A Saint-Laurent du Maroni
En Guyane
Brésiliens, Dominicains, Dominiquais (de la Dominique), Saint-Luciens
Martiniquais, Guadeloupéen, Haïtiens, Surinamiens
Chinois, Indonésiens et évidemment
les natif-natal Amérindiens
et les Boni, Saramaka et Djuka descendants de negmawon
Des amis, Evelyne et Serge ont un théâtre là-bas
Dans ce qui fut un bagne
Ils donnent également des cours au collège
Ce sont des intellectuels qui avaient envie
De transmettre leur savoir
et de connaître la joie de voir s’épanouir de jeunes pousses.
Le ministère de la culture a approuvé leur projet et leur donne une subvention.
Petite et qui n’arrive jamais à temps.
Mais c’est toujours comme ça
Surtout quand on mène des actions culturelles
avec et pour des pauvres.
Ils me racontent que ces communautés sont très fermées
Chacun vit avec sa « race » et ses coutumes
Le théâtre est le seul espace d’échanges
Où les enfants chinois, côtoient, touchent, rient embrassent dans la même pièce
qu'ils jouent avec les Boni, les Brésiliens et les autres
Ils me racontent l’histoire de cette jeune fille haïtienne au nom si beau ; Miremonde
Regarde le monde
qui a fait une prestation avec un indien
Elle parlait en créole et lui en Arawak
Tous deux seuls sur la scène
Quand l’un terminait, l’autre reprenait
L’Indien avait son décor, une sorte d’autel et des objets religieux
L’Haïtienne avait aussi le sien, un rideau de perles
Il paraît que c’était beau à couper le souffle
Ces deux êtres
qui sans se connaître
récitaient
l'un s’arrêtant là
pour céder la place à l'autre
suivant le rythme de la langue
de l'autre
comme seul guide
En plus c’était un spectacle improvisé
Miremonde, la jeune haïtienne de Saint-Laurent du Maroni
a passé un concours pour rentrer dans une école de théâtre à Paris.
Elle a été reçue
Et sera ici au début de l’année scolaire.
Nous aurons bientôt de ses nouvelles
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