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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Préval aurait décidé de transformer les Casernes Dessalines en mémorial des victimes des Duvalier père et fils

Publié par Elsie HAAS sur 6 Janvier 2008, 04:56am

Catégories : #PEUPLE sans mémoire...

Haiti keeps alive the truth of past evils

Posted on Wed, Jan. 02, 2008

 

BY JACQUELINE CHARLES

jcharles@MiamiHerald.com

Miguel Vencis displays a skull and bullets from it that he found at Fort Dimanche prison in Port-au-Prince, a death camp during the dictatorship of 'Baby Doc' Duvalier.

PORT-AU-PRINCE --

Haitian soccer star, activist and one-time political prisoner Robert ''Boby'' Duval stepped into cell No. 10, looked around and vowed not to break down.
Boby Duval, star haïtienne du football, ancien prisonnier politique sous Duvalier pénètre dans la cellule N°10,  jette un coup d'oeil et espère ne pas craquer.

The tears came anyway.
Néanmoins,  il ne peut arrêter les larmes.

''The hardest part was the anguish over the uncertainty; not knowing whether today you will live or die,'' said Duval, recalling the hellish months during the Duvalier dictatorship that he spent in the 5-foot-by-8-foot cell in military barracks just steps from the presidential palace.
" Le plus dur c'était l'angoisse de  l'incertitude, se demander  chaque jour si on allait vivre ou mourir." dit Duval qui rappelle l'enfer vécu pendant des mois  pendant la dictature de Duvalier dans une  minuscule cellule  dans les casernes militaires à quelques pas du palais présidentiel.

``It was a torture chamber.''
C'était une chambre de tortures

It is those horrible memories of Haiti's oppressive past that President René Préval wants to keep alive by turning the Casernes Dessalines into a museum -- not only to preserve history but to counter the wave of nostalgia sweeping the nation, especially its youth, for ``the good old days.''
Ce sont ces  horribles  souvenirs d'un passé marqué par l'oppression que le  Président Préval souhaite maintenir vivants en transformant les Casernes Dessalines en un Musée- non seulement pour  préserver l'Histoire mais pour contrer la vague de nostalgie qui balaye le pays, spécialement chez les jeunes, pour le " bon vieux temps."

The subject of dinner parties and street conversations, the nostalgia is rooted in the belief that life was better under the father-son dictatorship of Francois ''Papa Doc'' and Jean-Claude ''Baby Doc'' Duvalier from 1957 to 1986. There were jobs. There were scholarships to French universities. There was electricity.
Dans les  soirées, dans les rues, les conversations empreintes  de nostalgie sont basées sur la croyance que la vie était meilleure du temps de la dictature des Duvalier père et fils de 1957 à 1986. Il y avait du travail. Des bourses pour les universités françaises. Il y avait de l'électricité.

''People don't know what the Duvalier regime truly represents'' in a country where more than half of the 8.5 million citizens are 25 and younger, Préval told The Miami Herald.
"Les gens ne savent pas  ce que représentait  véritablement le régime de  Duvalier, dans un pays où  l'âge de la moitié des 8,5 millions d'habitants, est de 25 ans ou moins."a confié Préval au Miami Herald.

The Duvaliers are notorious for one of the bloodiest dictatorships in the hemisphere, a dynasty that tortured and killed thousands of dissidents, stole massively from government coffers and forced the separation of families through expulsions.
Les Duvalier sont connus pour avoir été une  parmi les plus sanglantes  dictatures de la région. Une dynastie qui a torturé  et tuée des milliers d'opposants, a volé massivement  dans les coffres de l'Etat et a provoqué la séparation des familles  par l'exil.

''The day Jean-Claude Duvalier was leaving the country [in 1986] . . . a young person who is 20 years old today doesn't remember the significance of that moment,'' Préval said. ``All they [are told] is there was peace back then, but they don't know the price of that peace.''
" Le jour où Duvalier a quitté le pays (en 1986) ...quelqu'un qui a 20 ans maintenant ne peut comprendre l'importance de ce moment " dit Préval qui ajoute " " Tout ce qu'on leur  raconte c'est qu'il y avait la paix à cette époque, mais ils ne savent pas le prix de cette paix ".

