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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Un article du Guardian sur Haïti :« Le trou noir de la dette »

Publié par Elsie HAAS sur 15 Juillet 2008, 09:36am

Catégories : #ECONOMIE

Cet article je crois l'avoir déjà signalé
Mais comme le mois dernier (juin)
on a vu débarquer sur les rives de la Seine
une série d'envoyés spéciaux du gouvernement
venus nous vanter les bienfaits de la politique d'application  du libre-échangisme.

 Donc c'est bien de rappeler quelques faits et notez-les, svp

1995 comme date  à laquelle le FMI a obligé Haïti à faire passer ses taxes sur le riz de 35% à 3%. 
1M de dollars toutes les semaines = montant des intérêts  de la dettte payés par Haïti

Donc voila ce que j'écrivais à l'époque :

Evidemment ce genre d’article contraste terriblement avec ce que l’on peut lire dans les média haïtiens et dans les commentaires des sites haïtiens qui, l’un dans l’autre, continuent à distiller un préchi-précha de mauvaise « gouvernance », de corruption et  d’incapacité génétique des Haïtiens à administrer leurs pays, présenté comme LA cause des problèmes.

Sans compter la bande de zen-tellectuels ringards et criminels qui mettent leur prose au service d’une propagande visant à  faire passer le temps des dictatures duvaliéristes pour l’Eden sur terre

Lu sur le net :LA « MERDOCRATIE » HAITIENNE REVIGOREE

Dans le premier des 3 passages sélectionnés pour ceux qui n’auraient pas le temps d’aller lire l’article sur le site du Guardian, l’auteur rappelle que "40% de la dette actuelle du pays est due aux régimes du père et du fils Duvalier (

le « dévoué docteur » comme l’appelle l’éditorialiste du Matin- Belle infamie !

 « qui entre 1957 et 1986 ont volé une partie de ces prêts pour leur usage personnel et le reste pour opprimer la population. Quand les Américains ont fait tombé Duvalier fils, on estime qu’il est parti du pays avec 90Millions de dollars. Les Duvalier étaient anti-communistes et bien trop contents de suivre les politiques économiques prescrites par l’occident, de sorte que leurs mauvaises pratiques ont été acceptées. »


Alors que ces mêmes ringards zen-tellectuels, n’arrêtent pas de vouloir vendre à une population dans son ensemble illettrée et mal informée, un soit-disant nationalisme des Duvalier, un mythe  monté de toutes pièces à partir de tripotages et de fantasmagories ; un fourre-tout ubuesque d’éléments tirés du  vaudou, de magie noire et de crimes odieux pour leur part bien réels.
 
En plus, on a l’audace actuellement de citer le nom d’ un ancien baron du duvaliérisme, M. Jean-Robert Estimé, fils d'ambassadrice des Duvalier,  ancien ministre des Affaires étrangères de Duvalier fils, ancien fonctionnaire de l’USAID à Madagascar (les pauvres qu'ont-ils fait pour mériter ça ?), en tant que candidat comme Premier ministre. Bravo pour le cynisme ! Il ne manque plus que Graham Green pour écrire un second volume intitulé  " Les comédiens: le retour ".

Le deuxième extrait donne "1995 comme date  à laquelle le FMI a obligé Haïti à faire passer ses taxes sur le riz de 35% à 3%.   Selon Oxfam, le résultat a été une augmentation des importations  de plus de 150% entre 1994 et 2003, la majorité venant des USA . Ce qui a signifié certainement des prix moins élevés pour le consommateur haïtien mais qui a également dévasté  les cultivateurs  de riz haïtiens. Les lieux de production de riz traditionnels haïtiens ont maintenant le plus haut taux de malnutrition et un pays qui était auto-suffisant en riz, dépend totalement des importations, et se trouve à la merci des prix du marché mondial ».

