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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Il s'est passé une quantité de choses au Celac auquel ARIEL avait assisté mais dont il n'avait rien à dire ...

Publié par siel sur 4 Août 2023, 17:21pm

Catégories : #NUESTRA AMERICA, #INTERNATIONAL, #PEUPLE sans mémoire...

... d'autres que les promesses qui lui auraient été faites : argent, force d'intervention...

Maurice Lemoine vous raconte la pression mise sur les "Latinos" afin qu'ils s'engagent auprès de Loksidan pour l'Ukraine contre la Russie.

Bien entendu, il est clair que comme le pauvre Jovenel qui avait pris position contre Maduro, Ariel n'a pas du se faire prier pour se ranger à côté des USA/UE.

L'article  de M. Lemoine :

insupportable neutralité » concernant le conflit ukrainien.(I’A)

 

Bruxelles, 16 juillet 2023. Réunis pour deux jours, vingt-sept dirigeants européens, trente-trois latino-américains. Discours d’ouverture du Premier ministre de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Ralph Gonsalves, en sa qualité de président pro tempore de la Communauté des Etats latino-américains et caraïbes (CELAC) : « Nous devons améliorer la situation pour tous, avec un multilatéralisme respectant le droit international et suivant les préceptes de la paix et du développement durable. » Suit le président en exercice du Conseil de l’Union européenne, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez : « Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons renouveler notre confiance commune dans les valeurs du multilatéralisme. »S’extrayant un instant de sa principale préoccupation – faire nommer une Américaine proche des GAFAM [1], Fiona Scott Morton, à la tête de la très stratégique direction générale de la concurrence de la Commission européenne –, la présidente de la dite Commission, l’atlantiste Ursula von der Leyen, y va de son appréciation : « Nous sommes alliés pour renforcer l’ordre international fondé sur des règles, pour défendre la démocratie, les droits de l’homme et la paix. Nous avons intérêt à renforcer notre partenariat politique. »

Voilà. Tout le monde semble d’accord. Le Sommet Union Européenne-CELAC peut commencer.

Huit années que les deux organismes intergouvernementaux ne se sont pas retrouvés. De multiples causes : outre la crise du Covid, qui n’a pas favorisé les contacts, un relatif désintérêt de la « vieille Europe » pour ses partenaires de l’autre bord, la quasi-désagrégation de l’organisme latino-américain, auxquels se sont ajoutés, en 2017, un désaccord concernant la participation du Venezuela.

Née officiellement à Caracas les 2 et 3 décembre 2011, à l’initiative de la première vague des chefs d’Etat de gauche désireux de s’émanciper de l’influence pesante de Washington – Hugo Chávez (Venezuela), Luis Inácio Lula da Silva (Brésil), Rafael Correa (Equateur), Evo Morales (Bolivie), Néstor et Cristina Kirchner (Argentine), etc. –, le mécanisme d’intégration régionale qu’est la CELAC n’en a pas moins eu pour premier président pro tempore le conservateur chilien Sebastián Piñera. Le 28 janvier 2013, et pour une année, le cubain Raúl Castro lui succéda. Dans l’idée de ses créateurs, les divergences idéologiques devaient s’effacer devant la concertation politique et la coopération sociale et culturelle des trente-trois pays continentaux et insulaires de la région – sans les États-Unis ni le Canada.

Revenue un temps et majoritairement au pouvoir, la droite – Enrique Peña Nieto (Mexique), Mauricio Macri (Argentine), Pedro Pablo Kuczynski (Pérou), Lenín Moreno (Equateur), Jair Bolsonaro (Brésil), Iván Duque (Colombie), etc. – n’a eu de cesse que de détruire cet instrument en voie de concurrencer, voire supplanter, l’Organisation des Etats américains (OEA) si chère aux amis de la Maison-Blanche et du Département d’Etat. La création en août 2017 du Groupe de Lima, chargé par Washington des basses besognes dans la déstabilisation de la République bolivarienne du Venezuela, marqua le paroxysme de cette séquence de… désintégration de l’intégration [2].

Élection après élection, à commencer par la mexicaine et l’argentine, le vent a tourné. Le Groupe de Lima n’a pas survécu à ses turpitudes, au changement politique régional et à la solide résistance du président vénézuélien Nicolás Maduro. L’organisation par le mexicain Andrés Manuel López Obrador (AMLO) d’un VIe Sommet en octobre 2021 a marqué la résurrection d’une CELAC que, au cours des quatre années précédentes, beaucoup avaient prématurément enterrée. Le retour au pouvoir de Lula au Brésil et de Luis Arce en Bolivie (après un coup d’Etat s’étendant sur une année), l’arrivée de Gustavo Petro en Colombie, de Xiomara Castro au Honduras et (d’une façon moins affirmée) de Gabriel Boric au Chili n’ont fait que redonner du souffle au vieux rêve de l’émancipation. Que n’a jamais abandonné la « troïka de la résistance » (Cuba, Nicaragua, Venezuela).

Dans un contexte géopolitique chahuté par les crises en cascade, le ralentissement de la croissance des économies et du commerce, l’augmentation des niveaux d’inégalité ainsi qu’une destruction de l’environnement aux conséquences potentiellement catastrophiques se sont exacerbés. « Les impacts socio-économiques de la pandémie de Covid-19 et du conflit en Ukraine ont confirmé qu’aucun pays, région ou continent ne peut relever seul les défis du développement durable », a noté la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL) [3].

Pour faire face aux défis, les pays développés amorcent de nouvelles politiques industrielles, technologiques et environnementales – Pacte vert en Europe, CHIPS and Science Act et Inflation Reduction Act aux Etats-Unis – qui, inévitablement, auront un fort impact sur la compétitivité mondiale et ses conséquences sociales. Dans ce contexte, note toujours la CEPAL, « il est essentiel d’éviter d’aggraver les asymétries technologiques qui peuvent avoir de graves conséquences liées au retard de production et de revenu des économies en développement. Il sera donc essentiel d’explorer les possibilités pour l’Amérique latine et les Caraïbes de s’associer à ces politiques par le biais d’investissements et d’autres mécanismes de collaboration ».

Montée en puissance de la Chine et conflit OTAN-Russie sur le territoire ukrainien : l’Union européenne, en ce qui la concerne, doit revoir et/ou renforcer ses filières d’approvisionnement en matières premières et en minéraux stratégiques. Après l’avoir négligé, sauf pour appuyer les forces conservatrices et leur mentor Donald Trump ligués contre le Venezuela, l’UE redécouvre donc l’ensemble latino-américain. Et la CELAC. Laquelle a retrouvé tout son poids lorsque le Brésil de Lula l’a réintégrée – Bolsonaro l’en ayant retiré en 2020.

En octobre 2022, à Buenos Aires, une réunion bi-régionale des ministres des Affaires étrangères marqua la volonté commune de rétablir les liens et d’organiser un sommet. Quelque peu en difficulté dans son pays face à un Parti populaire (PP ; droite) « dans une bonne dynamique », Pedro Sánchez souhaitait faire de ce conclave l’événement phare de la présidence espagnole du Conseil de l’UE. De ce fait, il jeta tout son poids afin de convaincre Lula et Petro de ne pas déléguer leurs ministres des Affaires étrangères, mais de se déplacer personnellement, pour donner un maximum de brillant à la réunion qu’il co-présiderait.

Suite dans le lien.

 

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