
par Decio Machado
La tendance principale des puissances et des pays industrialisés est au contrôle et à la monopolisation des sources d’eau. Ils le justifient en arguant que la gestion publique a été incapable de satisfaire les besoins élémentaires en eau des citoyens et qu’il faut donc céder, attribuer sous forme de concessions, municipaliser, donner ou vendre les systèmes de distribution à l’entreprise privée. Avec du capital privé, le service est plus efficace.
Les habitants des zones les plus pauvres de Tegucigalpa, San Pedro Sula, Progreso et d’autres villes, paient pour l’eau qu’ils consomment : ils s’approvisionnent auprès de vendeurs d’eau en camions-citernes et en bouteilles qui ont fait de cette activité un commerce. Les vendeurs d’eau s’approvisionnent dans les réservoirs du principal opérateur du service de la ville, SANAA, qui leur vend le gallon [1] 2,5 centimes de lempira (un centime de dollar pour 7 gallons d’eau). Les vendeurs d’eau approvisionnent environ 100 quartiers pauvres qui ne disposent pas d’eau courante pour différentes raisons, notamment à cause de la difficulté d’accès du réseau à ces communautés, leurs baraques étant situées sur les flancs des collines qui bordent la capitale. Plus de 500 000 personnes, les moins favorisées, vivent ainsi, en investissant une grande partie de leurs revenus quotidiens dans l’achat d’au moins un gallon d’eau.
Résistances
Les mobilisations de résistance à la privatisation de Aguas de San Pedro Sula (Eaux de San Pedro Sula) ont été l’un des cas emblématiques de tout le processus de défense de l’eau. Mais ce n’est pas le seul, dans des dizaines de communes (La Esperanza, Intubucá, Concepción,...), il existe un mouvement contre la concession ou la privatisation de l’eau. Dans de nombreux cas, lors d’assemblées et à l’unanimité, des populations se sont mises d’accord pour interdire la privatisation ou la concession, et on a même interdit l’application de la loi sur l’eau potable.
Le Honduras subit depuis déjà près de 20 ans les ajustements structurels, la transnationalisation, la privatisation des ressources et des biens publics, la répression et l’impunité, la corruption gouvernementale, l’imposition de lois en fonction de l’intérêt des transnationales et les recettes du FMI, de la BID et de la Banque mondiale qui ont conduit à l’augmentation de la dette externe et l’accroissement de la population plongée dans la pauvreté.
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[1] [NDLR] Le gallon (symbole : gal) est une unité de volume anglo-saxonne, utilisée pour mesurer les liquides. Un gallon US équivaut à 3,785 411 784 litres.
Source : corriente[a]lterna / Espacio Alternativo (http://www.espacioalternativo.org), 25 juillet 2007.
Traduction : Anne Habozit, pour le RISAL (http://risal.collectifs.net).
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