétra dans l’imaginaire collectif en obtenant l’allégeance des hougans, les prêtres vaudous.

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