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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Le rapporteur de l’ONU pour le droit à l’alimentation demande un moratoire de cinq ans sur la production des biocarburants à partir de plantes vivrières

Publié par Elsie HAAS sur 12 Octobre 2007, 19:33pm

Catégories : #ECONOMIE

Chères lectrices, chers lecteurs des pays du Sud et d'ailleurs, ne vous laissez pas gruger par cette nouvelle opération pour enchaîner vos pays aux financiers internationaux. Suite aux avanies actuelles du FMI et de la BM, les idéologues du  Consensus de Washington  sont en train de mettre sur pied un vaste programme de récupération des terres agricoles pour les transformer en "terres à carburant". Il s'agit d'une attaque contre le  développement des populations du Sud, habilement déguisée en une  solution économique pour sortir ces pays de la pauvreté. Ce n'est qu'un leurre de plus, après  celui des usuriers de la BM et du FMI. Nous savons que  le président Lula, allié aux multinationales du Brésil, milite ardemment pour que les pays d'Amérique centrale et des Caraïbes deviennent des sortes de prestataires de ce commerce. Haïti, qui  est déjà dans un état de dépendance par rapport à l'alimentation est sur la ligne de mire. Et de par la fragilité de son économie pourrait succomber à ce mirage. Il faut être vigilant et dire non à ce nouveau plan qui aura pour conséquence d'augmenter les famines dans les pays du Sud  d'un côté et de l'aute  d'enrichir les firmes occidentales et leurs prestataires locaux.

ethanol-3data.jpg
                                                   Au Brésil, coupeur de cannes destinées à la production d'ethanol

swissinfo

Craignant une « hécatombe », le rapporteur de l’ONU pour le droit à l’alimentation demande un moratoire de cinq ans sur la production des biocarburants à partir de plantes vivrières.

Faits à partir de maïs ou de céréales, ces carburants feront grimper les prix de ces denrées de base, aggravant les situations de faim dans le monde

Le 16 octobre sera Journée mondiale de l’alimentation. Dans son rapport à l’Assemblée générale de l’ONU pour l’occasion - qu’il a dévoilé jeudi déjà -, Jean Ziegler demandera ce moratoire.

Histoire de se donner le temps d’« évaluer l’impact des biocarburants sur les droits économiques et l’environnement et de développer les investissements dans les technologies de deuxième génération destinées à produire des biocarburants ».

Les biocarburants doivent être produits à partir de plantes non alimentaires, de déchets agricoles et de débris végétaux, plutôt qu’à partir de cultures vivrières, afin d’éviter des augmentations massives de prix des céréales, aggravant la situation de la faim dans le monde, affirme Jean Ziegler.

Une année de maïs pour un plein

Le rapporteur souligne que pour faire le plein d’une voiture au biocarburant, soit 50 litres, il faut environ 200 kilos de maïs, quantité qui permet de nourrir une personne pendant un an.

Outre le Brésil et les Etats-Unis, principaux pays producteurs, Ziegler critique l’Union européenne qui a fixé à 5,75% la part des agrocarburants dans l’énergie utilisée pour les transports d’ici à 2010 et à 10% d’ici à 2020.

Prenant l’exemple du Brésil, le rapporteur de l’ONU déplore que les plantations de canne à sucre destinées à la production de biocarburants s’étendent aux dépens des cultures vivrières. Car en moyenne, ces dernières font vivre entre sept et dix agriculteurs sur 10 hectares, alors que pour la même surface, la canne à sucre n’offre qu’un seul emploi.

Ainsi, le prix du maïs pourrait augmenter de 20% d’ici à 2010, les prix des oléagineux de 26% et ceux du blé de 11%, indique Jean Ziegler dans son rapport à l’Assemblée générale.

Martyrs et réfugiés de la faim

Selon le document, le nombre de personnes souffrant de sous-alimentation s’accroîtra de 16 millions chaque fois que le prix réel des aliments de base augmentera de 1%. Cela veut dire que d’ici à 2025, 1,2 milliard de personnes connaîtront la faim.

Aujourd’hui déjà, le nombre des affamés continue d’augmenter dans le monde : 12 millions de plus en une année, soit 854 millions. Et 36 millions de personnes meurent chaque année de ne pas manger suffisamment.

Dans son rapport, Jean Ziegler demande également que les Etats élaborent un nouveau traité sur les réfugiés de la faim. Il plaide pour la reconnaissance au minimum d’un « principe de non-refoulement provisoire » pour les personnes menacées de sous-alimentation.

« Il faut mettre un terme au drame humain qui se déroule en Méditerranée. Les Européens y répondent seulement par des moyens militaires. Les réfugiés de la faim ne sont pas des réfugiés économiques. Ils luttent pour leur survie », martèle le rapporteur de l’ONU.

swissinfo et les agences

Voir en ligne: Le rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation (angl.)

 

http://www.humanrights-geneva.info/article.php3?id_article=2358

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