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Cette question a été abordée par Romanes Samedi dans Booster.
Par ailleurs, on a entendu Richard Doré passé de partisan de Mirlande Manigat(Martelly président serait une honte pour Haïti, disait-il à l'époque) à Martelly, puis à Jovenel, déclarer qu'il y avait eu des erreurs dans la fabrication des cartes et qu'il faudrait, tenez-vous bien, les refaire.
Quand ce M. enjoint ses auditeurs à aller faire leur carte, en dehors du problème d'éthique que cela pose : accepter la corruption au prétexte que ce serait à la justice de régler ce problème. Ce M. qu vit en France, un pays où les actions citoyennes sont constantes, refuse au simple individu haïtien le droit et le devoir d'agir contre les dysfonctionnements de l'Etat.
Affirmer " Ne vous occupez-pas de ceux qui vous disent de ne pas prendre la carte parce qu'eux ils la prennent" n'est pas autre qu'un argument populiste. Le type d'argument qu'on entend tout le temps en Haïti : " tous coupables, tous des salauds" qui conduit à démobiliser les citoyens et, pire à les pousser à la soumission à un ordre et à participer à la corruption ( puisque tout le monde est dedans, je serais bien bête de ne pas collaborer).
Et puis, serait-ce le rôle d'un journaliste de conseiller à ses auditeurs de se munir de la carte Dermalog ?
De plus, dans quel pays au monde le passeport ne serait pas un document d'identité ?
Comment se fait-il que l'Homme Banane et son gouvernement aient décidé que seule la carte Dermalog serait reconnue comme pièce d'identité ?
Questionner cette anomalie serait déterminant. Sous les Duvalier, les Haïtiens devaient aller chercher un visa pour rentrer dans leur propre pays, bien évidemment comme il s'agissait d'une dictature personne n'osait rien dire de peur des représailles.
Mais, aujourd'hui, dans un pays dit démocratique, qu'il n'y ait aucune discussion par rapport à cette "absurdité" envoie un signal inquiétant sur l'état d'anomie dans lequel se trouve la société de ce pays.
Un gouvernement qui navigue à vue dans une embarcation sans marins, une classe politique/économique/intellectuelle corrompue, la prolifération de gangs, ce sont là des caractéristiques visibles de cette anomie.
Moins visibles sont l'absence d'éducation, de culture générale, de connaissance de leur propre histoire au sein des "jeunes" ambitieux (à tort ou à raison) qui disent leur volonté d'agir pour changer le système.
Ces jeunes, bizarrement, reprennent sans la remettre en question la propagande très anti-haïtienne qui vend que depuis les 2 siècles de leur indépendance les Haïtiens n'ont Rien réalisé.
Ce constat, à l'évidence faux, est utilisé dans la guerre psychologique pour convaincre les jeunes que leurs aînés, parents, ancêtres ( à part ceux qui ont lutté dans la guerre d'indépendance) ont été Tous des nuls.
Cette prétendue nullité collective de leurs aînés, parents, ancêtres vient confirmer l'acception de l'incapacité des Noirs à se gouverner - et le racisme y afférent.
(A suivre.)
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