La Téléco a procédé vendredi à sa dernière vague de licenciements dans le cadre du processus de redressement de l’institution, a appris Radio Kiskeya de sources proches de celle-ci.
Ces licenciements touchent environ 800 employés qui auront à percevoir leurs prestations le 8 février prochain à l’annexe de la Banque Nationale de Crédit (BNC) située non loin de l’aéroport international de Port-au-Prince.
Au total, 2.245 employés sur un effectif de 3.400, ont été renvoyés de juillet 2007 à janvier 2008, dans le cadre du processus de modernisation de la principale entreprise d’Etat de Télécommunications dont la privatisation prochaine avait été annoncée par le chef de l’Etat, René Préval .
Sources Radio Kiskeya
Au moment où Chavez et pas que lui, en France aussi mine de rien, en catimini, on renationalise d'une certaine manière puisqu'on met fin à des contrats avec des entreprises privées. On sait que le maire de Paris, M. Delanoe a récemment décidé de remutualiser l'eau de la ville. C'est à dire que l'administraation, l'assainissement, la distribution reviendra à la ville. De plus en plus de communes se rendent compte qu'elles perdent une source de revenus importante en sous traitant à des entreprises privées les services à la collectivité..
Bref nous avons une mouvement iinternational qui remet en question les fameuses doctrines du défunt Friedman au moment même où Préval se lance dans la privatison de la téléco, privant ainsi l'Etat d'une source de financement importante pour le développement du pays.
Qui seront les bénéficiaires de cette manne ?
Récemment était de passage, le patron de l'université Kiskeya, M. Lumarque, chargé de présider (encore une) une commisssion d'étude de l'éducation nationale.
Déjà c'est assez bizarre que le chef d'Etat demande à un patron du privé une étude sur l'éducation publique. Bizarre aussi le fait que cette commisssion ne comprenne aucune personne de l'éducation nationale. Enfin de bizarrerie en bizarrerie, on finit par se rendre compte que tout cela ne rime à rien puiqu'il existe dans les tiroirs des tonnes et des tonnes d'analyses, études, recommendations et propositions qui ont été grassement financées dans les années antérieures.
Et que le pays en est encore à 60% ou 50% d'analphabêtes et à 20 ou 30% d'analphabètes diplomés.
Mais le plus bizarre de cette affaire c'est que M. Lumarque, tranquillement, sans prendre ni gants, ni précautions déclare dans son allocution à l'assistance qu'en raison du " désistement de l'Etat" le système éducatif est en ruines.
Voici un mantra fort bien appris et récité par les oligarques haïtiens qu'il y a encore quelques années passait comme une lettre à la poste, l'internet étant moins développé et les anti-ultralibéralisme étant perçus comme de dangereux gauchistes ou de doux rêveurs.
C'était le beau temps du Marché ou rien du tout
Marche ou crève
Bien que faits et études remettent en cause les bienfaits du FMI
Il a fallu rappeler au public que ce n'est pas l'Etat qui se désiste
mais les plans d'ajustements structurels (PAS) qui désistent l'Etat
de ses fonctions régaliennes
lui rappeler que les budgets accordés à chaque ministère
sont décidés jusqu'à aujourd'hui par le FMI
ainsi si l'agriculture obtient 4% du budget de l'Etat
ce n'est parce que le président Préval est un imbécile
mais pour cause de soit disant "bonne gouvernance" imposée
de même pour l'éducation qui représente 12% du budget national
Par comparaison en France l'Education est le 2ème poste du budget
En conclusion le public haïtien et étranger présent savait tout celà
Il n'était pas dupe.
Il savait que l'oligarque racontait un conte à dormir debout.
Mais paralysé par la crainte de l'autorité, celle de se faire remarquer
Parce que à quoi bon prendre des risques
Haïti se tè glise
Nul n'osait apporter la contradiction
Cette anecdote montre comment les obstacles à la réflexion et donc au changement
ne viennent pas uniquement des pressions extérieures
mais tiennent au poids de ... l'éducation
un héritage du macoutisme, la peur du baton et de représailles
toujours extrèmement présent et qui empêche la prise de responsabilité
même celle de prendre la parole...
Commenter cet article