Et puis aussi tous les livres donnés volontiers aux gens de passage :" Tiens je te l'offre pour faire connaisance avec la littérature haïtienne."
Dans ce moment de grands ménages tout le plaisr (et l'unique) est de tomber sur des trésors oubliés comme ce " In Caraïbe" de René Philoctète dont la musique des mots ravit mon coeur, dont le rythme fend un éclair de bleu dans le ciel gris de plomb de Paris.
- un gobelet fume entre les mains de l'hôtelier du Manhattan : la terre haïtienne a passé par les cales. Comme entre bleu mer et bleu ciel se pend la terre jamaïcaine sur les ailes de la Royal -
ni couple de cyclones
de familles de soleils
d'évanescences de citronelles
fleurs de coco à tous les vents
bougainvilliers en bungalow
collier de plages
chapeaux de paille vodou coleur nature
non de cela uniquement
mais de l'histoire présente collective de ces peuples aunant la vie, sachant que le don de l'un s'accouple avec la chance de l'autre, que l'attente de l'un s'ébranle dans la chaleur de l'autre, que la langue de l'un charrrie la condition de l'autre
du pain dominicain sur la table portoricaine !
le jour de la grenade dans les clartés des bahamas !
le panache de mon pays pour le rêve de la martinique !
l'enfant de la barbade dans les bras de sainte lucie !
les cloches de cuba pour les noces de la jamaïque !
(Qui peut couper l'île du sucre
de la bombance Caraïbe sans ravir à la fête
sa voix de tête; sa fugue superbe ? - tout comme si l'on voulait que mon pays dans la folie antillaise perdît son grain de fantaisie
ou sa promesse de transhumance)
et guadeloupe guadeloupe chaude tam-tamant
les hauts-lieux de la galante folle !
Commenter cet article