Enfin le 3ème extrait note que Haïti a eu "la permission de commencer en octobre 2006, le processus de HIPC -une sorte de passage à l’épreuve qui  consiste à  remplir un certain nombre de critères  pour être candidat à la remise des dettes- en réalité les mêmes remèdes économiques qui ont été responsables de la dépendance d’Haïti. Il faut normalement trois ans à un pays pauvre pour compléter ce programme- dans le même temps le pays aura à payer des millions de dollars pour le service de la dette.  Et même ainsi,  pas plus de la moité de la dette d’Haïti sera annulée.
Alors que les reportages montrent des Haïtiens mangeant de la terre,  on force leur gouvernement à envoyer 1M de dollars toutes les semaines à des riches banques qui ont soit-disant été crées pour combattre la pauvreté. »

Voilà tout est dit.  1M de dollars par semaine pour payer entre autres la dette des Duvalier.

Mais le gouvernement est incapable d’informer sa population de cette réalité , se contente de dire qu'il ne peut rien faire;  et  le chef d'Etat  préfère sacrifier la tête de son Premier ministre pour  plaire à la fois au peuple qui le croit responsable d'une situation dont il hérite et aux  secteurs réactionnaires, c'est--à dire à l'ensemble de la classe politique haïtienne, qui croit à l'évangile du FMI.

Comme si les prétendants cités au poste, les Ericq Pierre, les Jean-Robert Estimé, les Michèle Pierre-Louis, les Maryse Kédar, les Paul Denis, Bellerive, Serges Gilles et cie étaient aptes à appliquer une autre politique dans l’état  actuel des choses.

Par contre, pas un de ces zen-tellectuels admirateurs du « bon docteur » ou défenseurs des droits de l’homme et leurs "amis d'Haïti" pour  dénoncer cette dictature d’une dette causée par des dictateurs.

Ni non plus pour demander la restitution à l'Etat de l'argent de Duvalier planqué en Suisse

Ni non plus pour dénoncer les PAS (plans d’ajustement structurel)  qui depuis 1986 étouffent systématiquement physiquement et psychologiquement la population.

Non, ils trouvent ça bien plus courageux de passer leur temps à faire la chasse aux boucs émissaires, à  hurler avec les loups !

Ca , c’est sûr que c’est une bonne planque de se mettre du côté du plus fort, tout en prétendant défendre les faibles.

Duvalier avait montré la voie.

Il suffit de mettre ses pas dans ceux du "dévoué docteur"

Extraits de l'article :


The black hole of debt

Haiti is facing a crisis because it cannot feed itself. In the meantime, it is sending millions of dollars abroad in loan repayments


Some 40% of Haiti's current debt was run up by the Duvalier dictators - better known as Papa Doc and Baby Doc - who between 1957 and 1986 stole parts of these loans for themselves, and used the rest to repress the  les population. When the Americans flew Baby Doc out of Haiti in 1986, he is estimated to have taken $90m with him. The Duvaliers were anti-communist and all too happy to follow the economic policies prescribed by the west, so their misdemeanours were overlooked.

In 1995 the IMF forced Haiti to slash its rice tariff from 35% to 3%. According to Oxfam, this resulted in an increase in imports of more than 150% between 1994 and 2003, the vast majority from the US. Certainly this meant lower prices for Haitian consumers, but it also devastated Haitian rice farmers. Traditional rice-farming areas of Haiti now have some of the highest concentrations of malnutrition and a country that was self-sufficient in rice is now dependent on foreign imports, at the mercy of global market prices.

Haiti was finally allowed to start the HIPC process in October 2006. It has to jump through numerous hoops before its debt is cancelled - significantly, more of the same economic medicine responsible for Haiti's food dependency. On average it has taken poor countries three years to complete these programmes - by which time the country will have paid hundreds of millions of dollars in debt service. And even then not much more than half of Haiti's debt will be cancelled. While some Haitians are reportedly eating dirt to quell their hunger, their government is forced to send almost $1m each week in debt service to wealthy banks supposedly established to fight poverty.

L'article complet :
http://commentisfree.guardian.co.uk/nick_dearden_/2008/04/the_black_hole_of_debt.html

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