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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Un entretien avec Peter Hallward sur "le cas" Haïti

Publié par Elsie HAAS sur 11 Juin 2008, 09:25am

Catégories : #CULTURE

Failing Haiti: An interview with Peter Hallward
"Canada played a significant role in creating an ideological and propaganda type of climate in which Aristide came to be seen as a kind of international pariah."
           
by Paul Boin
June 6, 2008

Paul Boin is a professor of media and communication studies at the University of Windsor. He the director of the Media Justice Project, an investigative journalist and a media democracy activist. Paul's forthcoming book is entitled Media For the Public Mind: Creating a Democratic and Informative News Media, and is to be published in the spring of 2009 by Fernwood Publishing.
VOIR http://www.rabble.ca/rabble_interview.shtml?x=72297

`
Cet entretien est passionnant

Il est bien mené, concis et instructif

Peter Hallward rappelle que  le 29 février 2004 fut bien un coup d'Etat, préparé de longue date, par une sorte d'encerclement,  de marginalisation et de campagne de désinformation systématique contre le gouvernement  constitutionnellement élu.

Par rapport au fait que les 3 puissances "amies" d'Haïti aient demandé à  Aristide de partir pour éviter un bain de sang, il remarque que c'est assez surprenant que l'on demande à un Président élu de partir au lieu d'arrêter les quelques rebelles qui provoquent des troubles dans le pays. Ces rebelles n'avaient aucun soutien populaire, Absence de soutien qui se confirmera par les 2% de voix obtenus par leur chef lors des élections présidentielles. Aussi comment expliquer qu'on demande à un président constitutionnellement élu par une majorité d'électeurs de partir pour laisser la place aux rebelles ?

 Mais le plus intéressant ce sont les informations à propos du rôle de déstabilisation systématique du gouvernement d'Aristide joué par la France,  l'UE ,les USA et le Canada, via ses  ONG en Haïti qui ont reçu 70 millions de dollars par an. Oui j'ai bien dit 70 millions de dollars par an alors que le gouvernement costitutionnel se voyait toutes ses aides coupées.

Bravo.
Beau travail des Canadiens récompensés auxquels on a permis, depuis cette affaire haïtienne, de jouer   dorénavant dans la cour des grands. Et surtout  à leurs compagnies minières de passer des contrats avec le gouvernement haïtien.

Le journaliste, M. Paul Boin, relate un entretien  qu'il a eu en 2005 avec Philippe  Coderre, membre du Parlement et envoyé spécial du Canada en Haïti.

 Coderre lui déclare tout de go que  : " Aristide c'est du passé. Nous voulons aller vers l'avenir. Nous ne voulons pas construire sur la nostalgie. Pour nous c'est clair, il est impossible de revenir en arrière."

"The issue is this. Aristide belongs to the past. And we want to build on the future. We don't want to build on the nostalgia of the past. It is clear in our mind that you can't go back."

Vous remarquerez le " we",  le nous du mèt kay,  du maître de maison.

 Coderre parle comme s'il était lui personnellement et le Canada, les vrais maîtres d'Haïti.

 Et c'est la réalité vraie.

C'est pourquoi à  propos de l'insulte faite à Michaelle Jean,  Canadienne d'origine haïtienne, gouverneure du Canada , il me semblait que cette absence de respect était  un des  effets collétaraux du rôle dominant joué par le Canada dans la gestion d'Haïti.

Et par le  nouveau discrédit qui frappe les intellectuels haïtiens (dont Michaelle Jean) après qu'ils aient soutenu, appuyé, accepté, vendu l'occupation de leur pays l'année de la célébration du bicentenaire de l'indépendance de ce pays.



A cette époque la presse et les média haïtiens en général étaient d'une partialité phénoménale.
Ne prenant aucune  distance avec les élucubrations des anti-Aristide.
Répétant comme des  jacquots drogués à l'anti-Aristide, des informations dans l'ensemble fausses.
Privilégiant les zen (ragots), les histoires sordides.
Entretenant la querelle plutôt que l'analyse.
Allant parfois jusqu'à favoriser la délation -ce qui est une très mauvaise école pour la jeunesse-.
C'en était totalement caricatural de mauvaise foi.
C'est d'ailleurs cette absence de retenue dans le parti pris qui  m'a poussée à essayer de comprendre ce que cachait  cet unanimisme délirant.


Hallward en donne la raison 20 sur les 25 radios les + importantes recevaient (recoivent ?) des financements de l'UE, USAID et CIDA (organisme canadien de coopération)

 Voici l'extrait :


"So for example, if you look at the 25 radio stations in Haiti, and radio is the main source of news for the Haitian population, about 20 of them belong to an anti-Aristide coalition that was funded by US AID, the National Endowment for Democracy, and the European Union. And these radio stations spread lie after lie after lie, and create a kind of massive accumulation of accusations and rumours and innuendo against Aristide that present him as a kind of tyrant and human rights abuser. And after a while it kind of starts to sink in and its hard to disprove these unsubstantiated charges on a case-by-case basis."

L'ensemble de l'article est passionnant mais assez décourageant  par rapport au futur d'Haïti.

Comment peut-on compter sur une élite aussi "distordue" pour construire un pays ?

Sur des zentellectuels à ce point  déconnectés des enjeux économiques et politiques  internationaux ?

Et en plus de cela corvéables et manipulables à souhait ?

Les MRE du commerce (most repugnant elite) on les connaissait.

Mais maintenant s'ajoute  aux malheurs d'Haïti une galaxie d'intellectuels inféodés au "grenn-nanboundaisme."

Enrageant l'évocation du  sabordage de la commémoration du bicentenaire de l'Indépendance, qui au lieu d'être un événement fêté par tous les peuples épris de liberté, s'est transformé, en une sorte  de farce ubuesque.

Ubu étant, au contraire de ce que l'on pense, non pas Aristide, mais l'ensemble des zentellectuels,qui se sont ridiculisés en se débattant comme de beaux diables, en se relayant sur les médias de France et de Navarre, pour dire tout le bien qu'ils pensaient de la France et réclamer son intervention pour expulser le Président de leur pays, l'année même de la commémoration du bicentenaire de l'indépendance de leur pays.

Ces zentellectuels qui se sont mis à démoniser et terroriser tous ceux qui, comme moi et d'autres,  au contraire d'eux,  s'élevaient contre le Coup. Ces "bon banania à la sauce tropicale" sont allés jusqu'à affirmer sans honte aucune que " Aristide est pire que Duvalier".

Et pour cause. La majorité d'entre eux étant issue du duvaliérisme.

Beurk et beurk.


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