Quel crédit accorder aux accords de codéveloppement entre Haïti et la France qui viennent d'être signés entre Mrs. Généus et Conan
Publié par Elsie HAAS
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20 Décembre 2007, 13:15pm
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#REFLEXIONS perso
D'après une dépêche d'AlterPresse, le 12 décembre dernier ont été signés entre le ministre des Haïtiens vivants à l'Etranger et l'ambassadeur de France en Haïti des accords dits de codéveloppement. Selon l'ambassadeur de France codéveloppement signifierait "toute action d’aide au développement, quelle que soit le secteur dans lequel elle est réalisée, à laquelle participent des migrants vivant en France (métropolitaine et DOM-TOM)."
D'après l'ambassadeur, M. Conan, le programme a pour but d'aider des projets d'associations et/ou d'Haïtiens vivant en France en Haïti. Mais si on lit entre les lignes,"dans le cas d’un migrant vivant en France qui souhaiterait retourner vivre en Haïti, le programme peut le soutenir à hauteur de 7000 euros pour mettre en place un projet générateur de revenus qui lui permettra de vivre", on comprend bien que dans le cadre de la nouvelle politique d'"émigration choisie" du gouvernement français, il s'agirait d'une sorte de prime à "l'éloignement".
Un programme similaire existe déjà au Mali, où rappelons-le, M. Conan a occupé le poste d' ambassadeur précédemment. Il est possible de se renseigner auprès des Maliens et des associations maliennes pour connaître l'impact de ces ces mesures et leur efficacité dans la lutte contre l'émigration, puisqu'en réalité c'est bien le but de cet accord.
L'argument avancé par le ministre haïtien selon lequel ce type d'accord pourrait remédier au fait qu' " Haïti enregistre la fuite de cerveaux la plus élevée au monde " ne tient pas la route dans la mesure où les professionnels du batiment, de la santé, de l'éducation, les ingénieurs, les informaticiens par exemple, dont Haïti auraient besoin ne sont pas visés par ce type d'accord. Et pour cause. Le principe de l'émigration choisie c'est justement de garder le bon grain en Occident et de jeter l'ivraie dans les pays du Sud.
Espérons que le ministre Généus finira par entendre les voix de la diaspora haïtienne qui ont fait la même analyse (et lui ont remis moult documents pour l'étayer) que celle du "Crisis Group" ( publiée sur le blog) qu'elles peuvent être des partenaires d'un "réel" codéveloppement" avec leur pays d'origine.
Mais pourquoi est-ce toujours plus facile 200 ans après l'indépendance d'écouter le "Blanc" que ses compatriotes dans ce foutu pays ?
Quand est-ce que les fonctionnaires du gouvernement haïtien méditeront sur cette phrase du Général de Gaulle "la France gaulliste n'a pas d'amis, elle n' a que des intérêts" pour la reprendre à leur propre compte ?
Je sais, chères lectrices, chers lecteurs vous pensez que mes "espérons " nombreux sur ce blog, ont fort à voir avec "quand les poules auront des dents." Mais s'il y a des pistes il faut les explorer, quitte à ce que ce soient d'autres générations qui les mettent à profit.
Sources: AlterPress 14/12/2007
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