Fresque murale dénonçant la corruption politique, dans le quartier Mar Mikhael de Beyrouth. Politicien pendu, condamné à mort. • Crédits : Christian Chesnot - Radio France
... pour mieux saisir leurs comportements.
Leur pays d'origine est miné par le tribalisme, le confessionalisme et la corruption.
Les Haïtiens n'ont pas conscience de l'influence socio/culturelle sur leurs moeurs et coutumes de ce groupe présent depuis un siècle -et qui depuis l'occupation américaine domine l'économie - et a tendance naturellement à reproduire leur manière de procéder dans leur pays d'origine.
Il ne faudrait pas croire que les élites économiques et dirigeants politiques libanais sont plus tendre avec leurs nationaux.
La situation qui s'est développée en Haïti et atteint une sorte de paroxysme rencontre des points communs avec celle du Liban.
Sécurité
Un coup d'oeil sur le site du ministre des Affaires étrangères français vous donne une idée de la situation actuelle au Liban au niveau de la sécurité.
Dernière minute
En raison de la dégradation de la situation économique et sociale, des mouvements de contestation donnant lieu à des blocages d’axes routiers interviennent régulièrement à divers endroits du territoire libanais.
Il est recommandé de se tenir informé de l’évolution de la situation, de suivre les consignes de sécurité des autorités libanaises et d’éviter les lieux de rassemblement lors de vos déplacements.
Economie.
La situation économique est désastreuse.
Le Liban fait partie des pays les plus inégalitaires.
Extraits : Ni viande ni légumes frais
"Sur les dix-huit derniers mois, la livre libanaise a dévissé et perdu 80 % de sa valeur par rapport au dollar. La monnaie s’échange sur le marché noir à environ 12 000 livres libanaises (6,58 euros) contre 1 dollar, bien loin du taux officiel de 1 500 livres pour 1 dollar. Avec des retombées directes sur les prix : le coût moyen des aliments aurait quadruplé depuis février 2020. Celui du fatouche – une salade agrémentée de sumac, très populaire au Levant – a explosé de 210 %, d’après l’index des prix établi par le ministère de l’intérieur libanais."
1- Une corruption endémique
Le service le plus touché est sans doute celui du cadastre. Un mal qui remonte à la période ottomane. Pour faire enregistrer un terrain, il vaut mieux glisser une enveloppe de billets au fonctionnaire derrière son bureau, sinon le dossier restera en souffrance pendant des mois sans que rien ne se passe.
Il y aussi la grande corruption, celle qui concerne les contrats publics d’infrastructures (routes, ponts, centrales électriques, etc.). Elle se chiffre alors en centaines de millions de dollars.
Le contrôle de certains ministères ( ça ne vous rappelle rien ?)
Les fruits de celle-ci sont répartis entre les clans politiques qui règnent sur le pays. D’où l’importance, pour eux, de "contrôler", certains ministères comme celui des télécommunications ou encore celui de l’énergie, "véritables vaches à lait", selon les mots d’un diplomate du Quai d’Orsay.
2- Un clientélisme
Résultat : les emplois dans l’administration sont répartis, non pas en fonction des compétences professionnelles mais selon des critères communautaires. Sans un piston, le fameux "wasta" en arabe, difficile de décrocher un poste au sein de l’administration publique.
3- Un Etat faible… mais pléthorique !
Tous les Libanais ont une dent contre l’Etat et pestent contre son inefficacité. Et pourtant, il est le premier employeur du pays avec environ 300 000 fonctionnaires. Accusé de tous les maux, l’Etat libanais n’arrive plus à remplir ses missions fondamentales. Au pays du Cèdre, il n’est pas rare de se voir réclamer des impôts ou des taxes plusieurs années plus tard, sans aucune justification.
4- Le règne de l’impunité
C’est peu dire que la justice est lente au Liban. Combien d’assassinats politiques, notamment ceux des années 2000, ont été élucidés et les coupables condamnés ?
Les anciens chefs de guerre sont devenus du jour au lendemain ministres ou hauts fonctionnaires, abandonnant leur kalachnikov et leurs treillis pour des costumes de marques et des attachés cases. ( ça ne vous rappelle rien ? Barbecue futur ministre ?)
6- Quand les Libanais rêvent d’électricité…
Trente ans après la fin de la guerre civile, les Libanais n’ont toujours pas d’électricité 24h sur 24 !
La sous-production et une gestion erratique des infrastructures entraînent des coupures de courant de 3 à 20 heures par jour, variables selon les régions et les localités. ( ça ne vous rappelle rien ? Vous ne devriez pas être étonnés si derrière l'escroquerie de l'électricité 24/24 se trouveraient un certain groupe du secteur privé)
7- L’environnement sacrifié
Le Liban s’est longtemps targué d’être un pays touristique, tant son patrimoine historique et naturel est riche, et sans pareil dans la région.
Mais la carte postale de la petite Suisse des années 50-60 n’est plus qu’un lointain souvenir. L’environnement a été sacrifié sur les appétits voraces des promoteurs et aménageurs privés.
La côte méditerranéenne a été privatisée et bétonnée. A Beyrouth, la dernière plage publique de Ramlet Al-Beida est menacée. Les carrières ont défiguré la montagne libanaise, laissant des balafres béantes dans le paysage.
La pollution des rivières et de la mer atteint un niveau record. La question des déchets, comme celle de l’électricité, n’a jamais été réglée. Les décharges officielles débordent. Les surplus sont directement déversés dans la mer ou dans le milieu naturel. (ça ne vous rappelle rien , cette défiguration systématique de l'environnement ?)
Tout ça pour vous proposer d'examiner cet angle de vue qui met en avant l'influence des habitudes de fonctionnement et de la culture d'un groupe dominant économiquement sur celle d'Haïti. Parce que généralement la focalisation est faite sur "le blanc" Européns et Américains. Mais quand on voit comment la communauté syro-libanaise en Afrique soutient les dictateurs et à la corruption et le rôle d'intermédiaire qu'elle joue entre les anciennes puissances coloniales et les dirigeants, on est en droit de s'interroger si elle n'a pas exactement la même politique en Haïti.
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