Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Cuba, Iran, Venezuela : Trump pris à son propre piège - Par VIJAY PRASHAD

Publié par siel sur 5 Avril 2026, 11:46am

Catégories : #NUESTRA AMERICA, #Extreme Droite, #TRUMP, #PEUPLE sans mémoire...

Donald Trump aime gagner. Il l’a clairement exprimé dans son livre de 1987, « L’Art de la négociation », où il explique qu’il aime « voir grand et gagner gros ». Ce que Trump déteste, c’est d’être « perdant », un terme qu’il emploie fréquemment dans « L’Art de la négociation » et qu’il utilise dans ses conversations pour qualifier les personnes qu’il n’apprécie pas. Ces dernières années, gagner des élections est devenu primordial pour Trump (sa défaite face à Joe Biden en 2020 l’a tellement ébranlé qu’il a refusé d’en accepter le résultat). Mais cette année, Trump a concentré ses efforts sur la victoire dans un domaine qu’il avait promis d’éviter : la guerre.

 

Un impérialisme puéril
Le type de guerre que mène Trump est emblématique d’une forme d’impérialisme puéril :

1. Un usage de la puissance militaire états-unienne, principalement aérienne ou par bombardements aériens, guidé par la testostérone, qui donne à la guerre des allures de jeu vidéo.

2. Ce recours à la force doit avoir un impact majeur, comme l’explosion cataclysmique de la plus puissante bombe non nucléaire, la MOAB (Mère de toutes les bombes), utilisée à Nangarhar (Afghanistan) en 2017, l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro, ou l’assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei.

3. Aucune ou un minimum de pertes états-uniennes.

4. Une déclaration de victoire sans reddition et sans considération pour les conséquences régionales ou internationales du conflit.

Le Venezuela et l’Iran sont un exemple de l’application de la grammaire de la guerre impérialiste à laquelle Trump s’identifie pleinement :

1. La diabolisation du dirigeant, présenté comme un narcoterroriste (Maduro) ou un terroriste nucléaire (Khamenei).

2. Le déploiement d’une flotte meurtrière de navires et d’avions au large des côtes du pays diabolisé.

3. Des négociations servant de leurre, et de paravent aux plans militaires.

4. L’éviction du dirigeant par enlèvement (Maduro) ou assassinat (Khamenei).

5. L’annonce médiatique du « changement de régime réussi », avec la mise en place d’un gouvernement docile, qui affirme désormais publiquement obéir aux ordres états-uniens, sans révolte interne organisée et sans perspective de changement de direction politique au-delà du dirigeant suprême (afin d’épargner à Trump le fardeau des expériences irakienne et afghane).

Sauf qu’au Venezuela, où, après le choc de l’enlèvement de Maduro, il semblait pendant quelques jours que le gouvernement de la présidente par intérim Delcy Rodríguez suivrait les instructions pour prévenir une nouvelle attaque, elle a déclaré le 26 janvier en avoir « assez des ordres de Washington ». Et la situation en Iran est plus tendue. Les dirigeants ont refusé toute offre de cessez-le-feu ou de négociations, et encore moins un changement de cap. L’annonce de « très bonnes négociations » (sic) par Trump, s’est avérée être une fake news. L’Iran a refusé de suivre le scénario décrit au point 5, a désigné Mojtaba Khamenei comme nouveau Guide suprême et a empêché Trump d’avoir son mot à dire dans le processus, conscient qu’il s’agit d’un combat existentiel contre un ennemi qui vous attaque en pleine négociation, et auquel on ne peut faire la moindre confiance. Les Iraniens ripostent avec acharnement, piégeant les États-Unis dans une guerre qui pourrait soit les enliser dans un bourbier comme en Irak (avec des pertes américaines très lourdes en cas d’intervention terrestre), soit mener à une retraite humiliante comme en Afghanistan ou en Libye (deux pays bombardés depuis hors de contrôle états-unien).

L’annexion de Cuba sous une forme ou une autre
Après avoir échoué à gagner la guerre en Iran et à s’imposer pleinement au Venezuela, Trump a reporté son attention sur Cuba. Mi-mars, alors que Cuba était plongée dans le noir en raison de l’embargo pétrolier qu’il avait décrété, Trump a déclaré aux journalistes dans le Bureau ovale : « Je crois que j’aurai l’honneur de prendre Cuba. C’est un grand honneur. Prendre Cuba sous une forme ou une autre. Je veux dire, que je la libère ou que je la prenne. Vous pensez que je peux faire tout ce que je veux ? Vous voulez savoir la vérité ?» Ces propos sont surprenants, mais en résumé, ils révèlent toute la politique états-unienne depuis la révolution cubaine de 1959 : les États-Unis ont toujours considéré qu’ils pouvaient tout faire de Cuba et que Cuba n’avait aucune souveraineté. Aucun élu états-unien de premier plan n’a condamné cette politique d’étouffement imposée à une île d’environ dix millions d’habitants.

Suite dans le lien.
 

 

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents