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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Naomi Klein : A qui profitent les crises ? (traduction)

Publié par Elsie HAAS sur 2 Octobre 2008, 09:33am

Catégories : #ECONOMIE

Extraits :


"A coup sûr, les pays désespérés acceptent généralement d’endurer toutes les contraintes pour obtenir un financement. Une atmosphère de panique laisse également les coudées franches aux politiciens pour mener des réformes radicales qui auraient été bien trop impopulaires en d’autres circonstances, comme la privatisation de services essentiels, l’affaiblissement des protections des travailleurs et les accords de libre-échange. Lors d’une crise, le débat et le processus démocratiques peuvent être facilement écartés comme des luxes inconsidérés.

Les politiques de libre-échange présentées comme des remèdes de premier secours permettent-elles effectivement de résoudre les crises qui se présentent ? Pour les idéologues impliqués, cette question n’est que de peu d’intérêt. Ce qui compte, c’est qu’en tant que tactique politique, le capitalisme du désastre fonctionne parfaitement. C’est l’économiste adepte du libre marché Milton Friedman qui a formulé, dans la préface de la réédition de 1982 de son manifeste, « Le capitalisme et la liberté », la présentation la plus concise de cette stratégie. « Seule une crise - réelle ou ressentie - produit de véritables changements. Quand cette crise intervient, les actions entreprises dépendent des idées présentes alentour. C’est là, je pense, notre fonction essentielle : développer des alternatives aux politiques existantes, les maintenir vivantes et disponibles jusqu’à ce que le politiquement impossible devienne politiquement inévitable. »

Une décennie plus tard, John Williamson, un conseiller de premier plan au sein du FMI et de la Banque Mondiale (à qui l’on doit l’expression « le Consensus de Washington »), est allé encore plus loin. Il a demandé à une assemblée de décideurs politiques de haut niveau « s’il serait concevable d’envisager de provoquer délibérément une crise afin de supprimer les obstacles politiques aux réformes ».

A de nombreuses reprises, l’administration Bush s’est saisie des crises pour briser les résistances obstruant la mise en œuvre des composants les plus radicaux de son agenda économique. D’abord, une récession fournit une excuse pour baisser les impôts. Ensuite, la « guerre contre le terrorisme » nous précipita dans une ère inédite de privatisation de l’armée et de la sécurité intérieure. Après l’ouragan Katrina, le gouvernement consentit des exonérations d’impôts, fit régresser la réglementation du travail, ferma des ensemble immobiliers gérés par le secteur public et aida à transformer la Nouvelle-Orléans en laboratoire pour écoles à régime exceptionnel - le tout au nom de la reconstruction."

L'Article :

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1633&var_recherche=klein

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