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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


L'alphabétisation un problème qui pourrait être réglé en trois ans, d'après le président Préval

Publié par Elsie HAAS sur 7 Mai 2007, 11:38am

Catégories : #PEUPLE sans mémoire...

Lors de sa récente participation au sommet de l’Alba, au Venezuela,  le président Préval aurait annoncé que, «  Grâce à l’aide qu’Haïti reçoit de Cuba et celle qu’elle attend de la collaboration avec l’Alba (Alternative bolivarienne pour les peuples de notre Amérique), Haiti sera un territoire libéré de l’analphabétisme en l’espace de 3 ans ».

La volonté politique du chef d’Etat ne saurait  être mise en doute. Mais Haïti n’a pas comme le Venezuela, ou  le Mexique où ce programme d’alphabétisation a marché, même pas un semblant d' administration  structurée qui pourrait garantir la  pleine réalisation de cet objectif.

Et même dans  des pays occidentaux où l’Etat est parfaitement organisé, la volonté  politique ne suffit pas toujours. Les réticences, et obstacles au sein de la machine de l’Etat peuvent  freiner  la mise en place de projets pourtant  défendus par le chef de l’Etat et appuyés par le Parlement. En France par exemple, c’est un constat qu’on fait régulièrement. Alors en Haïti….   On trouve des fonctionnaires qui font de la rétention d’informations ou simplement ne "sont pas au courant",  il y a ceux qui veulent des « pourboire », il y a ceux à qui votre tête ne revient pas, ceux qui considèrent que vous leur avez" mal parlé" et  aussi, la majorité,  ceux qui se désintéressent de tout dont ils ne peuvent pas tirer de bénéfices personnels. Comment les condamner ? On connaît les conditions déplorables dans lesquelles ils travaillent, les bas salaires (rien à voir avec celui de la copine de Wolowitz, le patron de la Banque mondiale ), les conditions dans lesquelles ils vivent, leurs problèmes de transport, de santé, d'éducation, de parents, etc

J’ ai eu récemment au téléphone la directrice de l’Institut Montfort, une religieuse haïtienne remarquable et par ailleurs ma cousine (si si j'en suis fière !) qui prend en charge de jeunes sourds et muets. L’institut est installé dans un quartier difficile, celui de Saint Martin. Donc ils ont peu de visiteurs  ces temps-ci et se débrouillent seuls avec quelques aides financières étrangères. Entre parenthèses, ils font de l’artisanat qui sera d’ailleurs en vente prochainement, vers le 10 mai dans une foire organisée au Canapé Vert.  Renseignez vous. Voici le numéro de tel de l'institut Montfort : 222 09 92 .  Et n’oubliez pas d’aller faire vos achats !

Donc la directrice m’apprend qu’elle avait, actuellement, une enfant de cinq ans avec un problème cardiaque, qui devrait être opérée aux USA. Pour aller aux USA, il faut un visa. Pour obtenir le visa, il faut des papiers d’identité.  Là commence  les aller et retour d’une administration à l’autre et les déboursements successifs pour papiers d’archives, pour rectification ou correction, pour jugements, pour jugements conformes, etc. La directrice me racontait sa fatigue, elle n’est plus très jeune, face aux difficultés pour se déplacer dans Port-au-Prince pour se rendre aux différents lieux : archives, contributions, ambassade américaine, etc  Un parcours du combattant pour la survie des enfants et de l’ institution Montfort qu’elle poursuit depuis une cinquantaine d’années. Je n'arrive pas à comprendre que quelqu'un qui fait un boulot comme celui là reconnu d'utilité publique, depuis tant d'années ne puissent pas jouir du privilège d'avoir dans l'administration quelqu'un qui s'occupe de ce genre de dossier et qui lui facilite les démarches.

La directrice me disait également qu’i n’y avait pas d’eau. « Heureusement, il a plu et on a pu remplir les citernes. Pour l’eau potable, je viens d’acheter deux camions d’eau. »
L’eau potable en Haïti ! Elle est devenue une marchandise de luxe réservée aux plus riches. Comment en est-on arrivé à  ce que tout un chacun considère comme la chose la  plus normale du monde que des personnes fassent commerce d’eau potable stockée dans des camions citernes ? Qui garantit que l’eau de ces camions est véritablement potable ? Est-ce qu’il y a des vérifications, analyses etc,  faites par un quelconque service de santé publique concernant même la propreté  et l'entretien des camions en question  ?  Quel service est en charge de la régulation de ce commerce d’un troisième type ?  Qu’est-ce qui m’empêcherait moi demain si j’étais un zotobre- chose que je ne suis pas, je vous rassure tout de suite- de me mettre dans le commerce de l’eau du jour au lendemain, parce que cela rapporte gros ?

Tout ça pour dire que la volonté politique d’accomplir des changements radicaux du président d’Haïti et de son Premier ministre existe. Cependant elle se trouve contrecarrée, par le manque de motivation de  fonctionnaires désabusés et mal payés; et par  les pratiques et manigances constantes de ceux qui se serrent les coudes et sont solidaires à tous les échelons –public et privé confondus- pour barrer la route à l’émancipation et à l’autonomie du peuple haïtien  de manière à  conserver une  sorte « d’immunité diplomatique » dans leur propre pays. Si l'une de ces personnes avait un de ces enfants qui devrait être opérée d'urgence aux USA, nul doute qu'elle n'aurait pas de mal à se procurer les documents administratifs nécessaires.
On ne peut rien faire contre les passe-droit qui existent dans toutes les sociétés.  Cela n'empêche pas qu'il puisse y avoir de la  cohérence et de l'efficacité (un minimum) dans les services  de l'administration.

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