... par l'ensemble des têtes creuses - de mettre la main sur les entreprises de Sogener, au lieu de faire en sorte, comme il lui était possible de négocier et de trouver un terrain d'entente favorable à l'Etat, je me suis demandée ce qu'étaient devenues les usines de Dejoie, un homme instruit, qui n'avait pas ménagé sa peine pour développer l'industrie et le commerce en Haïti.
Voici ce que je lis :
Que reste-t-il de l'héritage de Louis Déjoie en Haïti, hormis les témoignages de ses fervents partisans ?
Rien. Aussi incroyable que cela puisse paraître. Candidat malheureux aux élections de 1957, il gagnait l'ambassade du Mexique très tôt durant le mandat de François Duvalier. En mai 1958, il quittait définitivement le sol haïtien qu'il ne reverrait plus jamais. Un autre industriel très célèbre, le sénateur Thomas Désulmé, devait connaître le même sort que Louis Déjoie. Le même Désulmé dont le rôle a été si déterminant dans l'industrialisation de la Jamaïque.
Les usines et plantations laissées par Louis Déjoie ont été détruites totalement sur ordre du nouveau maître des lieux: «Déjoie parti, tous ses biens qu'on aurait pu conserver et utiliser pour le développement d'Haïti […] ont été livrés en pâture aux chacals, à st-Michel de l'Attalaye, même les briques ont été emportées. Dans le Sud, on en voit que les vestiges. (p. 230)» Une folie destructrice s'était emparée d'Haïti avec la dictature duvaliériste selon laquelle il fallait effacer de la mémoire collective haïtienne le génie bâtisseur déjoiste, préférant remettre aux paysans des baïonnettes et des machettes en lieu et place des tracteurs et des décortiqueuses.
Pas question d'être prophète de malheur. Pour le bien des Haïtiens, on ne peut que souhaiter que le dap piyan orchestré par Jovenel et ses sbires sur Sogener aboutisse à des résultats positifs.
Cependant, au regard du passif de 'Homme Banane( Agitrans et autres), des doutes demeurent sur sa bonne foi - pourquoi n'avoir pas pris l'initiative d'une rencontre avec les patrons de Sogener afin de réviser le contrat ?
J'ai entendu à plusieurs reprises dans des iTW, Dimitri Vorbe déclarer à haute et intelligible voix, qu'il restait ouvert pour discuter avec le gouvernement sur une éventuelle révision du contrat. Ce que les marchands de micro, notez-le, s'abstiennent de dire. On aurait aimé que les agitateurs de cloche comme ce L. Désir, ou cet autre qui hurle comme un pasteur à son micro, aient l'honnêteté de rediffuser ces interventions de Dimitri Vorbe.
Ce dap piyan a tout l'air d'un règlement de compte politique et d'une stratégie populiste pour blanchir " le pur produit du secteur privé" et diaboliser une partie de ce secteur privé qui s'oppose à sa politique.
Stratégie populiste, parce que vous pourrez le constater ici et ici, les pro-Jovenel s'extasient sur les soi-disants malheurs de Dimitri Vorbe; et s'en donnent à coeur joie pour présenter ce "pur produit du secteur privé"- qui aurait tout soudain découvert, après avoir été président d'une Chambre de commerce et avoir joui de crédits continus des banques de la place,- que le secteur privé dont il s'était dit un pur produit est le diable.
Alors, en toute logique, lui qui se réclame d'en être un produit devrait être le diable en personne. Une des têtes à abattre de ce " serpent à sept têtes" (références bibliques idiotes en l'occurence, auxquelles les Haïtiens, non éduqués académiquement, accordent de la valeur, comme les partisans de Trump croient que la terre n'est pas ronde. )
Haïti est un pays gouverné par des arriérés- mais qui à l'inverse des USA, ne possède pas d'institutions fiables, de media, d'organisations civiles, de syndicats capables de mettre un holà à ce banditisme organisé. Parce qu'arriération et banditisme vont de pair - bien que certains des gros pontes de la mafia font faire des études dans des universités de qualité, le but n'étant pas qu'ils s'éduquent mais surtout qu'ils se fassent des relations.
Bref. Pour paraphraser M. Einstein, je dirais que répéter les mêmes erreurs en escomptant des résultats différents est signe de démence. Vous savez ce que je pense de l'état mental de l'Homme Banane et de ceux de ses courtisans/conseillers tels que cet odieux Me Georges.
"Un autre industriel très célèbre, le sénateur Thomas Désulmé, devait connaître le même sort que Louis Déjoie. Le même Désulmé dont le rôle a été si déterminant dans l'industrialisation de la Jamaïque."
Cet industriel-ci n'était pas mulâtre. Il était juste un industriel Noir haïtien. Les noircisses ne l'ont pas raté ce qui ne l'a pas empêché de faire fortune à la Jamaïque; d'une manière qu'aucun Jovenel ne pourrait faire dans aucun pays du monde.
Sauf en Haïti, où tout comme Trump, il peut se pavaner devant une foule de Jojos, juché sur un engin de construction, se balader bottes aux pieds ( tiens, elles ont disparu avec la caravane) se mettre un casque sur la tête pour parader à Sogener ( n'importe quoi, il n'y a pas de chantier en marche) pour bananer les canards sauvages formatés au bluff et aux mauvais traitements.
Attendons de voir si ce M. fera mieux avec Sogener qu'il a fait avec Agitrans ,sa caravane, son électricité24/24.
/https%3A%2F%2Fwww.potomitan.info%2Fayiti%2Fphotos%2Fdecortiquage.jpg%23width%3D760%26height%3D434)
Potomitan - Louis Déjoie, le conquérant
Je ne savais rien ou presque sur cet homme avant d'avoir traversé, non sans difficultés, les 336 pages que nous livre un Georges Condé attachant d'admiration pour le personnage. Déjoie reste ...
Commenter cet article