TRUTH SUBMERGED

Unlike South Africa, Peru, El Salvador and other nations that have emerged from bloody conflicts, there has been no attempt at truth and reconciliation in Haiti. No trials for atrocities. No tallies of the dead. No clearing of the past.
Contrairement à l'Afrique du Sud au Pérou et à d'autres pays sortis de conflits sanglants, il n'y a eu aucune volonte de recherche dee vérité et de réconciliation en Haïti. Pas de procès contre les atrocités. Pas d'enquête sur le passé.

''In the Protestant faith, when people convert, they speak. They talk to remove all of their sins from their conscience. That is what we need,'' says Préval. Instead, he said, in Haiti victims are now living next to their victimizers and the abusers have even run for elected office.
Dans la foi protestante quand les gens se convertissent, ils parlent. Ils disent leur intention de se débarasser des péchés qu'ils ont sur la conscience. C'est ce dont nous aurions besoin" déclare Préval. "A l'inverse, en Haïti, les victimes vivent à côté des bourreaux qui vont même jusqu'à  se présenter aux élections."

Among last year's presidential hopefuls: Franck Romain, a top Duvalier official with close ties to the feared Tonton Macoutes and alleged planner of a 1988 attack on former President Jean-Bertrand Aristide's church that left 12 dead.
 
Franck Romain,  un des  plus grands  officiels de Duvalier, très proche des Tontons Macoutes et soupçonné d'avoir organisé une attaque contre l'ancien président Aristide dans une église, attaque qui a fait six morts, était parmi les candidats à la présidence  lors des dernières élections.

''That shouldn't be possible,'' Préval said of Romain's presidential bid.
"C'est une chose qui n'aurait pas dûe être possible" dit Préval

The sprawling Casernes Dessalines was built in 1912 to house military guards for the adjoining presidential palace. Over the next decades it became the place from which powerful army leaders controlled the presidency, and later the headquarters of the Duvaliers' notorious secret police.
Les Casernes Dessalines ont  été construites  en 1912 pour abriter la garde présidentielle. Par la suite elles sont devenues un lieu d'où les puissants chefs militaires  surveillaient  la présidence et plus tard l'état major de la "célèbre" police secrète des Duvalier.

RESCUED BY CARTER

Duval spent eight months in the barracks cells before U.S. President Jimmy Carter won his release -- and those of 105 other political prisoners -- on Sept. 21, 1977.
Duval a passé 8 mois  en prison  avant que le Président des USA, Jimmy Carter,  n'obtienne sa libération et celle de 105 autres prisonniers politiques, le 21 septembre 1977.

On Duval's first visit to the Dessalines barracks in 30 years, he walked down one of its corridors on a recent Sunday afternoon, pointing out the offices where prisoners were hogtied, beaten, and tortured. He recalled the chief interrogator, secret police chief Jean Valmé. And he remembered his private hell.
Lors de cette première visite aux Casernes  Dessalines depuis 30 ans,  un dimanche après-midi, Duval  a parcouru les couloirs, désignant les bureaux où les prisonniers étaient battus et torturés. Il se souvient du chef  des interrogatoires,  chef de la police secrète, Jean Valmé . Il se souvient de son cauchemar personnel.

''That's where it is. That's my prison,'' he said, walking toward No. 10 at the end of a row of cells -- now storage units -- lining both sides of the courtyard.
"Voici ma cellule" dit Duval,  en entrant dans la cellule n°10-   faisant actuellement office de réserve.

Stepping inside, Duval said, ''Shut the door.'' Seconds later, it slammed opened again.
"Fermez la porte", dit  Duval aprs avoir pénétré dans la cellule. Porte qui s'ouvre  à nouveau quelques secondes plus tard.

