EXTRAITS concernant l'imposition de Martelly au second tour par les Clinton
"Avec ses 34 années (!!!) de transition vers l’institutionnalisation de la démocratie représentative et plus de 30 milliards de dollars US dépensés au nom d’Haïti par l’Internationale, Haïti bat — et de loin — tous les records mondiaux en la matière et devient l’incontestable championne de l’échec. Et pourtant, elle a rencontré des compétiteurs de grand acabit qui ont su faire la transition de la dictature vers la démocratie : la pléthore des régimes militaires latinoaméricains, le franquisme, le salazarisme, les colonels grecs, le communisme de l’Est européen et on y passe.
L’actuelle crise a une double origine structurelle. Une exogène et l’autre endogène. En ce qui concerne la première, l’Histoire récente des rapports troubles et troublants entre le pouvoir des soi-disant pays amis d’Haïti et celle-ci, tout observateur avisé constate que dans les étapes charnières, ce fût la force et non la diplomatie qui a été l’arme chérie de l’Internationale.
La racine exogène de l’actuelle crise se trouve dans le soir du dimanche 28 novembre 2010, jour de votation du premier tour des élections présidentielles. Avant qu’un quelconque et unique vote ne soit dépouillé et avant même que les urnes ne soient arrivées à SONAPI, l’Ambassade des États-Unis à Port-au-Prince, prenant de court ses collègues du Core Group, publie un communiqué où elle annonce que Washington ne reconnaîtra pas les résultats de la votation.
La Mission d’Observation électorale OEA/CARICOM — dont une large partie est financée par les États-Unis — est jetée aux orties. Les conclusions provisoires de son responsable — Colin Granderson — lequel dans le cours de l’après-midi de la fatidique journée avait considéré que « 95 % du processus de votation s’est déroulé convenablement » ne sont pas prises en compte. Washington préfère les réticences et critiques de son service commandé, à savoir le Conseil National d’Observation électorale (CNO) et ses officiels accrédités par le CEP.
Mis au pas par les États-Unis, le Core Group peine à trouver son unité. Mais vite, très vite, les voix des pays réticents s’étouffent et on laisse faire Hillary Clinton. La position de celle-ci devient celle du Core Group.
On assiste alors à une cascade d’événements des plus insolites dont le Core Group — par action ou omission — a l’entière et exclusive responsabilité. Leur trait commun est l’exact contre-pied de sa supposée position légaliste actuelle, car ils ont été tous marqués par le sceau de la violence et du non-respect institutionnel.[4] Rappelons, pour mémoire, les plus marquants :
- La tentative de putsch et d’exil forcé du Président Préval, œuvre d’Edmond Mulet, suivant l’injonction d’une partie du CORE Group, sans que cela soit mandaté par l’ensemble de ses membres,
- la révocation des Visas des États-Unis et Canada pour certains officiels haïtiens,
- menaces constantes à l’encontre du CEP et ses conseillers,
- obligation faite au CEP de changer les résultats officiels du premier tour de l’élection présidentielle en écartant Jude Célestin au bénéfice de Michel Martelly au nom du CORE Group,
- mission d’Hillary Clinton à Port-au-Prince (30 janvier 2011) afin de forcer Préval à désavouer le CEP.
L’immixtion exogène trouve un terreau fertile endogène, à savoir, la crise permanente. La primauté du politique dans le sens de sa représentation institutionnelle et non point comme instrument de médiation des conflits, devient l’élément central du dilemme haïtien."
https://ayibopost.com/pourquoi-la-cirh-a-echoue-analyses-de-ricardo-seitenfus/

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