La capitale sénégalaise est revenue au calme après plusieurs jours de contestation. Une colère dont l’opposition tire parti, rebattant les cartes pour les prochaines élections politiques sur fond de recul de l’État de droit. Mais la colère est toujours là, une colère sur laquelle s’est redéfini l’échiquier politique du Sénégal, offrant de nouveaux leviers à l’opposition.
Dakar (Sénégal).– Parking du magasin Auchan dans le quartier Sacré-Cœur 3 de Dakar. Une odeur âcre de pourriture et de liqueur tournée emplit l’air. Les bourrasques qui traversent les rues du quartier font s’envoler les emballages de produits de consommation courante pillés le vendredi passé.
D’habitude très fréquenté par les Sénégalais de la petite classe moyenne, le magasin situé entre un terrain vague et une route à double voie était un point d’arrêt incontournable pour les courses d’appoint. Les issues du magasin ont été calfeutrées et condamnées par des murs de briques.
Vingt et un magasins Auchan à travers la capitale ont fait l’objet de pillage en marge des manifestations en soutien à Ousmane Sonko, 46 ans, le chef du parti Patriotes du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), figure principale de l’opposition. Un candidat à la présidentielle de 2019 qui s’était prononcé pour la souveraineté du peuple sur sa monnaie par une réforme du franc CFA. Un positionnement qui avait fait écho à l’émergence en 2018 aux groupes France dégage et Auchan dégage (ce dernier est aujourd’hui inactif sur Facebook).
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Dakar reprend son souffle, le président sénégalais perd le sien
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