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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Libres correspondances entre les manifs d’étudiants au Venezuela, Attila contre GNB, le Rotary club en Haïti et la privatisation de l’eau, le FMI

Publié par Elsie HAAS sur 9 Novembre 2007, 23:37pm

Catégories : #REFLEXIONS perso

 
La déstabilsation du Venezuela  est toujours d’actualité. La "société civile" ne chôme pas.
incendiodos.jpg                                Les étudiants  venezueliens qui manifestent  ont allumé un incendie
Un film est en train de se tourner : « Senor Presidente » , dirigé par Romul Guardia tiré  du roman qui porte le même nom de Miguel Angel Asturias qui met en scène le personnage d’un dictateur sud-américain ( pas Pinochet, bien sûr)  Miguel Angel Asturias avait reçu le Nobel en 1967 pour ce livre.
Tout ça c’est du déjà vu : les étudiants qui cherchent l’affrontement avec la police pour crier à la dictature afin de déclencher des actions punitives du  gouvernement  « démocratique » étatsunien. C’est le même truc qui avait fonctionné en Haïti, en 2003, 2004.
Le coup du film aussi. Le cinéaste Arnold Antonin s’était, hélas, fendu d’un Attila contre GNB (Grennanbounda) J’ai déjà dit que je trouvais non seulement ridicule mais aussi une grossière manipulation  de comparer Aristide à un personnage de l’ampleur d’Attila. Un type qui a fait peur à toute l’Europe.  Ensuite que la comparaison était eurocentriste, pour ne pas dire raciste,  vu qu’Attila était un guerrier asiatique, un non-Blanc, considéré  pour des raisons de propagande par les  Européens (une petite recherche sur le personnage vous informera du contraire) comme un « sauvage » du fait même de cette appartenance ethnique. Ca me rappelle ces histoires de Noirs applaudissant au cinéma,  quand le cow-boy Blanc tue l’Indien.


A propos de ces manifestations estudiantines, sur le Blog de Jean Luc Mélanchon un lecteur a dit très justement:

 Mon avis sur ces étudiants c'est que ce sont des étudiants issus des couches moyennes; celles qui forment l'opposition à Chavez et sont contre la révolution bolivarienne. Ils sont instrumentalisés par les USA pour créer une révolution orange au Vénézuela qui n'a pas l'air de marcher; mais ils essaient sans relâche.
La réforme constitutionnelle qui est débattue à la base donnera plus de démocratie au peuple vénézuelien et plus de droits. Mais il faudrait tout un long développement là dessus. Si tu lis l'anglais elle est bien expliquée en résumé sur le blog de vicuk.org et tu en trouveras aussi sur le site du cercle bolivarien de Paris.

Je vous recommande chaudement la visite du blog du Sénateur Méluchon qui narre son séjour en Amérique Latine http://www.jean-luc-melenchon.fr

A lire aussi la lecture par rapport aux intellectuels néocons (version haïtienne les Zen-tellectuels): Les nouveaux chiens de garde de Serge Halimi
Par rapport au média aux ordres :  Les petits soldats du journalisme de François Ruffin
Et aussi sur la fabrication des Zens (ragôts) «
Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits. »

Nous savons qu'Haïti  est un parmi  les pays les plus privatisés au monde. Ou l’agenda des FMI /BM a été suivi à la lettre; C'est un "bon élève". A l’inverse de ce  que nous chantent tous les « storytellers », c’est l’échec de cette politique qui nous vaut la situation délabrée actuelle du pays- un Etat dévitalisé conséquence des mesures de restructuration imposées par ceux qui exigent des sacrifices des pauvres pour remplir les portes-monnaie des riches.
Mais il reste, après les télécommunications (c’est fait ), l’éducation (c’est fait) l’électricité (c’est en cours) un programme extrêmement juteux et profitable : la privatisation de l’eau.
Comme vous autres Haïtiens et étrangers en visite, avez pu le remarquer, il y a un gaspillage terrible de l’eau en Haïti ( pas de construction de réservoir pour récupérer l’eau de pluie dans les villages, pas le moindre petit barrage même artisanal,  réseau de canalisations défectueux, l'eau s'écoule souvent à perte, systêmes d'irrigation pratiquement non existants, etc)
On vous dira : c’est la faute à l’Etat.
Il faudrait rectifier : c’est la faute à la corruption.
Qui fait en sorte que l’ensemble des entreprises de l’Etat ne soient pas fonctionnelles ?  Qui à intérêt à faire payer l’eau  ? La gestion de l'eau par une entreprise privée, à l’inverse de ce qui se répète, ne garantit pas l’efficacité du service.  Une petite recherche sur ce qui se passe au Nicaragua,  par exemple, où il y a eu privatisation
vous donnera une idée de l'ampleur du gachis.
Quant au prix à payer, élevé  par rapport au niveau de vie de la population, pour utiliser un bien qui devrait être absolument gratuit particulièrement dans des pays du Sud, ça frise carrément la prédation.
D‘ailleurs en France, un grand nombre de  villes et de communes sont en cours de résiliation des contrats privés/ /publics passés pour la distribution de l’eau, il y a une vingtaine d’années.
La ville de Paris, dont le maire est m. Delanoe, vient de décidr quelle ne reconduirait pas son contrat de gestion de l'eau passé avec des groupes privés. La municipalité va reprendre en main ce service.
 Donc,  nous avons d’un côté des  communes et régions, en France, qui ont fait une expérience négative  de cette gestion de l’eau par le privé et qui souhaitent mettre fin à cette expérience et d’un autre côté dans les pays du Sud, une  volonté du  FMI + ses alliés locaux et les firmes internationales d’imposer la privatisation de l’eau à ces pays. Notamment en ce moment en Haïti où ça se prépare.
Justement. Le Rotary Club  d'Haïti organise le 14-15 décembre en Haïti une conférence  " Rotary Club Water Summit. New dimensions in Clean Water » trad mot à mot «  Nouvelles approches dans l’eau propre. »
WOuaaah !
Apparemment quand on regarde le programme, ça a l’apparence d’une dimension de développement écologique ( à voir l’emploi  récurrent du terme Sustainability )
Mais  à lire l'intitulé de la présentation du Rotary club et connaissant Haïti, ça sent le Canada Dry. On sent l'arbre qui cache la forêt.

