«Des moyens énormes sont mis en œuvre, des foules entières sont mobilisées. Concentrée dans l’espace civique, la campagne électorale constitue une sorte de spectacle urbain […]. L’homme qui aspire au pouvoir utilise toutes ses ressources et celles de ses amis pour tenter, longtemps à l’avance, d’inscrire d’autres images dans la mémoire collective des futurs électeurs. »
Tirés des actes d’un colloque de 1985 sur les « lieux de la propagande et de la corruption électorale » à la fin de la République romaine, ces quelques mots de la professeure émérite Élizabeth Deniaux viennent nous rappeler combien l’affaire Bygmalion est, en vérité, une très vieille histoire.
Et l’on sait depuis la Rome antique combien les ingrédients d’une pareille affaire – débauche de moyens pour les meetings, dépassements vertigineux de frais de campagne, maquillages comptables, tromperie des autorités de contrôle – sont aussi de ceux qui, au-delà des faits et des personnes, représentent une menace pour la République elle-même. La mobilisation de moyens excessifs pour flatter les bas instincts d’un électeur plutôt que séduire sa raison constituait d’ailleurs, à Rome, un crime électoral d’une particulière gravité : l’ambitus.
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Sarkozy, une décadence française
Pour la seconde fois en six mois, un ancien président a été condamné. Que nous dit cet événement historique ? On ne peut que constater que la justice a tenu sans trembler. Mais il est à crai...
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