''It's very emotional,'' says Duval, 53, a stocky man who now runs a feeding and sports outreach program for 1,300 children in the capital's Cité Soleil slum.
"Je suis très secoué" dit Duval. C'est un homme solide de 53 ans qui  maintenant dirige un programme d'alimentation et de sport pour les enfants du bidonville de Cité Soleil.

The paint inside is peeling and the cell is choked with cobwebs. Scrawlings on the metal door hint at the desperation its inmates must have felt.
La peinture sur les murs  pèle . Des inscriptions sur la  porte en métal témoignent du désespoir des prisonniers.

''St. Yves and St. Joachin, my attorneys, deliver me,'' wrote one ex-prisoner.
"St. Yves et St; Joachim, mes avocats, délivrez-moi"

''St. Joseph, father of orphans, defend your children in this,'' wrote another.
"St Joseph , père des orphelins,  vient au secours de ton enfant."

''People like to say that when Duvalier was in power there was security. There was no security, there was total insecurity,'' said Alix Fils-Aimé, 58, once jailed in the cell across from Duval.
"Les gens  se plaisent à dire que quand Duvalier était au pouvoir il y avait de la sécurité. Il n'y avait aucune sécurité, l'insécurité était totale." dit Alix Fils-Aimé, un homme de 58 ans  qui a été emprisonné dans la cellule  en face de celle de Duval.

Fils-Aimé, who now heads the government commission to disarm Haiti's violent street gangs, says he spent some 15 months in the Dessalines cells after his April 1976 arrest, accused of plotting against the regime. He, too, was released at Carter's request.
Fils-Aimé se  trouve actuellement à la tête d'une Commission pour désarmer  les gangs de la rue. Il a passé 15 mois dans les cachots des Casernes Dessalines. Arrêté en 1976, accusé de comploter contre le régime, il  fut , lui aussi relâché grâce à l'intervention du président Carter.

''I grew stronger every day I was in there,'' said Fils-Aimé, noting that while he no longer is angry, it's difficult to put his emotions into words. ``It's revolting to think of how the whole country was submitted to that horror.''
"Chaque jour passé dans cet endroit, m'a rendu plus fort" dit Fils-Aimé, qui  note que bien qu'il ne soit plus en colère, il  lui est difficile de  traduire son émotion par des mots. " C'est révoltant de penser que l'ensemble du pays a  subi   cette horreur."

Despite such memories, it appears that the younger Duvalier, who has lived in exile in France since he was forced to flee, and his supporters are trying for a comeback.
Malgré  de  tels souvenirs, il semble que le jeune Duvalier, qui vit en exil en France ainsi que ses partisans essaient de faire un "come back"

This fall, Duvalier issued a recorded speech from France in which he said that ``if, during my presidential mandate, the government caused any physical, moral or economic wrongs to others, I solemnly take the historical responsibility . . . to request forgiveness from the people.''
Cet automne Duvalier a enregistré un message de France dans lequel il a  déclaré  : " si pendant mon mandat présidentiel, le gouvernement a causé des torts physiques, moraux ou économiques, je prends solenellement la responsabilité historique... de demander  au peuple  le pardon."

Préval told The Miami Herald that under Haitian law, Duvalier has a right to return -- but he must be prepared to stand trial.
Préval a déclaré au Miami Herald que selon la constitution haïtienne Duvalier a le droit de revenir-  mais qu'il doit se préparer à  affronter un procès.

The apology came as Duvalier's political supporters, with his French girlfriend guiding them, have been quietly campaigning to clear the way for his return by attracting a new generation of followers.
Les excuses sont arrivées au moment où les partisans de Duvalier,  guidés par son amie française, menaient tranquillement campagne pour préparer le chemin de son retour en attirant une nouvelle génération .