"Le Rotary est une association de membres issus des milieux d'affaires et des professions libérales qui se consacrent à l'action humanitaire et encouragent l'observation de règles de haute probité dans l'exercice de toute profession ainsi que l'entente entre les peuples. Approximativement 1,2 million de Rotariens sont membres de plus de 31 000 Rotary Clubs présents dans 166 pays. Le club de Petion-Ville a été fondé en
1973."

Vous pouvez voir tout ça à :


http://haitiwatersummit.org/

A propos du FMI qui, selon mon interprétation  perso, est lié à un certain nombre d’ organisations  dites humanitaires, un article récent:

Abolir un FMI moribond et coupable

En ce 1er novembre, Dominique Strauss-Kahn prend ses fonctions à la tête du FMI après un long processus savamment orchestré : choix de sa candidature par Nicolas Sarkozy afin d'affaiblir davantage encore l'opposition politique en France ; accord très rapide sur son nom de la part des 27 pays de l'Union européenne afin de couper court aux critiques sur la règle tacite qui attribue systématiquement la présidence du FMI à un Européen (en échange de la direction de la Banque mondiale pour un Etats-Unien) ; campagne à travers des dizaines de pays soutenue par une coûteuse agence de communication, sur le thème de la « réforme » du FMI et de son soutien aux pays pauvres ; apparition surprise d'un autre candidat (le Tchèque Josef Tosovsky) qui n'avait aucune chance d'être nommé mais a donné l'apparence d'un processus démocratique ; et pour finir, désignation à l'unanimité de Dominique Strauss-Kahn.

par Damien Millet, Éric Toussaint


Abolir un FMI moribond et coupable

Ce tour de passe-passe médiatique avait pour but de dissimuler la réalité du FMI en sévère crise de légitimité. Les pays du Sud ne veulent plus faire appel à lui pour ne pas avoir ensuite à subir sa domination brutale. Nombre d’entre eux (Brésil, Argentine, Indonésie, etc.) ont même remboursé par anticipation ce qu’ils lui devaient pour se débarrasser de sa tutelle encombrante. Si bien qu’actuellement, le FMI ne parvient plus à couvrir ses frais de fonctionnement et que son existence même est menacée. D’où la nécessaire « réforme », non pour insuffler un changement démocratique prenant en compte l’intérêt des populations les plus pauvres, mais pour assurer rien moins que sa survie et faire face à une forte contestation à travers la planète.

Il ne fait aucun doute qu’un bilan exhaustif du FMI s’impose. Le FMI est une institution qui, depuis plus de 60 ans, exige avec la plus grande violence que les dirigeants des pays dits « en développement » appliquent des mesures économiques servant l’intérêt des riches créanciers et des très grandes entreprises. Dans ce but, durant les dernières décennies, le FMI a apporté un soutien essentiel à de nombreux régimes dictatoriaux et corrompus, de Pinochet au Chili à Suharto en Indonésie, de Mobutu au Zaïre à Videla en Argentine, et actuellement encore de Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville à Déby au Tchad, et tant d’autres. Depuis la crise de la dette au début des années 1980, le FMI impose aux forceps des programmes d’ajustement structurel aux conséquences dramatiques pour les peuples du Sud : réduction drastique des budgets sociaux et des subventions aux produits de première nécessité, ouverture des marchés et mise en concurrence déloyale des petits producteurs avec les multinationales, production tournée vers l’exportation et abandon du principe de souveraineté alimentaire, privatisations massives, fiscalité aggravant les inégalités…

Le temps est venu pour le FMI de rendre des comptes. Nulle institution ne peut se placer au-dessus des textes et traités internationaux et pourtant le FMI s’accorde, de par ses statuts, une immunité juridique totale. Toute réforme du FMI ne pourra se faire sans l’aval des Etats-Unis qui détiennent une minorité de blocage absolument inacceptable. Tout projet de réforme modifiant les rapports de force internationaux sera donc bloqué par les représentants des grands créanciers. Ces éléments rendent impossible tout changement acceptable de l’intérieur du FMI.

Dès lors la conclusion s’impose : puisque le FMI a largement fait la preuve de son échec en termes de développement humain et qu’il est impossible d’exiger de lui qu’il rende des comptes pour son action depuis 60 ans, il faut exiger son abolition et son remplacement par une institution transparente et démocratique, dont la mission sera enfin centrée sur la garantie des droits fondamentaux.

infos article
URL: http://www.cadtm.org

Vendredi 02 Novembre 2007

La conclusion me paraît un vœu pieux, compte tenu du rapport de force. Il serait plus judicieux de s’employer à mettre en route, le plus rapidement possible, cette Banque du Sud initiée par Chavez de manière à ne plus dépendre du FMI.

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