... réalisateur Juanjo Pereira signe un documentaire aussi dense que glaçant, qui plonge le spectateur dans les entrailles de la dictature militaire d’Alfredo Stroessner au Paraguay (1954-1989), la plus longue qu’ait connue l’Amérique du Sud au XXe siècle. À travers un montage d’archives très dense, le film rend tangible une époque où l’image était à la fois arme de propagande et mémoire à effacer. Peu d’images subsistent de cette période, la plupart ayant été détruites pour réécrire l’histoire. Pereira a patiemment reconstitué ce puzzle à partir de fonds d’archives dispersés à travers le monde, mêlant reportages officiels, séquences de propagande et rares témoignages visuels d’une réalité brutale.
Le culte du chef et la machine répressive
Le film suit une chronologie quasi implacable, rythmée par la présence omniprésente de Stroessner : son coup d’État triomphant, ses alliances avec d’autres dictatures (Videla en Argentine, la junte brésilienne pour la construction du barrage d’Itaipú), ses voyages d’État en France et aux États-Unis, ou encore la protection accordée à des criminels nazis comme Mengele. Aucune voix off ne vient guider le spectateur ; seuls les commentaires d’époque et un montage audacieux – parfois à rebours – créent une atmosphère dystopique, où le rouge du parti Colorado, symbole d’un pouvoir absolu, éclate à l’écran : ce rouge, omniprésent dans les drapeaux, les foulards des militants et les défilés de masse, rappelle étrangement les codes visuels des régimes communistes… alors même que le communisme est le mal absolu.
Sous couvert de « démocratie », Stroessner se fait réélire tous les cinq ans, sans opposition réelle, tandis que syndicalistes, dissidents et autochtones sont traqués, torturés, assassinés. Jusqu’à un Paraguayen sur dix fait partie des Pyragues, informateurs rémunérés de la police politique, qui épient et dénoncent.
Les visages fermés de la foule, contrainte d’acclamer le « père de la nation » sous tous les cieux, les regards de plus en plus absents au fur et à mesure des années en disent long sur la peur et la résignation.
L’héritage empoisonné
Suite dans le lien.
En parlant d'héritage empoisonné Voir ici le texte écrit sur la fausse perception qu'il y aurait eu une démocratie en Haïti e dirigée par des personnalité de gauche, et qu'elle serait responsable de la situation actuelle. D'où une certaine nostalgie de la dictature diffusée et entretenue par journalistes et intellos. Et la réapparition officielle dès 2004 des barons duvaliéristes sur la scène politique en accord avec le CORE Group/USA. D'où l'importance d'un type d'extrême droite comme A. Solà comme conseiller en communication de Martelly et Jovenel ( ce qui a couté pas mal d'argent au pays comme d'hab. dans la plus grande absence de transparence.)
![[À voir] Derrière les drapeaux, le soleil](https://image.over-blog.com/3rKh_l8w25l8PregfgbiwAbdoVM=/170x170/smart/filters:no_upscale()/https%3A%2F%2Ffrance.attac.org%2Flocal%2Fcache-vignettes%2FL2084xH1092%2Fuploadhtml5_hy44gd-29cde.png%3F1772538762)
[À voir] Derrière les drapeaux, le soleil
À partir d'un mince mais vertigineux corpus d'archives, Juanjo Pereira fait revivre la plus longue dictature d'Amérique du Sud au XXe siècle, tout en interrogeant notre rapport contemporain aux ...
Commenter cet article