A cette occasion, le journal Haïti en Marche avait judicieusement rappelé les articles de loi interdisant l'abattage d'arbres sans autorisation préalable.
Le Maire, M. Jason a-t-il fait la demande de cette autorisation ?
Si oui, l'a-t-il obtenue ?
Les citoyens et citoyennes (si citoyens, citoyennes il y a ) devraient exiger du magistrat la preuve de cette autorisation d'une part, puis se retourner vers les autorités en charge pour connaître les raisons et justifications de l'octroi de cette autorisation.
Tout ça reste du domaine du rêve dans un pays où on est peu enclin à s'intéresser au sort des hommes, allez voir à de celui des arbres.
Cet acte aurait dû provoquer un scandale, une levée de boucliers des politiciens, de la société, civile-compte tenu de l'importance symbolique et réelle que représente la coupe d'un arbre de 30 ans dans un pays où ils sont en voie de disparition. Le magistrat en question aurait dû être sanctionné d'une amende avec obligation pour la ville de replanter d'autres arbres. Alors, on se dirait, voilà qui est bien, il y a une justice, on avance doucement vers une ceratine cohérence.
Soit dit en passant, j'ai pu remarquer lors de mon dernier séjour que la cohérence est le dernier souci de femmes et d'hommes, dont les diplômes ne remplaceront jamais une absence d'éducation.
Et l'éducation commencerait par vivre en harmonie avec son ecosystème, par le préserver, par l'enrichir afin de transmettre à ses descendants un environnement dans lequel il ferait bon vivre.
Paroles, paroles, me direz vous...
Pourtant il existe des gens qui, comme le Frère Franklin Armand, n'ont pas eu besoin de diplômes d'agronomie, ni d'administration pour réaliser des choses extraordinaires commes les lacs collinaires à Pandiassou. Cela fait une vingtaine d'années au moins qu'il oeuvre dans le reboisement, dans la pisciculture, dans l'élevage.
Cependant cet homme est bien seul. C'est bien beau d'élever des poissons mais il faut encore les acheminer dans des points de vente. Pareil pour les boeufs et cochons qui une fois abattus doivent aller à la rencontre des acheteurs.
Or, lors du dernier coup d'Etat en 2004, les "freedom fighters" qui se sont abattus comme des maudites sauterelles sur le Plateau Central ont eu vite fait de détruire les installations et de voler les véhicules.
Donc une fois encore, tout est à refaire. Il faut encore repartir avec sa sébille faire le tour des organisations intenationales pour quémander des fonds afin de remettre le matériel en état et acheter de nouveaux véhicules.
Les efforts acharnés de Frère Franklin ont eu des résultats incontestables. Les lacs collinaires existent. Mais après ? Que se passera-t-il quand il ne sera plus là pour monter et descendre dans les ministères, pour persuader les ONG internationales de mettre la main au porte-monnaie ?
Et puis, qui sait quand les "freedom fighters" dont l'admirable courage a suscité un enthousiasme délirant chez un certain secteur de la population ne reviendront-ils pas frapper un autre coup ?
L'article ci-dessous, très pessimiste, déclare qu'il est trop tard pour reboiser Haïti. Ce serait donc l'échec de Frère Franklin et la victoire de M. Jason qui nous seraient annoncés.
Haiti's efforts to save trees falters
http://ap.theindependent.com/pstories/world/20080216/247779589.shtml
http://www.sunherald.com/311/story/374507.html
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