http://nuitetoilee.canalblog.com/archives/2007/04/20/4690322.html
Les Haïtiens de la diaspora ne ratent pas une occasion pour déclamer leur amour pour leur pays. Toute occasion est bonne pour re-re-répéter des anecdotes, des récits, des zen (ragots, rumeurs).
C’est des Haïti chéri par ci, des Haïti chéri par là à longueur de temps.
Et puis, en même temps, comme si l’un n’allait pas sans l’autre, un de leur sport favori est de médire de leurs compatriotes. A les entendre tous des incapables, des inconséquents, des moins que rien.
Et pourtant, il y en a qui se réjouissent d’être en Haïti comme vous pourrez le voir à travers les photos et les commentaires de ce blog.
Les Français d’Haïti ont voté en majorité pour Sarkozi. Pour l’auteur du blog ce n’est pas étonnant parce qu’ils vivent là-bas une vie de super privilégiés, confinés dans leur monde ayant peu de contacts avec les « indigènes ». Ce constat nous ramène à une réflexion déjà entamée sur ce blog à propos de la fameuse formule d’Aimé Césaire « le génocide par substitution » qui consiste à remplacer une population par une autre. Et si vous lisez et regardez attentivement ce blog, vous constaterez qu’il y a un petit air de cette partition qui se joue actuellement en Haïti.
Comment cela se fait-il que les retraités haïtiens de la diaspora ne s’organisent pas pour créer des structures de manière à pouvoir aider leurs compatriotes, créer des emplois et en même temps passer du bon temps comme le font ces coopérants.
Il y a non seulement une classe moyenne importante aux USA et au Canada mais aussi une poignée d’individus riches qui préfèrent aller dépenser leur argent en Europe, acheter des biens immobiliers à l’étranger, et finir leur vie dans des maisons de retraite à l’étranger.
C’est un total non-sens. Comment peut-on préférer finir ses vieux jours dans une froide bâtisse canadienne ou bien même à Miami sous le soleil US plutôt que de jouir de la beauté exceptionnelle des paysages de son pays, de ses femmes, hommes et enfants- sans parler de ses fruits, légumes et poissons qu’on trouve encore, quoiqu’on en dise, à profusion en province.
Un des arguments est que les soins de santé sont déficients. D’abord, est-ce qu’ils sont aussi bons qu’on le dit dans le Nord ? Ensuite tout le monde sait que la santé physique est en relation avec le psychisme. Une personne âgée qui se retrouve dans un environnement favorable a beaucoup plus de chance d’être en bonne santé que dans le cas contraire.
De plus, qu’est ce qui empêche tous ces ingénieurs, médecins, infirmières et autres personnels de santé de se mettre ensemble pour financer, planifier, élaborer des maisons de santé qui correspondraient au besoin des personnes du troisième âge qui ont vécu en diaspora tout en respectant l’environnement du pays et sa culture. Qu’est-ce qui les empêche d’être ambitieux pour eux-mêmes, pour leur pays ?
Un autre argument invoqué est l’insécurité. Regardez bien les photos de ce blog qui datent de mai 2007. Y voit-on trace d’insécurité ou de peur sur ces visages de Français souriants ?
On objectera que ce sont des Blancs et que les kidnappeurs n’attaquent pas les Blancs. Ce n’est pas totalement faux. Mais des kidnappings encore une fois, il y en a bien plus dans les autres pays d’Amérique Latine et de la Caraïbe, au Brésil, au Mexique, au Guatemala, à la Jamaïque, par exemple et des meurtres aussi. La différence est que ces agressions ne sont pas montées en épingle par la presse de ces pays qui vivent du tourisme et qui n’ont pas intérêt à repousser les voyageurs.
Tout le monde s’accorde pour dire que la diaspora peut être une manne extraordinaire pour le tourisme en Haïti. Alors pourquoi faire systématiquement peur à cette diaspora ?
Qui a intérêt à ce que les gens de ce pays qui ont de l’argent restent à l’extérieur et que ceux qui en sont démunis le quittent ?
Pour conclure, une jeune femme de Palestine me disait que depuis son retour à Ramallah après un long exil en Angleterre, elle organisait des marches avec des groupes de 20, 30 personnes une fois par semaine. C’était pour elle un moyen de dépasser la peur et aussi simplement de connaître et d’occuper son pays.
Excellente idée parce que la marche à pied, en nombre, offre l’occasion de voir la nature de son pays de près, de rencontrer, de connaître et de mieux comprendre les gens en toute sécurité.
Est-ce que 30 à 40 personnes qui font le chemin, par exemple, de la Forêt des Pins à Jacmel à pied risquent de se faire attaquer ?
Le meilleur moyen pour faire fuir l’insécurité est d’occuper le terrain. Ce TERRAIN leur a été légué par les premiers habitants caraïbes et par leurs aïeux originaires d’Afrique. Il s’agit d’un legs précieux, une affaire quasi-philosophique.
L’histoire d’Haïti est exceptionnelle, nous le savons. Et c’est une des raisons qui fait que les Haïtiens de la diaspora ne doivent pas s’en laisser conter et avaler toutes les couleuvres dont celle qui consiste à répéter dans tous les média la fameuse formule « le pays le plus pauvre de l’hémisphère ouest » une manière de leur faire honte et de les détacher de leur pays.
Sinon, un jour, pas si lointain que cela, il seront des exilés sur leur propre terre comme ils le sont en Occident.
Les photos de ce blog de coopérants montrent clairement qu'il fait bon vivre en Haïti quand on a un peu d'argent et qu'on ne veut pas forcément être président de la République.
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