''It's not a question about looking toward yesterday, it's a question of looking at the mistakes of yesterday and those that are being created today and fixing them so that we can have a better tomorrow,'' said Stanley, a supporter of Duvalier's National Unity Party who declined to give his last name but said he was 30 years old.
"Ce n'est pas une question de regarder le passé, il s'agit de  voir les erreurs d'hier et celles  d'aujourd'hui et les réparer de  manière à  faire  en sorte que nous ayons un meilleur avenir." dit Stanley un partisan du  Parti de l'unité national de Duvalier qui  n'a pas souhaité donné son nom de famille  mais a dit qu'il avait trente ans.

NOT JUST MISTAKES
Pas seulement des erreurs

Those who lived through the Duvalier era recall much worse than ``mistakes.''
Ceux qui ont vécu  pendant les années Duvalier se souviennent de quelque chose de plus grave que des "erreurs."

If today's Haiti is still struggling with extreme poverty and a weak democracy, it is because it was already spiraling downward by the end of the Duvalier regime, said Bernard Diederich, a retired journalist who lived in Haiti during part of the Duvalier years and has authored several books on the subject.
Si  aujourd'hui Haïti  se trouve dans une situation caractérisée par une extrême  pauvreté et  une  faible démocratie, c'est  parce qu'elle se trouvait en chute libre à la fin du régime des Duvalier, dit Bernard Diedrich, un journaliste à la retraite qui a vécu  en Haïti pendant une  partie des années Duvalier et a écrit plusieurs livres sur le sujet.

Under Duvalier, the country lost most of its teachers and other professionals, and suffered from such widespread corruption that Haiti was left ''an intellectually handicapped country,'' Diederich said.
D'après Diederich, sous les Duvalier le pays a perdu la plupart de ses enseignants et  d'autres catégories de ses  professionnels, et a souffert  d'une corruption généralisée qui a mis Haïti dans un état de "pays intellectuellement handicapé"

''What we are seeing now is the result of those 30 years of dictatorship,'' said Diederich, 81, who lives in Miami. ``There was nothing good about those days. . . . Those who have nostalgia are idiots.''
"Ce que l'on voit aujourd'hui est le résultat de ces 30 ans de dictature", dit Diederich  qui a 81 ans et  habite Miami qui ajoute : " Il n'y avait rien de bon durant ce temps...Ceux qui sont nostalgiques sont des idiots".

Newspaper publisher Elsie Ethéart agrees. She was among 21 journalists jailed at the Dessalines barracks in 1980. Expelled from Haiti by Baby Doc, she said there is nothing to be nostalgic about.
Elsie Ethéart,  rédactrice de journal,  est d'accord sur ce point. Elle faisait partie des 21 journalistes emprisonnés  aux Casernes Dessalines en 1980.  Expulsée par Baby Doc, elle pense qu'il  n'y a rien de quoi on puisse être nostalgique

'To the contrary, some of the people who sent me to jail are coming back to live in Haiti today. It is hard for me to be `nostalgic' about that period,'' she said.
Au contraire, certaines des personnes qui m'ont envoyé en prison reviennent  vivre  ces jours-çi en Haïti. C'est vraiment dur pour  moi d'être "nostalgique " de cette période.

This is not the first time the government has tried to preserve a symbol of the Duvalier era.
Ce n'est pas la première fois que l'Etat tente de  conserver un symbole de l'époque des Duvalier.

Several years ago there was an unsuccessful attempt to save Fort Dimanche, where political prisoners were executed.
Il  y a plusieurs années de cela, une tentative  infructueuse avait été faite de sauver " Fort-Dimanche" où les  prisonniers politiques étaient exécutés.

Determined to spare the Casernes Dessalines from the same fate, Préval says he wants to transform it into a museum where school children can see what they call ``a ruthless dictatorship.''
Déterminé à ce que les casernes Dessalines ne connaissent pas un sort identique, Préval souhaite les transformer en un musée où les élèves des écoles pourront voir  ce qui s'appelle " une cruelle dictature"


''We need to remind them of the history,'' he said
"Il nous faut leur remettre  l'Histoire en mémoire" a-t-il dit.

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