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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


J'ai apprécié cette introduction au livre d'Alin Louis Hall. Tout d'abord parce que la nécessité d'un changement de paradigme me parait ...

Publié par siel sur 22 Novembre 2025, 18:49pm

Catégories : #CULTURE, #PEUPLE sans mémoire...

... à partir de mes observations sur la société haïtienne perçue à travers les mots, réactions, obsessions, préjugés, vérités dites avérées, tout un ensemble de discours d'intellectuels, politiciens, de gens de la rue entendu dans les radio, lus dans les quelques journaux haïtiens existant, dans les émissions des youtubeuses/youtubeurs et les commentaires sur le net. J'avoue que la lecture de ce texte m'a fait l'effet de ce que peut ressentir quelqu'un naviguant dans le brouillard qui aperçoit au loin un port. Cependant, je déplore et ceci je le dis souvent à des personnes  comme La Loi de ma Bouche,  Ms Renoncourt, Lordimus entre autres, que leurs productions ne soient pas,  à travers des Podcast en créole,  portées à l'attention d'un plus large public afin de participer et de booster la conversation sur l'état des lieux de la société haïtienne et la déracinner de la répétition des mêmes poncifs. ce que dénomme " le syndrome de la queue du macaque." À noter que ce syndrome existe alors même qu'il n'y a jamais eu trace de ces animaux, macaques,  singes, en Haïti.Ce qui dit quelque chose sur les mentalités post-coloniales.

De cette introduction j'ai sélectionné l'extrait suivant :

"A la conclusion du livre, nous proposons que, pour sortir du paradigme colonial, l’introduction des  études postcoloniales dans le curriculum de l’enseignement permettra de stimuler la réflexion. Pour  dire les choses autrement, c’est à ce prix que nous pourrons, en honorant ce que nos ancêtres ont fait  de bon, libérer notre descendance du poids des dettes ataviques. Ainsi, la première expérience de  décolonisation pourra rallier enfin ses petits-enfants créoles et bossales à la volonté, pour parler  comme Achille Mbembé, « de se-savoir-soi-même (le moment de la souveraineté) et de se-tenir-de 

soi-même dans le monde (le mouvement d’autonomie) ». C’est pour avoir craché sur l’héritage du 1er  janvier 1804 qu’ils n’arrivent pas à dégager une conscience nationale à contre-courant du statu quo.  

Pour parler comme Edmond Paul, cet essai tente d’aborder sous un angle différent « les causes de  nos malheurs ». Pourquoi les revendications fondamentales ont-elles été toutes des rendez-vous  manqués ? Pourquoi sommes-nous restés ankylosés dans notre incapacité à gérer certaines avancées  ? On se rappelle que toutes sortes d’aspirations s’étaient manifestées pour l’affirmation de choix  essentiels à la chute du régime sanguinaire des Duvalier. Mais le peuple haïtien s’est encore une fois  retrouvé seul à assumer la désespérance. Notre objet est d’appeler à un reformatage de notre cerveau  et un recadrage de la pensée sans lesquels aucune régénération n’est possible. Pour y arriver, nous  proposons une relecture de la problématique haïtienne avec d’autres lunettes théoriques et sa  réécriture à la lumière des nouvelles théories postcoloniales pour poser les jalons d’un ajustement  culturel.  

Somme toute, notre méthodologie recommande de dresser l’inventaire de notre inconscient collectif  pour arriver à la décantation de nos dettes ataviques. Ce n’est ici ni un clin d’œil au révisionnisme  négrophobe ni à l’eugénisme. Si la première étape obligatoire et quasi rituelle pour trouver le chemin  de la santé est le diagnostic, notre finalité est d’arriver au moins à la reconnaissance d’une  psychopathologie plurielle. "

J'avais noté qu'Haïti était parmi les rares pays des Amériques où n'existait pas dans l'enseignement  des études post-coloniales, comme si l'histoire du pays n'avait commencé qu'en 1804, trois siècles d'esclavage  avec ses trauma ignorés.

Pour être plus explicite je m'autorise à  citer encore M. Hall :

 "Notre objet est de démontrer que la violence était le levier et le garant du système esclavagiste avec  les conséquences que l’on connait et surtout qu’on occulte. Les différentes méthodes et techniques du  formatage colonial sont abordées. Du fatalisme biblique, en passant par le puissant logiciel du Code  noir et le colbertisme, nous essayons d’apporter un éclairage sur ce dispositif idéologico-religieux et  culturel renforcé par le Concordat de 1860 et reconduit par l’expérimentation néocoloniale de  l’occupation américaine. Il s’agit ici de faire demi-tour pour se demander par quel principe sacro-saint  le « civilisateur » aurait assigné une humanité à des « biens meubles » selon ce fameux Code noir.  

Le troisième chapitre met en exergue les instruments de domination des puissances du monde  atlantique pour maintenir la postcolonie dans les rangs. En ce sens, le Concordat de 1860 fut le grand  coup d’envoi d’une expérimentation qui culmina avec l’occupation américaine. De la France jusqu’à  l’arrivée de l’occupant en 1915 en passant par l’Allemagne, rien n’a été négligé pour restaurer et  maintenir le primat de la « blanchitude ». Pour mieux comprendre la chute de l’ange, le cinquième  chapitre remonte au point de départ de la chaine de la « falsification de soi ». Ce chapitre aborde  également l’atavisme colonial et les manifestations épigénétiques liées aux traumatismes du triptyque  haïtien de la traite, de la transplantation et de l’esclavage. Ces modifications épigénétiques sont examinées pour une meilleure compréhension du rôle du triptyque dans l’immobilisme de la  postcolonie. "

Le titre du livre : Le syndrome du transplanté. Il sera présenté en Haïti et aux USA et j'espère que M.Hall traversera l'Atlantique pour venir nous visiter en Europe.

Pour lire le texte en entier c'est dans le lien.

 

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