EXTRAIT 1
"Un Haïtien, Reginald Degand et sa compagne vénézuélienne Ginne (Tutti) Ortuño, dirigent l’établissement en Haïti. Le premier roule en 4×4 avec un laissez-passer du Ministère de l’Intérieur et se sert de ses connexions politiques puissantes pour protéger son entreprise. La seconde se démène pour constamment ramener des filles de son pays natal pour remplacer celles qui deviennent usées, à force d’être abusées.
Des contacts en République Dominicaine
L’été dernier, un homme et une femme — sont venus chercher Andreina à l’aéroport en République Dominicaine. « Ils connaissaient mon nom et m’ont dit qu’ils ont été envoyés par ma famille », raconte la jeune femme.
Le même jour, ils l’embarquent dans un bus à destination d’Haïti. Arrivée au pays, Reginald Degand est venue la récupérer à la station. Bien vite, on lui impose les conditions : « Tu nous dois 5 000 dollars US, lui déclare Degand. $2 500 pour le voyage, 1500 $ pour la personne qui t’a vendu, et 1 000 dollars pour deux mois de loyers. »
Pour acquitter cette somme, Andreina doit rapidement se mettre au travail. « Vous sortez avec des hommes. Faites tout ce qu’ils demandent », ordonne le proxénète."
EXTRAIT 2
Deux interventions des autorités judiciaires
"Le samedi 1er août dernier, la police accompagnée du juge Clément Noël, a effectué une descente à La Mansion. Le club se situe à proximité de la résidence de l’ancien président Michel Joseph Martelly, des ambassades du Mexique et de Cuba et du Bureau des Nations unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS) à Peguy-Ville. Quelques minutes avant l’arrivée des policiers, Reginald Degand a quitté l’espace. Les policiers ont embarqué quelques filles qui reçoivent depuis l’assistance de l’organisation Exodus Group Haïti.
Dans la soirée du lundi 3 août, le substitut commissaire du gouvernement Frantz Louis-Juste effectue une seconde descente des lieux pour récupérer le passeport des femmes « sauvetées » le week-end dernier. Même scénario : Reginald Degand s’échappe miraculeusement du club bien avant l’arrivée des policiers. Onze personnes sont appréhendées par les forces de l’ordre. La plupart ont été libérées depuis. Une autre vénézuélienne récupérée dans cette opération reçoit aujourd’hui l’assistance d’une institution internationale.
« Tout ce que je veux, c’est rentrer chez-moi », déclare en sanglots, Gabriela, l’une des vénézuéliennes « emprisonnée » à la Mansion."
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